La lutte anti-terroriste comme droit à la guerre
Après les attentats du 11 Septembre 2001, une grande partie de la communauté internationale a pris l’engagement de livrer une guerre incessante au terrorisme islamique.
Un succès contrasté
Suite à une courte campagne guerrière livrée en Afghanistan avec l’aval de la communauté internationale, les États-Unis ont obtenu un succès contrasté. Les dirigeants d’Al-Qaida sont toujours en fuite et la pieuvre islamiste n’a perdu que quelques tentacules. Cela donne la preuve que l’attaque envers un état même dictatorial ne peut assurer la réussite d’une lutte anti-terroriste.
Une guerre sans preuve
En continuité à cette première phase, Georges W. Bush et ses alliés ( Royaume-Unis, Espagne et Portugal ) ont désigné, comme deuxième ennemi de tout l’Occident : Saddam Hussein. Ils s’arrogent mutuellement le droit de recourir à la force ( extrait de la déclaration du sommet des Açores du 16 Mars 2003 : “En ce moment difficile, nous réaffirmons notre engagement envers nos valeurs fondamentales et envers l’alliance transatlantique qui les a incarnées depuis deux générations. Notre alliance repose sur un engagement commun pour la démocratie, la liberté et la primauté du droit... Nous affronterons et vaincrons ensemble la double menace du XXIe siècle : le terrorisme et la dissémination des armes de destruction massive. ). Mais aujourd’hui, les États-Unis étant incapables de trouver les liens entre l’Irak et les réseaux terroristes, se sont engagés dans une action militaire unilatérale au mépris du droit international. D’agressé, ils deviennent agresseur. La guerre est-elle le seul moyen pour sauver la démocratie de ce péril islamiste? Il ne faudrait pas que l’Occident renforce le sentiment de toute puissance qu’elle a par rapport aux autres civilisations, car dans ce cas, elle donne du grain à moudre à ceux qu’elle veut combattre et l’on peut dire comme Jacques PREVERT :“Quelle connerie, la guerre!”
La démocratie vaut-elle une guerre?
On ne peut sans doute pas amener la justice et la démocratie dans une région où celles-ci n’ont pour ainsi dire jamais existé que par l’emploi de la force. Ceci est une hérésie et la théorie des dominos prônée par les faucons de Georges W. Bush atteindra très vite ses limites, car comme le dit ALAIN : “Le pire des maux est peut-être que la justice se fasse par la force, car cela fait haïr la justice ou l’aimer mal.” Et pour en terminer avec les atrocités de la guerre et soit disant luttes contre les dictatures, M. Bush devra nous prouver que cette guerre n’est pas seulement économique, en faisant preuve de la même fermeté, mais je l’espère avec d’autres méthodes, envers les autres dictatures : “La tragédie des démocraties modernes est qu’elles n’ont pas réussi à réaliser la démocratie.” ( Jacques MARITAIN )
Ne nous enfonçons pas dans un conflit de civilisation qui pourrait être la première tragédie du XXIe siècle. Si cela devait se produire, les attentats du 11 Septembre n’auraient été qu’une goutte d’eau par rapport à l’horreur qui nous attend et le coup tenté par Oussama Ben Laden aura été une totale réussite. Il aura enflammé le monde pour des prétextes religieux et Georges W. Bush lui aura répondu par une croisade chrétienne. Comme le dit ALAIN : “Les nations étant inévitablement plus bêtes que les individus, toute pensée a le devoir de se sentir en révolte.”, j’appelle le monde à s’élever contre une logique de guerre qui n’en est qu’à son deuxième volet, mais qui à la vitesse où vont les choses pourrait être étendu à n’importe quel pays ne reconnaissant pas la supériorité de l’Occident sur sa propre culture. Ne réagissons pas comme MACHIAVEL lorsqu’il nous dit : “Je crois qu’il est plus sûr d’être craint que d’être aimé.”
Sans amour et tolérance, il n’y a pas d’humanité, car tout est source de conflit.
Stéphane De Bona
article paru dans la revue "Le Jardin n°0" en juin 2002
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