Né à Shanghai en 1965, il étudie le cinéma à Pékin puis travaille comme producteur et assistant réalisateur sur plusieurs longs métrages, tout en signant parallèlement quelques courts métrages. Lou Ye est un des dignes représentants de la nouvelle génération du cinéma chinois. Son premier long-métrage WEEKEND LOVER (inédit en France) remporte le prix Fassbinder en 94. Il retourne ensuite à la production et favorise alors la naissance de " Super City ", un projet de dix longs-métrages mis en scène par les meilleurs jeunes cinéastes chinois. Son deuxième long métrage, SUZHOU RIVER, est donc une vraie découverte. En tant que cinéaste de la " 6ème génération " (en opposition aux cinéastes de la 5ème génération, plus réfractaires à l'occidentalisation et auteurs de films sur la Chine ancestrale), Lou Ye s'autorise à aborder dans son film des thèmes plus modernes, voire occidentaux comme l'image de la sirène, un personnage qui n'existe absolument pas dans la mythologie chinoise. Il emploie également dans SUZHOU RIVER la méthode de la caméra subjective, procédé assez rare dans le cinéma chinois, le caméraman étant ainsi le narrateur. Cette technique introduit alors un sentiment de réelle intimité avec les personnages et permet de faire partager aux spectateurs la fascination du narrateur pour sa jeune héroïne. Il use également d'une liberté de ton qui fait penser à un conte qui aurait été inventé au fur et à mesure du récit, ce qui fait de SUZHOU RIVER un film à la fois beau et intrigant. Tourné clandestinement, caméra à l'épaule dans les rues de Shangai, il a été interdit en Chine.
La censure chinoise a fait une nouvelle victime en bannissant, ce lundi 4 septembre, le réalisateur Lou Ye du pays en réponse à la présentation de son "Palais d'Eté" au dernier Festival de Cannes.
Lou Ye a été banni pour cinq ans par la censure chinoise pour avoir présenté, sans l'autorisation du gouvernement, son dernier film Palais d'été en compétition officielle dans le cadre du 59e Festival de Cannes. Lou Ye faisait déjà partie de la "liste noire" à l'issue de la victoire de Suzhou River au Festival du Film de Rotterdam en 2000. Palais d'été raconte les amours très tourmentées d'un couple d'étudiants, tout en évoquant le mouvement universitaire en faveur de la démocratie, place Tian an men à Pékin, qui a été réprimé dans un bain de sang en juin 1989. C'est de tous les sujets celui qui reste le plus tabou en Chine.
Une censure omniprésente
Alors que les autorités chinoises se disent depuis ces deux dernières années plus tolérantes à l'égard de la nouvelle génération de réalisateurs familiers des tournages quasi-clandestins, la mésaventure de Lou Ye confirme le fait que la censure chinoise existe belle et bien, et qu'elle est encore loin de laisser une totale liberté aux cinéastes. D'autant que le réalisateur de Palais d'été n'est pas le seul à avoir dû affronter le courroux du gouvernement : Zhang Yuan s'était en effet retrouvé bloqué en Chine durant un an à la suite de la présentation, à Cannes en 1997 dans la sélection Un Certain Regard, de East Palace, West Palace, traitant de l'homosexualité. Plus récemment, Yu Lik Wai a été accusé en 2003, avec la sortie de All tomorrow's parties, d'avoir réalisé un pamphlet contre le Parti Communiste : il a ainsi écopé d'une interdiction de travail. Hormis pour certains films tournés dès le départ sans aucune autorisation du gouvernement, l'accord final de la censure doit être négocié point par point, au risque de voir la liberté artistique largement amoindrie. La Chine a beaucoup de progrès à faire pour devenir un pays qui respecte les droits de l’homme et du citoyen. La liberté artistique est une des nombreuses valeurs qui doivent être garanties dans une démocratie digne de ce nom. Les quelques scènes érotiques du films n’ont rien à voir avec les causes réelles de la censure, mais c’est bien « les événements historiques de la place TIAN AN MEN » relatés dans cette œuvre qui dérangent le gouvernement chinois. Je vous invite à aller voir le film, dés sa sortie en France.
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".