| jeudi 01 mars 2007, a 20:43 |
| Les politiques peuvent-ils changer la société ? |
Oui, si…
Les politiques peuvent encore agir dans le domaine des institutions pour mettre en place des nouvelles structures destinées à aider leurs citoyens.
Ils sont également capables de réformer leurs administrations en cas de circonstances exceptionnelles (par exemple : au lendemain d’attaques terroristes ou de guerre lorsque les citoyens sont prêts à tout pour sortir d’une situation de chaos). Le général De Gaulle a constitué un gouvernement d’union nationale destiné à rebâtir la France au lendemain de la seconde guerre mondiale. Toutes les forces de droite comme de gauche étaient capables alors, de travailler ensemble dans le consensus. C’est en bénéficiant d’une crise du même ordre, après les attentats du 11 Septembre 2001 que Georges Bush a réussi à légitimer la guerre en Irak qui n’avait pourtant aucun lien avec le terrorisme international.
Et enfin, un troisième cas de figure : parmi les femmes et les hommes politiques, il peut y avoir l’émergence d’un leadership que nul force d’opposition mal structuré ne peut combattre. Ce fut le cas de Margaret Tacher en Angleterre en 1970. Elle a réussi à démanteler les structures de la fonction publique sans que la majorité du peuple britannique n’y trouve à redire. Seuls les cheminots ont résisté pendant plus d’un an à la réforme qu’elle préconisait. Elle n’a pourtant pas cédé, ce qui lui valut le surnom de « Dame de fer ». Elle parlait de sa politique en ces termes : « Si vous voulez des discours et que rien ne bouge, appelez les hommes au pouvoir. Si vous préférez l’action et que tout change, appelez les femmes ».
En situation politique normale, les élus ont 100 jours pour appliquer un maximum de réformes institutionnelles et de nouvelles lois. C’est ce qu’ont appelle « l’état de grâce ». Pendant cette période, le peuple n’est pas rétif aux bouleversements de ses habitudes.
Non, car…
Aujourd’hui, les forces politiques nationales ne peuvent agir qu’à la marge des structures institutionnelles. Lorsqu’un plan est mis en place par un gouvernement précédent, le financement est voté ou comptabilisé pour un minimum de 3 ans pour pouvoir donner ses effets. C’est, par conséquent, avec une marge de manœuvre étroite qu’une nouvelle équipe gouvernementale peut agir (95% des budgets sont déjà attribués). C’est seulement grâce au temps que celle-ci pourra se constituer de nouvelles possibilités d’action.
Les politiques, lorsqu’ils arrivent au pouvoir, sont liés par des traités et institutions internationales qu’ils ne peuvent pas supplanter sous peine de sanctions envers leur pays. C’est en créant des structures supranationales qu’il est possible d’imposer une nouvelle vision du monde au reste de la planète. Sans cet artifice, les pays et leurs gouvernants sont pieds et poings liés.
Enfin, nous ne sommes plus dans un temps où les gouvernements donnent leurs instructions aux grandes entreprises. Les marchés financiers étant mondialisés, ce sont les intérêts économiques de chaque grande entreprise qui dictent les grandes tendances de consommation d’un pays. Les politiques ne pourront dorénavant agir que sur la création et le développement des très petites entreprises. Ils aideront, par ce biais, les entrepreneurs à créer une pépinière pour sauvegarder les entreprises de demain. La seule manière de réguler les flux financiers des grandes entreprises et garantir une croissance éthique durable serait de favoriser l’actionnariat populaire. Mais, pour cela, nous devrions éduquer les citoyens au mécanisme boursier dès leur plus jeune âge.
Stéphane De Bona
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