Le 13 Juillet 2006, Christiane Taubira annonçait son intention d’être candidate à l’investiture du parti radical de gauche sur son blog pour l’élection présidentielle à venir. Elle explique en substance que les idées défendues lors de l’élection 2002 par sa candidature, qui a recueilli 2,3% des voix au premier tour de la présidentielle, doivent être à nouveau mises en avant en 2007. Le désir d’une candidature radicale parait légitime pour les cadres du parti et ses sympathisants, mais compte tenu de la faiblesse de sa représentativité, je crains que cette nouvelle audace fasse plus de tort que de bien à la gauche française. Il serait donc plus judicieux de négocier chèrement des circonscriptions gagnables pour les législatives suivantes. Le message radical sera, dans ces conditions, plus audible et permettra aux français de redécouvrir des valeurs qui sont chères au pays et pas suffisamment représentées dans les assemblés démocratiques.
Malgré mon attachement à ce parti, je suggère, dans ces conditions, une candidature unique rassemblant les partis de centre gauche ( PRG, PS, MRC, Vert ). Cette candidature unique permettra sans doute de ne pas revivre le traumatisme du 21 Avril 2002. Des candidatures multiples à gauche comme à droite ne peuvent favoriser que les extrêmes. Comme le rappelle une de mes lectrices, le parcours des Bleus en coupe du monde ne peut effacer le malaise ambiant qui règne en France. On ne peut pas non plus se contenter de laisser faire, à la droite, une politique qui lui est inspirée par l’extrême droite.
Ce n’est pas non plus en fuyant vers l’étranger que notre pays pourra sortir de la crise qu’il traverse. Chaque français doit donc se mobiliser contre la montée inexorable du racisme et de l’intolérance pour rester le pays des droits de l’homme. Les partis de gauche devraient donc se réunir autour du candidat le ou la mieux placé dans les sondages afin de faciliter sa participation au deuxième tour de l’élection. Ce candidat parait aujourd’hui tout trouvé en la personne de Ségolène Royal. Elle incarne le changement de génération de la classe politique dont la France a besoin. Elle peut être également une candidate de rassemblement de la gauche et au-delà, car son expérience de ministre a montré qu’elle était capable de faire une politique juste alliant fermeté et cohérence. D’autre part, elle est le contre poids idéal à la politique autoritaire de Nicolas Sarkozy qui entraîne une dislocation de la famille et augmente le pessimisme et la méfiance à l’égard des immigrés. De plus, si nous calquons notre politique sur celle de l’Amérique qui ensorcelle notre ministre de l’intérieur, nous pourrions pour une fois avoir un peu d’avance sur nos amis d’outre Atlantique en élisant, pour la première fois une présidente de la République avant qu’Hillary Clinton ne le devienne à son tour.
Un sympathisant Radical
Stéphane De Bona
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