SUJET : Révolution et Contre Révolution
Résumé de la première partie de la matinée (8h à 10h), Université
Nancy2
1) présentation de Paolo Sarpi
La personne et l’œuvre du frère Paolo Sarpi, de l’Ordre des Servites de Marie (1552-1623), conseiller en matière de théologie canoniste de la Sérénissime République de Venise, sont sans doute bien plus connues dans le domaine de l’historiographie ecclésiastique que dans celui de l’historiographie purement maritime. Certains de ses lecteurs se souviendront de lui comme du protagoniste de la soi-disant “dispute sur l’interdit” (1606-1607) dans laquelle il se fait le chantre de la liberté et de la souveraineté - “puissance absolue et perpétuelle d’une République” selon la célèbre définition de Bodin - de l’Etat vénitien face aux prétentions absolutistes du Saint Siège. D’autres, au contraire, le présentent tout bonnement comme l’auteur de l’Istoria del Concilio Tridentino (publiée pour la première fois à Londres en 1619 sous l’anagramme de Pietro Soave Polano), interprété par Sarpi comme, non seulement “un événement religieux et ecclésiastique, mais bien comme un fait politique d’une importance considérable, autour duquel évolueront les conflits de la politique européenne entre 1561 et 1563”. Au plus profond des études que Sarpi entreprit et des intérêts qui furent les siens au cours de son existence (“ami de Galilée et de Giambattista della Porta... théologien, philosophe et canoniste éminent, il n’en était pas moins versé dans les disciplines naturelles comme la physique, l’astronomie, l’architecture, la géométrie, l’algèbre, la mécanique et l’anatomie”).
2) pratique et politique de la contre révolution
L'histoire d'une révolution se fait parfois par la division d'un pays et ses territoires, due à la scission du peuple en deux camps (révolutionnaire et contre révolutionnaire). La contre-révolution se produit lorsqu'un État vit une mutation de ses institutions, et que les tenants du pouvoir tentent de résister par un régime de terreur ou par une contre-offensive (exemple :des chouans en Vendée). La contre-révolution s'oppose aux idées nouvelles. Ce phénomène n'a été que récemment redécouvert par les chercheurs. Peut-être est-ce parce que ce sont les idées nouvelles qui font l'histoire? La contre-révolution est pourtant un projet politique en soi, puisqu'elle cherche à rétablir un pouvoir en difficulté et à combler les déchirures dans une société qui n'accepte plus le modèle existant. Elle veut restaurer l'esprit de l'ancien régime et rejette la souveraineté populaire.
3) Joseph de Maistre
Biographie en résumé
Le comte Joseph de Maistre, célèbre écrivain, né en 1754 à Chambéry, d’une famille d’origine française, mort en 1821, fut chargé par le gouvernement sarde de plusieurs négociations, accompagna dans l’île de Sardaigne le roi Charles-Emmanuel lors de l’invasion de ses États par les Français, et se rendit à Saint-Pétersbourg en 1803 comme ministre plénipotentiaire de ce prince. Forcé en 1817 de quitter la Russie lors de l’expulsion des Jésuites, parce qu’il avait embrassé la cause de l’ordre proscrit, il fut nommé dans sa patrie régent de la chancellerie, et reçut toutes sortes de distinctions honorifiques. J. de Maistre s’est fait un nom en combattant les philosophes du XVIIIe siècle, en soutenant la suprématie temporelle du pape et la théocratie. Ses principaux écrits sont : Considérations sur la France, Lausanne, 1796, ouvrage qui dénote déjà la portée de son esprit et son talent d’écrivain; Du Pape, Lyon, 1819, son œuvre capitale, où il propose de placer le Souverain Pontife à la tête de la société, comme au moyen âge; De l’Église gallicane, Paris, 1821, où il attaque les libertés de l’église de France; Les Soirées de Saint-Pétersbourg ou Entretiens sur le gouvernement temporel de la Providence, ouvrage posthume, Paris, 1821, où il règne un singulier mysticisme; Examen de la philosophie de Bacon, Paris, 1836, où le philosophe anglais est jugé avec la plus injuste sévérité. De Maistre n’est pas moins remarquable par la vigueur de son style que par la singularité de ses doctrines. On a publié à Paris en 1851 des Mémoires, des Lettres et Opuscules de J. de Maistre, et en 1859, sa Correspondance diplomatique. Il réfute la démocratie populaire souveraine, le pouvoir ne peut pas être donné au peuple. Le pouvoir ne peut pas être exercé collectivement, il doit être la possession d'une seule personne de droit divin.
Stéphane De Bona
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