Débat : Une relation amicale est-elle possible entre l’Eglise Catholique et la Franc Maçonnerie?
Brève présentation de la Franc Maçonnerie
La Franc-maçonnerie se décrit comme un Ordre initiatique qui prodigue un enseignement ésotérique, adogmatique et progressif à l'aide de symboles et de rituels. Elle encourage ses membres à œuvrer pour le progrès de l'Humanité. La bienfaisance est l'un de ses moyens d'action. Sa vocation se veut universelle, bien que ses pratiques et ses modes d'organisation soient extrêmement variables selon les pays et les époques[4]. Elle réunit, dans de nombreux pays répartis sur toute la surface du globe, des personnes qui se sont données pour but de travailler à leur amélioration spirituelle et morale.
Souvent décrite comme un système particulier de morale illustré par des symboles, elle se présente elle-même comme un outil fraternel de formation, avec une méthode particulière permettant à ses membres d'entraîner leurs capacités d'écoute, de réflexion et de dialogue, afin qu'eux-mêmes transmettent ces valeurs à leur entourage.
Apparue en 1717 à Londres, la franc-maçonnerie dite spéculative s'inspire de la maçonnerie dite opérative formée par les corporations de bâtisseurs qui édifièrent, entre autres, les cathédrales, ainsi que des pratiques maçonniques apparues en Écosse puis en Angleterre au cours du XVII siècle.
Elle s'est structurée au fil des siècles autour d'un grand nombre de rites et de traditions, ce qui a entraîné la création d'une multitude d'obédiences qui ne se reconnaissent pas toutes entre elles.
L’Eglise Catholique contre la Franc Maçonnerie
Ces deux visions du monde s’opposent vraisemblablement pour diverses raisons, mais plus sûrement pour des questions de pouvoir qui ont été exacerbées au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Pourtant, ces deux doctrines sont proches en ce qui concerne leur but ultime. La religion catholique veut être, comme son nom l’indique, l’élément universel qui rassemble l’humanité autour d’un seul Dieu en établissant une communion entre les hommes. La Franc Maçonnerie, quant à elle, désire rassembler des individus épars pour créer une humanité universelle et fraternelle. On peut dire que ce qui les sépare fondamentalement est que le catholicisme croit en un Dieu révélé et que l’humanité est un objet fini qui doit simplement suivre le chemin empreinté par le Christ pour s’améliorer. La Franc Maçonnerie estime, elle, que l’humain est un être perfectible qui doit faire des efforts constants pour atteindre la perfection. Ses membres ne sont nullement obligés de croire ou de ne pas croire en Dieu ; ils sont avant tout des humanistes attirés par le déisme et leur seule obligation est de rendre la société plus tolérante. Les Francs Maçons pensent que l’homme est avant tout un être libre, contrairement aux Catholiques qui estiment que la liberté de l’homme est essentiellement due au libre arbitre que Dieu lui a laissé. La Franc Maçonnerie est avant tout une association d’humains qui croient aux idées de la République. Ils sont persuadés que la morale peut être évolutive selon les époques et les valeurs républicaines en vigueur. Pour les catholiques, la morale est immuable et ne répond qu’à la loi dictée par Dieu. Pour moi, ces deux conceptions du monde sont plutôt complémentaires qu’opposées. Elles proposent toutes deux de faire vivre l’ensemble de l’humanité en harmonie en pratiquant une politique semblable de « la main tendue » (aide et partage). Qu’en pensez-vous ? Je souhaiterai ouvrir un débat sur ce blog entre les prêtres, les citoyens catholiques et les Francs Maçons qui pourront rester anonymes s’ils le souhaitent. C’est maintenant à vous de faire vivre ce débat.
CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI
DÉCLARATION SUR L’INCOMPATIBILITÉ ENTRE L’APPARTENANCE À L’ÉGLISE ET LA FRANC-MAÇONNERIE
On a demandé si le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n’en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur.
Cette Congrégation est en mesure de répondre qu’une telle circonstance est due au critère adopté dans la rédaction, qui a été suivi aussi pour d’autres associations également passées sous silence parce qu’elles sont inclues dans des catégories plus larges.
Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.
Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci dessus, dans la ligne de la déclaration de cette Congrégation du 17 février 1981 (cf. AAS 73, 1981, p. 240-241: DC 1981, n° 1805, p. 349. Voir aussi la déclaration de l’épiscopat allemand du 12 mai 1980, DC 1981, n° 1807, p. 444-448).
Le Souverain Pontife Jean-Paul II, dans l’audience accordée au cardinal préfet soussigné, a approuvé cette déclaration, qui avait été délibérée en réunion ordinaire de la Congrégation, et en a ordonné la publication.
A Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le 26 novembre 1983.
Joseph, card. RATZINGER Préfet
+ Fr. Jérôme Hamer, O.P. Secrétaire
Stéphane De Bona
LE PATRON écrit le vendredi 27 avril 2007, A 10:12
Bonjour,
La Franc-maçonnerie présente plusieurs aspects dans ses pratiques comme vous l'évoquez dans cet article. Toutefois, je souhaite apporter une précision d'importance sur la Franc-maçonnerie "à la française" développée depuis le 18ème siècle. Cette Franc-maçonnerie continentale était d'abord pratiquée par des anglais en France. Puis ils ont intégré des français, et enfin les français se sont séparés de leurs attaches anglo-saxonnes (c'est un raccourci). Il en résulte en France une Maçonnerie qui a évoluée notament par le biais du GODF vers une spécificité franco-française, orientée et engagée politiquement, revendiquant bien des progrès du 19ème et 20ème siècle. Cette Maçonnerie, a suivi l'air du temps et c'est très vite appuyé sur les valeurs républicaines laïques (voire bouffeur de curé) autour de la devise nationale Liberté, Egalité, Fraternité.
Ce n'est pas le cas dans tout le reste du monde, ou si les rituels sont certes déchristianisés (Cf guerres de religions du 17ème siècle en Angleterre) mais sont empreints de références à l'Ancien Testament, ponctués de prières à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers et reprennent pour certains la devise des maçons de Londres en 1412 "God is our guide".
Je pense que les deux sont compatibles.
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".