Benoît XVI a effectué un voyage officiel en Allemagne durant lequel il a accumulé des maladresses. Celles-ci peuvent avoir de graves conséquences pour les relations entre l’église catholique et l’Europe, mais aussi avec le reste du monde, et en particulier les pays musulmans. Tout d’abord, il a rappelé à Munich, sa ville natale, que le rôle de l’église n’était pas en premier lieu de faire du social mais de prêcher la bonne parole en se recentrant sur la prière.
Il est vrai que Dieu avait envoyé le Christ sur terre pour propager la bonne parole, suivi par ces disciples détaché dans le monde entier. Mais le Christ n’a-t-il pas été le premier par ces actes à faire preuve de charité et à œuvrer socialement ?
D’après le Pape, nos oreilles seraient sourde à la religion et donneraient une trop grande place aux techniques issues de la raison. Les techniques n’apporteraient rien de plus à l’humanité. Il en a donné pour preuve que le Sida n’a pas disparu avec le port du préservatif, rallumant ainsi de manière indirect la polémique qu’avait lancé son prédécesseur Jean-Paul II en prônant la chasteté.
Deux jours plus tard à l’université de Ratisbonne en Bavière où il a enseigné de 1969 à 1977 le Pape a allumé une seconde mèche en débattant de la place de l’Islam dans le monde et en condamnant la guerre Sainte. Là où Jean-Paul II recherché le dialogue avec les autres religions, dont l’Islam, Benoît XVI préfère la controverse intellectuelle. Il a rappelé un épisode ayant opposé au XIVème siècle les empereurs chrétiens de Constantinople aux juristes musulmans : « Montez moi ce que Mahomet a apporté de nouveau. Vous ne trouverez que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l’épée la fois qu’il prêché ». Cette citation est tirée de l’empereur Manuel II, paléologue, en 1331. Un peu plus tard, il s’en prend à l’héritage du « siècle des lumières » expliquant que la raison, c’est à dire l’esprit scientifique, nous détourne de Dieu, ce qui confirment les propos tenus deux jours auparavant. Il y revient en ces termes : « l’esprit des lumières a conduit la science à rechercher une explication du monde dans laquelle Dieu devient superflu ». Plus tard il rajoute : « l’homme ne peut pas se résoudre à n’être qu’un résultat de l’évolution accidentelle ». D’après lui l’Islamisme et le Darwinisme sont les ennemis de notre civilisation. Mais il a sans doute oublié que les sciences remontent à l’Antiquité grecque et quelle ne remettent pas en cause la place de Dieu dans la création du monde ; mais ne font que constater que les processus qui ont conduit à l’évolution de l’humanité. Le grand philosophe Emmanuel Kant, qui met en avant la raison comme système de la pensée humaine, n’oubli à aucun moment qu’une force nous est supérieur, celle de Dieu en l’appelant la transcendance. Dieu nous a laissé notre libre arbitre pour diriger notre vie et il n’est pas responsable des erreurs humaines. C’est donc à chacun de gérer sa propre vie, comme il l’entend, et se n’est certaine pas, comme l’a dit dans l’Evangile, en jetant la première pierre sur ceux qui sont différents de nous que l’humanité sera sauvée.
De plus, ces propos sur l’Islam, bien qu’étant une citation du XIVéme siècle ne pouvaient qu’être compris que maladroitement par le monde musulman, étant donné qu’ils sont sortis de leur contexte. Il ne fallait donc pas prendre ce risque inconsidéré, car ceci peut être entendu comme un soutient à la croisade menée par Georges Bush au Moyen-Orient. Espérons que les paroles de Benoît XVI ne sont que des propos maladroits engendrés par ces difficultés de communication avec la presse.
Stéphane De Bona
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".