| dimanche 20 août 2006, a 19:36 |
| La fin du Fidélisme |
Depuis 1959, Fidel Castro règne sans partage sur l’île de Cuba. Son aventure qui a débuté en 1956 avec son débarquement en compagnie de Ernesto Che Guevara dans la Sierra Maestra a ouvert tout d’abord une ère d’espérance après la chute du dictateur Batista. Les premières années de pouvoir partagées entre Fidel Castro et le Che ont fait de Cuba une île attirant la curiosité des intellectuels du monde entier qui n’avaient vu aucun programme d’alphabétisation d’une telle ampleur nulle part ailleurs. Le Che désirait alors être le nouveau Lénine d’Amérique du Sud. Jusqu’à la séparation idéologique entre les deux leaders au pouvoir, l’île fut un paradis pour les intellectuels attirés par l’idéologie communiste et le charisme de Ernesto Che Guevara. Ernest Hemingway se maria à une journaliste cubaine et fit de l’île son lieu de repos et d’inspiration. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir eurent même une entrevue avec le commandant Guevara pour disserter sur leur vision du monde et le développement possible de l’Amérique du Sud. En parallèle à cet élan intellectuel, Ernesto Che Guevara, alors ministre de l’industrie et directeur de banque, impulse des réformes en matière de santé et de répartition du travail qui font de l’île l’exemple de la réussite des régimes communistes hors d’URSS. En 1961, l’épisode de la Baie des Cochons (invasion de l’île par des exilés cubains pour renverser le régime de Fidel Castro) montre au monde entier la force du pouvoir et de l’armée qui est alors organisée par le commandant Guevara. En 1962, la crise des missiles risque alors de provoquer la troisième guerre mondiale, mais une fois de plus le régime de fer de Fidel Castro, avec l’aide de l’URSS, tient bon et trouve une solution à l’amiable avec les Etats-Unis.
Fidel Castro et le Che se séparent sur des divergences économiques, politiques et judiciaires. Le Che se trouve alors plus utile dans un rôle de leader pour lancer une guérilla totale qu’il voudrait étendre à toute l’Amérique du Sud. Une fois le divorce prononcé entre les deux dirigeants cubains et le départ du Che pour mener la guérilla en Bolivie, Fidel Castro accentue son emprise sur le pouvoir de l’île. Il débute alors une politique de répression et d’élimination de ses opposants, et la liberté de pensée ainsi que le développement des infrastructures de l’île sont freinés par la mise en place de l’embargo des Etats-Unis sur le commerce cubain. L’URSS prend alors le relais dans une moindre mesure, en intensifiant ses échanges commerciaux avec l’île de Cuba.
En 1989, après la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc de l’Est, Fidel Castro réaffirme son attachement à un socialisme qu’il dit pur. Pour faire survivre l’île, il ouvre, avec son frère Raoul, une politique touristique importante à même de ramener des divises étrangères, mais le régime reste autoritaire. Les récents problèmes de santé de Fidel Castro ne changeront rien au régime dictatorial, puisque c’est son frère Raoul qui prend le relais. Une dislocation rapide du pouvoir parait impossible. De plus, le régime Castriste a réussi à faire naître un sentiment national au peuple cubain, alors qu’avant son avènement l’unité était difficile à créer. Les mouvements au pouvoir et l’influence coloniale des Etats-Unis et de l’Europe ne permettaient pas une stabilisation du peuple cubain.
Aujourd’hui, l’économie cubaine est exsangue et un développement démocratique, sans transition après la fin du Fidélisme, parait dangereux pour l’unité du pays. L’Europe devrait se rapprocher du régime et l’aider à remettre son économie et ses infrastructures en état pour éviter une catastrophe du même ressort qu’en Irak. Il suffit, pour cela, d’y investir des capitaux avec l’accord du régime tout en respectant la richesse culturelle et la solidarité du peuple cubain.
Stéphane De Bona
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