| jeudi 25 janvier 2007, a 19:29 |
| PS : une campagne à double voie |
Une campagne qui dérape
Depuis une semaine, la campagne de Ségolène Royal patine. On parle, dans les journaux d’un trou d’air. N’aurait-elle pas la carrure de la fonction ? Je pense, bien au contraire, qu’elle a bien compris les enjeux et les attentes du peuple français, même si elle fait preuve parfois de dérapages incontrôlés dans lesquels s’engouffrent la presse et ses opposants. Elle incarne aujourd’hui, une nouvelle génération de politiques et renouvelle la forme des débats. Le style des débats participatifs et d’aménagement des salles de meeting est neuf. Il déroute les vieux militants socialistes et la direction, qui n’ont pas rompu avec la gauche encore teintée de marxisme en 1981. La social-démocratie, qui a fait arriver au pouvoir la majorité des partis de gauche en Europe, n’est toujours pas ancrée dans l’esprit de la majorité des militants de gauche. Voila pourquoi on retrouve Jean-Luc Mélanchon, sénateur de l’Essonne et membre du parti socialiste, aux côtés des alter-mondialistes et de l’ultra-gauche qui lui, contrairement à la candidate de la gauche gouvernementale n’est pas taxé de populisme. Entre ces deux tendances, le premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande, doit s’efforcer à créer une union.
Une candidature, un couple
La candidate à la présidentielle est tenue d’imposer son style en respectant la répartition des rôles et des tendances à l’intérieur de la gauche en s’adressant à l’ensemble du peuple français. Elle ne veut pas renouveler la bévue de Lionel Jospin qui a oublié que le premier tour devait être l’occasion de rassembler son camp tout en affirmant son style. L’erreur a été de ne pas s’adresser au peuple français et d’affirmer que sa candidature n’était pas de gauche. En faisant cette bourde, le candidat socialiste a oublié qu’une élection présidentielle avait deux tours. Toujours est-il que les deux voix du couple Ségolène Royal et François Hollande sont discordantes. Peut-être, parce que l’un doit veiller à l’unité du parti et l’autre doit tout d’abord avoir une rencontre de cœur avec le peuple français. Les socialistes n’ayant pas, en majorité, terminé leur mutation idéologique et certains même étant toujours contre le système des marchés, sont loin de comprendre la méthode Royal-Hollande qui a donné lieu à l’impaire de Arnaud Montebourg disant que : « Le seul défaut de leur candidate à la présidentielle est son compagnon ». Comment faire mieux pour miner son propre camp ? La réaction de Ségolène Royal, en suspendant son porte-parole pour un mois, lui sera-t-elle profitable ? Cette sanction symbolique montre aux français ce qu’elle entend par ordre juste. François Hollande et Ségolène Royal devraient tout de même s’entendre avant leurs communiqués de presse pour qu’ils ne soient pas contradictoires. On peut penser que cette cacophonie est due à la frustration du premier secrétaire du parti resté 10 ans à sa tête sans avoir assumé des fonctions politiques exécutives dans le pays. Il a même du effacer ses propres ambitions de candidature à ces élections pour laisser la place à sa femme. Cela fait beaucoup pour l’ego politique d’un seul homme.
Stéphane De Bona
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