Chers amis boursiers,
Une des sociétés avec laquelle j'ai réalisé le plus de bénéfice lors de ma courte carrière boursière, paraît maintenant sorti d'affaire. Les actionnaires minoritaires ont en effet consenti à donner une nouvelle chance à la société tunnel sous la Manche. Une nouvelle aventure s'ouvre et risque d'être fructueuse pour ses actionnaires. Personnellement, j'attendrai la cotation des nouveaux titres pour réinvestir, malgré la reprise en fanfare de la cotation des actions anciennes aujourd'hui. En effet l'action Eurotunnel a doublé après sa reprise de cotation. Cette OPE est donc un succès pour le nouveau PDG de l'entreprise. Les actionnaires minoritaires éviteront donc un dépôt de bilan catastrophique pour leurs économiques, puisque les anciennes entreprises (anglaise et française) ne voudront plus rien à terme.
En apportant à 87% leurs actions à l'offre publique d'échange lancée par le groupe Eurotunnel SA (GET SA) sur les "unités" d'Eurotunnel, les actionnaires ont levé le dernier obstacle au plan de restructuration du tunnel sous la Manche qui échappe ainsi au dépôt de bilan.
"Eurotunnel est sauvé. Je remercie vivement les actionnaires qui se sont massivement mobilisés pour soutenir le Plan de Sauvegarde", déclare Jacques Gounon, président de GET SA, dans un communiqué publié vendredi. "Le succès indéniable de l'OPE confirme leur attachement à cette formidable entreprise. Il permet ainsi à Eurotunnel de prendre un nouveau départ".
Sur les 660.000 actionnaires d'Eurotunnel, 70% sont des investisseurs particuliers.
L'Autorité des Marchés Financiers a annoncé que GET SA "est en mesure" de détenir 2.222.667.231 unités (chacune d'une action Eurotunnel SA et d'une action Eurotunnel Plc), ce qui représente environ 87% des unités en circulation.
"La condition minimale fixée par l'initiateur - à savoir l'obtention à l'issue de l'offre d'au moins 50% plus une unité - est satisfaite. L'offre aura donc une suite positive", ajoute le régulateur. Ce seuil avait été abaissé mi-mai de 60% à 50% pour assurer la réussite de l'offre. L'AMF précise que le résultat définitif de l'offre sera rendu public le 31 mai.
Les créanciers d'Eurotunnel ont consenti l'an dernier une réduction de dette de 54% - de 9,07 milliards à 4,16 milliards - en échange d'une participation majoritaire dans une nouvelle entité GET SA, propriétaire des actifs de l'exploitant du tunnel.
L'ADAM FAVORABLE A l'OFFRE
L'exploitant avait été placé sous sauvegarde judiciaire le 2 août dernier et son plan de restructuration financière avalisé le 15 janvier dernier par le tribunal de commerce.
Le plan prévoit que Goldman Sachs, Deutsche Bank et Citigroup accordent un crédit de 2,84 milliards de livres et souscrivent à des obligations convertibles à hauteur de 1,275 milliard.
L'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) avait mis en garde début mai les actionnaires d'Eurotunnel contre la tentation de conserver leurs titres.
"Ce faisant, c'est surtout 9 milliards de dettes qu'ils conserveront et c'est la faillite assurée. Car il est totalement irréaliste de penser que l'Etat puisse aller au-delà des 890 millions d'euros qu'il vient d'accorder à Eurotunnel sous forme de déficit fiscal reportable", indiquait l'Adam.
Eurotunnel rappelle que "l'offre sera réouverte très prochainement pour une nouvelle période dont les dates seront communiquées ultérieurement".
Cette réouverture permettra aux actionnaires de recevoir une action ordinaire GET SA et un bon de souscription d'actions ordinaires GET SA pour chaque unité Eurotunnel SA/Eurotunnel PLC apportée.
Ces derniers ne pourront pas, en revanche, souscrire des Obligations Remboursables en Actions (ORA) qui étaient réservées aux actionnaires ayant apporté leurs titres à l'offre initiale.
Les actions Eurotunnel ont été introduites en Bourse en 1987 à 35 francs, soit environ 5,3 euros, mais l'explosion du coût des travaux et des projections de revenus irréalistes ont vite eu raison de la solidité financière du projet. L'action reste sur un dernier cours coté de 0,37 euro le 21 mai.
La construction du tunnel sous la Manche s'est achevée en 1993 après six années de travaux.
Dans quelques mois, nous pourrons donc réinvestir en toute confiance dans la nouvelle société. Encore un grand merci, à tous les actionnaires minoritaires qui ont pris ce dossier à bras-le-corps et permis à bon nombre de petits porteurs de ne pas être ruiné une fois de plus.
Stéphane De Bona |