Je lisais avant-hier, dans « Libération », que le nom « beurette » était assimilé sur le web à une catégorie sexuelle. J’ai eu du mal à y croire. Pour en avoir le cœur net, j’ai tapé le mot « beurette » sur plusieurs moteurs de recherche. En effet, ce mot envoie à des sites pornographiques ou érotiques, ce qui est proprement scandaleux. Réduire les femmes musulmanes à des objets de désir exotiques nous renvoie à notre passé colonial et donc, à une domination de l’Occident sur l’Orient.
« Beurettes » en danger
Les banlieues ne sont-elles pas les derniers vestiges de notre domination mondiale ? Lors des émeutes, en 2005, les seules à rentrer en résistance et à appeler leurs fils ou leurs frères à cesser ce mouvement de révolte ont été les femmes musulmanes. Elles constituent l’essence des mouvements associatifs qui participent à la réhabilitation de l’image de la banlieue et mettent en exergue la réussite sociale de quelques uns. Par leur niveau d’étude souvent plus brillant que celui des hommes et leur sens de l’innovation, elles montrent que l’ascenseur social n’est pas totalement en panne. L’image qu’en renvoie internet ne peut les mettre qu’en danger. Celle-ci ne fait que renforcer les points de vue extrémistes des islamistes à l’étranger ; ils peuvent s’appuyer sur ces documents pour expliquer que les peuples occidentaux sont dépravés en montrant que l’avenir de leurs femmes, dans ces pays, est fortement compromis. Pourtant, cela est loin d’être la réalité. Ce sont peut-être elles qui, par leur rigueur, leur volonté et leur sens moral vont sortir la France et ses banlieues de sa morosité. Sous prétexte de chercher un peu d’exotisme à nos portes, nous nous donnons l’autorisation d’humilier des femmes qui auraient pourtant le droit à toute notre estime.
Les femmes de toute catégorie ethnique sont les plus fragilisées
Un récent sondage vient de montrer que les individus de la société française les plus fragilisées sont les femmes. En effet, notre pays reste un état de machos. Plusieurs années après le vote dans notre assemblée, de la loi sur la parité, nous restons le plus mauvais élève des états européens. Les femmes ont pourtant une capacité de travail deux fois supérieure à celle des hommes, puisque après avoir effectué leur journée de salariée ou de chef d’entreprise, elles enchaînent à leur domicile avec les tâches ménagères, et ce sont aussi elles, comme nous l’avons vu ci-dessus, qui mènent la vie associative la plus active. Les hommes ne sont toujours pas sortis de leur statut de « coq en pâte ». Après ce constat, nous sommes à même de nous demander si les français sont prêts à être dirigés par une femme. Quoiqu’il en soit, le combat des nouvelles féministes comme par exemple le mouvement « ni pute, ni soumise » va devoir porter sur la réduction des inégalités en matière de salaire et de condition de travail ainsi qu’à l’obtention de nouveaux droits limitant l’emprise masculine sur la gente féminine. Nous devons faire pression sur le nouveau futur président de la République pour qu’il fasse admettre aux chefs d’entreprise que les congés parentaux doivent être pris dans d’égales proportions par les hommes et les femmes. Cette mesure devrait être rendue obligatoire afin de responsabiliser les hommes dans leur rôle nouveau au sein du ménage et réhabiliter l’image paternelle. Elle doit être celle de l’autorité mais aussi celle du partage et de l’attention envers leur épouse et leurs enfants.
Stéphane De Bona
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".