| mardi 14 novembre 2006, a 17:30 |
| Europe : blocage des institutions |
Le 1er Novembre 2006, la Constitution européenne devait rentrer en vigueur. Le refus de deux états membres de la ratifier (les Pays-Bas et la France) a empêché sa mise en application. Où en sommes-nous 1 an plus tard ?
Les conséquences de l’absence des nouvelles institutions européennes
Aujourd’hui, en grande partie à cause de ce refus, le navire Europe prend l’eau et se trouve sans commandant. Le 1er Janvier 2007, la Roumanie et la Bulgarie feront leur entrée dans l’union européenne. Nous serons alors 25 pays qui devront prendre des décisions communes pour l’avenir de notre continent et de la planète, et cela à l’unanimité. Le scrutin à l’unanimité est une chose impossible dans une structure démocratique. C’est pour cela que le traité constitutionnel prévoyait un scrutin à la majorité des états membres. Cette Constitution aurait eu également l’avantage de nous procurer une politique étrangère commune, représentée par un ministre des affaires étrangères européennes pour traiter d’égal à égal avec les autres continents, et plus particulièrement les Etats-Unis d’Amérique qui aurait enfin du prendre l’Europe au sérieux sans pouvoir, comme aujourd’hui, lui imposer son point de vue.
De plus, sur le plan de la politique économique, la banque centrale européenne reste la seule à pouvoir réguler les flux financiers dans la zone Euro. Il n’existe, aujourd’hui, aucun contre pouvoir aux désirs de la banque centrale. Avec l’adoption du texte constitutionnel, les états membres auraient eu la possibilité d’infléchir les volontés de la banque centrale en analysant les bienfaits et les contraintes du pacte de stabilité, et si besoin est de le renégocier. Malheureusement, en matière monétaire et économique, le président de la banque européenne, Jean-Claude Trichet, reste le seul maître à bord. Enfin, l’Europe de la défense commence à s’essouffler. Pourtant, le volet militaire reste le seul compartiment des institutions où les états peuvent agir, mais cette paralysie est due à l’engagement de l’Angleterre aux côtés des Etats-Unis dans le conflit irakien et à une mauvaise répartition des fonds par manque de consensus.
Les déclarations du président de la Commission Européenne
Jose Manuel Barroso a annoncé que l’union européenne n’accueillerait plus aucun nouvel état membre à l’exception de la Bulgarie et de la Roumanie avant que la question du blocage des institutions soit réglée (au plus tard avant les élections européennes de 2009). Concernant la Turquie, un rapport vient de lui être remis démontrant qu’Ankara doit encore faire des efforts en matière de respect des droits de l’homme, ainsi qu’en économie. Il a invité les états membres à ne pas rompre les négociations pour mettre la Turquie sur de bons rails, afin qu’elle constitue un pont entre le Moyen-Orient et l’Europe.
Constitution Européenne et conséquences nationales
Vu de la France, le rejet de la Constitution Européenne a permis de clarifier l’échiquier politique pour l’élection présidentielle de 2007. Les tenants du NON de gauche sont en train de négocier une candidature unique anti-libérale et altermondialiste pour cette élection. Quant à l’extrême droite, elle tente de constituer un front patriotique regroupant plusieurs groupuscules et le MNR de Bruno Maigret. « Les anciens ennemis se réconcilient ».
Stéphane De Bona
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