| mercredi 22 novembre 2006, a 16:35 |
| « Libération » presque sauvé ! |
Restructuration de « Libération »
Le journal « Libération » est passé proche du dépôt de bilan. Heureusement le 20 Novembre 2006, les actionnaires ont accepté le plan de sauvegarde proposé par la direction, à une courte majorité. Laurent Joffrin, ancien directeur de la rédaction du « Nouvel Observateur » a été nommé PDG du groupe « Libération ». Il aura la lourde tâche de le restructurer tout en gardant l’esprit du quotidien. Etant donné les difficultés de l’ensemble de la presse papier, il devra sans doute réviser la ligne éditoriale. Les salariés ne pourront certainement pas échapper au plan de licenciement massif demandé par l’actionnaire majoritaire Rothschild. Le nouveau PDG s’est senti investi d’une mission envers son premier journal qui se trouve en difficulté, alors qu’il aurait pu rester à l’abri au « Nouvel Observateur » de toute déconvenue. La survie du quotidien est encore loin d’être assurée. Comme en témoigne le graphique ci-contre, le tirage ne cesse de diminuer d’année en année (le support papier n’a plus la cote). Mais comment estomper cette hémorragie des lecteurs ?
L’esprit du journal « Libération »
Ce quotidien est né en 1973 sous l’influence de la pensée de Mai 68, relayée par Jean-Paul Sartre. C’est un journal qui se veut engagé et dans l’action. Ce quotidien, qui incarnait une gauche réactionnaire en interpellant les politiques de tout bord sur les malaises que connaît notre société occidentale et contemporaine, a perdu peu à peu de son panache. Aujourd’hui, il est l’un des derniers quotidiens de gauche avec « L’humanité » à toujours exister. Il reste, pour bon nombre de ses lecteurs, une référence importante de la presse française. Le glissement lent mais continu vers le centre gauche a fait de ce journal un quotidien très attaché à la culture, il est lu par une population branchée, diplômée ou comme dirait Renaud dans sa dernière chanson : des « bobos ». Pour survivre, il devra toucher d’autres tranches de lecteurs en regagnant son esprit corrosif. Il peut aussi mettre en place un système de fidélité de son lectorat papier, en lui donnant accès à des réductions d’abonnement en ligne et à divers outils informatiques liés au quotidien papier. Mais la question fondamentale que le quotidien, ainsi que ses concurrents, pourrait se poser est : comment peut-on redonner le goût de la lecture à une génération née sous l’ère de la télévision et d’Internet ? Il serait dommage qu’un journal de cette qualité disparaisse. En effet, les idées de la gauche qui tendent à tirer la population vers l’élite par la culture seraient perdues.
Stéphane De Bona
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