Pour qu’une démocratie en mérite effectivement le nom, elle doit avoir pour objectif de laisser des places importantes à la majorité, mais également à l’opposition. Cette dernière peut être construite sous différentes formes en fonction de la nature politique et culturelle du pays. En ce qui concerne la France, nous avons toujours été un pays qui a su se réformer ou imaginer son modèle de société à travers le respect du pluralisme de ses partis politiques. Nous allons voter Dimanche pour former une majorité de gouvernement à l’Assemblée Nationale, pour les cinq ans à venir, mais aujourd’hui, le mode de scrutin majoritaire à deux tours ne laisse plus d’espace pour la diversité des opinions politiques. Cette méthode élective amplifie l’influence des grands partis politiques, ce qui fait que notre Assemblée n’est pas à l’image de sa population et, elle crée ainsi une bipolarisation du paysage politique contraire aux souhaits des citoyens. Il serait donc important, pour notre démocratie, que l’on change de type de scrutin en lui donnant une dose d’environ 20 % de proportionnelle afin que la constitution d’un gouvernement majoritaire soit toujours possible mais, que toutes les tendances politiques soient représentées à l’Assemblée et qu’aucun citoyen n’ait le sentiment d’être écarté de la vie politique.
Une opposition constructive
Les partis politiques, lorsqu’ils sont dans l’opposition, ont tendance à être dans un jeu de blocage systématique de la majorité au pouvoir. Ce type de réaction est totalement stérile et ne permet pas aux citoyens de se forger une autre vision de la société ou de soutenir sans ambiguïté la majorité. L’opposition a donc le devoir de former un projet cohérent en montrant que des contre-propositions qui tranchent avec la politique du gouvernement sont envisageables. Cette nouvelle politique ne peut être mise en place que si les partis politiques qui ne sont pas au pouvoir ne s’endorment pas en attendant la prochaine élection avec l’espoir de la gagner. Cette méthode de travail demande un suivi régulier des dossiers de la nation par l’opposition, ainsi que la formation d’un gouvernement fantôme au sein de tous les partis politiques, afin d’être prêts en cas de pratique inattendue du pouvoir en cas d’élection anticipée. Une telle pratique aurait pour intérêt de raviver le débat dans les assemblées, avec des idées concrètes applicables et non farfelues par opposition systématique. On a vu dernièrement que les partis politiques de gauche n’avaient pas fait leur autocritique de la législature précédente et qu’ils entendaient revenir au pouvoir avec les mêmes méthodes et recettes alors que la société française a énormément changé en 5 ans.
Un centre fort
Le pluralisme politique doit être garanti par un centre fort, indépendant et libre de toute pression de droite comme de gauche. Le centre doit incarner la résistance aux excès des deux camps et aider à établir une politique de consensus susceptible de répondre à l’intérêt général. Il doit également veiller à faire régner la diversité des petits partis politiques en rappelant aux deux grands que ce qui fait la richesse intellectuelle d’un pays est la multitude de ses idées. Enfin il est positionné en arbitre. Le nouveau centre qui vient d’être créé par les soutiens de Nicolas Sarkozy n’a rien du centre, puisqu’il est attaché à une politique partisane de droite. On ne peut pas s’appeler centre lorsque l’on ne revendique pas son indépendance. Le centre réel ne peut être, dans notre pays, que celui du mouvement démocrate de François Bayrou. Ralliement de dernière heure ne vaut pas rassemblement car, pour être légitime, il faut que le projet porté par le parti du centre soit préparé bien avant les échéances électorales et non une espèce de saupoudrage d’idées centristes pour un camp ou un autre. Le jeune mouvement démocrate est le début d’une nouvelle génération politique qui va sans doute connaître une traversée du désert avant de trouver une oasis qui sera salvatrice pour toute la France. Il serait important que le mouvement démocrate puisse constituer un groupe dans la nouvelle Assemblée Nationale (pour former un groupe, il faut avoir un minimum de 20 députés élus d’une même famille politique, ou un rassemblement de 20 élus de familles différentes sur une même ligne politique). Ces législatives seront difficiles pour le MoDem, mais contrairement au Nouveau Centre, il ne disparaîtra pas à la fin de la législature lorsque les intérêts personnels se seront évanouis. Le MoDem est un mouvement de fond rassemblant les déçus des partis politiques traditionnels et de citoyens désirant faire de la politique autrement.
Stéphane De Bona
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".