| lundi 24 juillet 2006, a 12:46 |
| Conflits au Moyen Orient : de Villepin à Beyrouth |
Lundi 17 Juillet 2006, après la clôture du sommet du G8 en Russie, le président français Jacques Chirac envoie son premier ministre Dominique de Villepin à Beyrouth en signe de soutien au peuple libanais écrasé par des tapis de bombes venant de l’armée israélienne. Il précise tout de même que la France ne cautionne pas l’attitude terroriste et guerrière du Hezbollah, groupe extrémiste légitimé par les élections libanaises et participant au gouvernement. Ce groupe qui avait pratiquement trouvé une place sur l’échiquier politique libanais continue, malheureusement pour lui, de prôner la destruction de l’état d’Israël.
La présidence de la République s’est pourtant bien gardée de désigner l’un des deux belligérants comme l’agresseur, lui permettant ainsi de conserver sa neutralité dans la région. Cela montre également que la France n’est pas sur la même ligne de pensée que les Etats-Unis. Les américains apportent un soutien masqué aux frappes dirigées vers l’état libanais. En effet, dans leur schéma de reconstruction du Moyen-Orient, le Liban démontre que la volonté politique de la Maison Blanche «Un peuple, un état » est erronée, puisque, depuis des décennies, le peuple libanais est morcelé en plusieurs communautés ethniques et religieuses ; et sans l’intervention d’états extérieurs dans la région, la guerre civile qui a frappé le Liban dans les années 80 n’aurait pas éclaté.
Après plusieurs années de reconstruction et d’efforts des libanais, ces frappes israéliennes réduisent à néant tout le travail accompli pour remettre le pays en état et le faire revivre par son attrait touristique qui charme ses voisins ainsi que les Occidentaux. Il faut tout de même rappeler que ces deux pays, l’Israël et le Liban, ne respecte ni l’un ni l’autre le droit international dicté par les Nations Unies. Le Liban devait répondre à une résolution qui lui demandait de désarmer ses milices, dont fait partie le Hezbollah, non appliquée encore aujourd’hui. L’Israël, quant à lui, devait évacuer les colonies qu’il avait créé en Palestine dans la bande de Gaza et à Jéricho. Mais, fort de sa suprématie militaire et économique sur la région, il passe outre cette résolution en invoquant qu’il est entouré de nations ennemies. Aujourd’hui, la communauté internationale devrait plutôt envoyer une force d’interposition dans la région pour éviter le déclenchement d’hostilité de quelque état qu’il soit au Moyen Orient, et inviter toutes les nations à se réunir afin d’engager des négociations diplomatiques pour créer une stabilité durable. Cette stratégie permettrait de faire vivre en bonne intelligence les pays en organisant des coopérations politiques et économiques pour le développement des pays de la région et du reste du monde.
La politique des Etats-Unis qui vise à détruire les structures politiques actuelles des nations, et cela si nécessaire par la force, ne peuvent apporter que le chaos. La première puissance économique mondiale n’a sans doute qu’une vision de court terme pour la politique de cette région. Ses intentions sont d’abord guidées par ses intérêts pétroliers, lui permettant de soutenir une croissance vigoureuse sur son territoire. Mais il va bien falloir que l’administration Bush et celle qui lui succédera se rende compte que l’ère du pétrole touche à sa fin. Nous allons être obligé de trouver d’autres ressources énergétiques afin de garantir durablement le développement et le progrès des pays sur toute la surface du globe.
Stéphane De Bona
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