| mardi 21 novembre 2006, a 17:46 |
| Le « care » ou le souci de l’autre |
Le « care » est une attitude qui consiste à avoir le souci des autres. Il est dédié à effectuer des gestes de soin aux personnes en difficulté ou dans l’impossibilité d’accomplir des tâches indispensables à leur dignité humaine. Cette pratique nécessite l’anticipation des besoins de la personne, pour qu’elle ne se sente pas diminuée.
Qui fournit le travail du « care » ?
Contrairement à ce que l’on pense, le « care », c'est-à-dire le souci de l’autre, n’est pas seulement l’affaire de la sensibilité féminine. Cet acte moral a longtemps été considéré comme un service ou une basse besogne non rémunérée, ce qui faisait de cette tâche un emploi typiquement féminin délivré par amour ou par extrême générosité. Aujourd’hui, ce travail lié à la solidarité entre les personnes tend à être reconnu. Les citoyens qui effectuent ces travaux sont pêle-mêle les assistantes maternelles, les aides ménagères, les aides soignantes, les infirmières, et toutes les autres catégories d’employés à domicile. Ils ne sont plus forcément liés au corps médical. Dans certaines situations, ce type de fonction nécessite une empathie indispensable. Il faut tout de même que le salarié ait une intimité relative avec la personne aidée sans quoi la relation peut vite devenir conflictuelle. L’employé doit pourtant veiller à ne pas déresponsabiliser la personne dans le besoin. Cette pratique demande discrétion et tact. Toutefois, l’aidant a besoin de partager son expérience avec d’autres, voire à être assisté pour ne pas que ses sentiments pulsionnels, qu’ils soient d’attirance ou de dégoût, se transforment en haine et rejet. En effet, ce travail n’a rien de naturel : ce qui paraissait un devoir moral pour nos aïeux entraîne aujourd’hui une formation professionnelle pour acquérir les compétences voulues, sans doute parce que le « care » renvoie à la violence faite au corps de l’autre qui nous invite à réfléchir sur nos propres faiblesses. D’ailleurs, les personnes qui occupent ce genre de profession, ont souvent choisi ce secteur pour combler un manque affectif. Ce n’est pas forcément une bonne chose. On ne règle pas ses propres difficultés à travers l’autre. Les emplois concernant le souci des autres vont être le vivier le plus important de salariés pour demain, mais il implique avant tout une éducation morale qui n’est plus enseignée par les familles ou l’éducation nationale et qu’il faudrait remettre rapidement au cœur des préoccupations.
Stéphane De Bona
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