| vendredi 20 octobre 2006, a 18:28 |
| La bioéthique |
L’étymologie du mot bioéthique vient des mots grecs bios « vie » et ethos « éthique » ou « coutume ».
Un concept transdisciplinaire
La bioéthique est apparue vers 1960. Elle a pour de but la régulation morale des progrès de la médecine et de la biologie. Les découvertes liées au vivant font surgir de nouvelles questions sur les notions de personne et de la dignité humaine. Cette discipline s’enracine aux frontières de la médecine, de la biologie, de la philosophie, de la théologie et des juristes. La bioéthique est, en effet, née du douloureux rapport entre les extrémités de la vie et les expériences thérapeutiques destinées à soulager les patients ou à faire avancer la médecine. Elle soulève des questions comme : est-il moralement acceptable de stocker des embryons humains, de les congeler et de les manipuler comme des choses ? Peut-on envisager, dans un avenir proche, de mener à terme une gestation in vitro (débat autour de l’utérus artificiel) ? Et enfin, est-il souhaitable de fabriquer génétiquement des chimères (êtres vivants mi-humains, mi-animaux) ou des clones à des fins scientifiques ou médicales ? Pour trancher ces questions redoutables, des comités d’éthique nationaux sont formés pour aiguiller les parlementaires chargés de créer une législation équitable sur la question du vivant.
Les trois grandes règles de la bioéthique
Les comités d’éthique doivent d’abord répondre au principe de la dignité et du respect de la personne humaine. Pour se faire, ils sont amenés à élucider à quel instant un fœtus devient une personne. On peut considérer que l’être humain devient une personne lorsqu’il est capable d’avoir une autonomie morale qui réside dans sa liberté de choix. Lorsqu’il s’agit de connaître le destin d’un fœtus après un diagnostic prénatal, avec un pronostique négatif, il convient que la décision revienne au corps médical en étroite concertation avec l’autorité morale représentée par les parents du futur enfant.
Le second principe en matière de recherche scientifique et traitement d’une pathologie difficile revient à peser le rapport entre la bienfaisance et l’utilitarisme d’une thérapie (éviter de nuire et maximiser le bien pour l’humanité).
Enfin, le troisième principe consiste à veiller sur l’égalité de traitement entre différentes couches de la population. Le comité d’éthique et les juristes autonomes doivent garantir la protection des plus faibles en interdisant les expérimentations hasardeuses sur cette population qui est incapable de comprendre les risques qu’elle encourt.
En conclusion, la tâche de la bioéthique est compliquée car elle touche à des questions essentielles pour le devenir de la condition humaine. Les comités de bioéthique sont obligés de statuer sur des questions dont la recherche scientifique a déjà les réponses ou sur des sujets qui pourront exister dans un avenir proche ou lointain. Leurs expertises peuvent aussi varier en fonction des coutumes et des croyances dans les différentes parties du monde. C’est pour cela que les différentes approches théologiques de la bioéthique divergent selon les pays du monde. Ils doivent également éviter que les organes du corps humain ne deviennent des marchandises et ne soient soumises aux lois du marché. Mais alors, comment traiter le problème des prostituées, qui vendent leur corps pour gagner leur vie ? Ce sujet fera l’objet d’un prochain article.
Stéphane De Bona
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