| vendredi 22 décembre 2006, a 16:42 |
| La réforme des impôts |
Johnny et ses impôts
L’ex-chanteur français qui vient de s’exiler en Suisse, a fait faire une entrée fracassante dans la campagne présidentielle au système d’imposition français. L’idole des jeunes des années 50, alors qu’il soutient ouvertement Nicolas Sarkozy pour sa campagne présidentielle, a pris la décision de se faire construire une maison en Suisse pour se soustraire à l’impôt sur le revenu et à l’impôt de solidarité sur les grandes fortunes ( ISF ) dont est soumis un contribuable français lorsque son patrimoine est supérieure à 700 000 €. Il avait demandé la nationalité belge pour les mêmes raisons, mais il va sans être débouté de sa demande car il n’avait pas payé ses impôts en France. Il faut rappeler que le chanteur, qui se disait spolié par son ex-maison de disques (Universal), avait fait trois fois de suite appel à elle pour obtenir un crédit revolving afin de pouvoir s’acquitter de ses impôts. Johnny, s’il avait été un citoyen comme les autres, aurait fait l’objet d’un redressement judiciaire et il aurait été déclaré surendetté. Il a obtenu d’Universal une avance sur salaire de 47 millions d’euros en 10 ans et il est l’artiste le mieux rémunéré sur ses titres de la scène internationale : il touche 27 % de droits alors que la majorité des artistes n’en ont que 10 %.
Nouveaux revers judiciaire pour l’artiste
Johnny vient d’être débouté définitivement de sa demande de mise à disposition de ses titres originaux par le tribunal de cassation. Son ex-maison de disques Universal garde donc le droit d’exploitation de ses anciennes bandes. Le chanteur, qui dispose d’un droit moral sur ses titres, n’a pour seul recours que de les réenregistrer. A trop vouloir gagner, Johnny a sans doute beaucoup perdu. De plus, payer ses impôts en France ne serait pour lui qu’un acte de reconnaissance. En effet, notre pays lui a beaucoup apporté, ne serait-ce que le lancement de sa carrière, et dernièrement l’adoption de sa petite fille Jade qui, sans l’intervention du ministère de l’intérieur et du Président de la République aurait été beaucoup plus longue.
Revenons aux impôts
L’impôt a été créé pour garantir une protection sociale à l’ensemble des citoyens d’un même territoire. Sans cette contribution de chacun, en fonction de ses revenus, aucun service public ne pourrait fonctionner. Chaque citoyen français a le sentiment de payer trop d’impôt, mais nous sommes l’un des pays le mieux protégé du monde en matière de santé, de retraite et de sécurité. Evidemment, comme beaucoup le disent, trop d’impôt tue l’impôt. Notre pays aurait sans doute besoin d’une réforme en profondeur de son système d’imposition. Pourquoi ne pas cumuler les impôts comme la CSG et l’impôt sur le revenu en une seule taxe prélevée à la source, comme le propose subitement le ministre de l’économie à la veille d’une élection présidentielle ? Arrêtons de jouer avec ce serpent qui se mort la queue à chaque échéance électorale. J’espère que, cette fois ci cette proposition ne sera pas remise dans les cartons, une fois l’élection faite. Nous sommes l’un des seuls pays européens qui ne procèdent pas à ce système de prélèvement. Il a pour avantage d’imposer les revenus réels du contribuable pour l’année en cours, contrairement au système français. En appliquant cette réforme, nous pourrions sans doute proposer une harmonisation du prélèvement de l’impôt au niveau de la Communauté Européenne.
Qu’en pensez-vous ?
Stéphane De Bona
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