Le Président de la République, Nicolas Sarkozy a demandé au peuple français d’aller de l’avant et de ne plus faire œuvre de repentance en ce qui concerne les zones d’ombres de notre histoire. Pourtant, mesure paradoxale : nos chères têtes blondes vont entendre dés la rentrée prochaine, la lettre d’adieu de Guy Môquet à ses parents et à ses amis. Il l’a écrite juste avant d’être fusillé lors de la seconde guerre mondiale. Son arrestation est due à la dissolution du parti communiste par le Régime de Vichy. Il fut fusillé en représailles après des attentats contre le Régime Nazi. Il fut sélectionné pour son appartenance aux Jeunesses Communistes et son soutien à la résistance. Voici une courte biographie du jeune homme et le document que nous allons bientôt retrouver dans les écoles de la République. On peut se demander si notre président ne fait pas de la récupération à tous les points de vue. Tout d’abord, il nomme des ministres de gauche qu’il pourra débarquer à tout moment de son gouvernement lors de la prochaine législature, lui permettant ainsi d’éviter de mettre en place une dose de proportionnelle pour ces mêmes élections. Enfin, il utilise cette lettre à des fins nationalistes pour flatter le peuple de gauche et lui expliquer qu’il est le seul, avec ses partenaires, à incarner l’esprit de résistance et que ses opposants, de gauche comme du centre, ne sont que des manipulateurs. Quel bel esprit de rénovation démocratique ! Nous avons à faire à un président et une droite qui veulent tout. Pour cela, ils divisent pour mieux régner et étouffent leur opposition dans l’œuf. Bref, tous les moyens sont bons.
Biographie de Guy Môquet
Guy Môquet était lycéen au lycée Carnot et fervent militant des jeunesses communistes. Pierre-Louis Basse le présente comme un « titi », volontiers gouailleur tout en ne dédaignant pas écrire des poèmes, plaisant aux filles et doué dans les disciplines sportives. Au sprint, son seul rival est Charles Éboué, fils de Félix Éboué.
L'arrestation de son père en octobre 1939 est un évènement marquant qui renforce son ardeur militante. Réfugié avec sa mère et son frère dans la Manche, il revient seul à Paris après l'arrestation de son père, où il milite clandestinement au sein des Jeunesses communistes. Il écrit une lettre au président de l'assemblée Édouard Herriot pour demander la libération de son père. Avec l'occupation de Paris par les Allemands et l'instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande ardeur militante pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique de son parti en été 1940.
Quelle est la teneur de ces tracts ? On y dénonce évidemment l'occupation étrangère mais c'est surtout la misère qui est épinglée : « Des magnats d'industrie (Schneider, De Wendel, Michelin, Mercier…), tous, qu'ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lutte, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays et l'ont contraint à subir l'occupation étrangère… De l'ouvrier de la zone, avenue de Saint-Ouen, à l'employé du quartier de l'Étoile, en passant par le fonctionnaire des Batignolles… les jeunes, les vieux, les veuves sont tous d'accord pour lutter contre la misère… ». Ils réclament également la libération des prisonniers communistes.
Guy est arrêté à 16 ans le 13 octobre 1940 au métro Gare de l'Est par des policiers français qui recherchent les militants communistes. Les policiers le passent à tabac pour qu'il révèle les noms des amis de son père. Emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, il est ensuite transféré malgré son acquittement au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), où étaient détenus d'autres militants communistes généralement arrêtés entre septembre 1939 et octobre 1940. Il est à la baraque 10, la baraque des jeunes où il se lie d'amitié avec Roger Sémat et Rino Scolari. Ce dernier, un peu plus âgé que lui deviendra un des responsables FFI au moment de la Libération de Paris.
Le 20 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de la Loire inférieure, est exécuté à Nantes par trois jeunes communistes. Le ministre de l'Intérieur du gouvernement de collaboration de Pétain, Pierre Pucheu, sélectionne des otages communistes « pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français » : 18 emprisonnés à Nantes, 27 à Châteaubriant et 5 Nantais emprisonnés à Paris.
Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dressés à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant. En trois groupes, les 27 otages s'y appuient, refusent qu'on leur bande les yeux et donnent leur vie en s'écriant « vive la France ! ». Guy Môquet est le plus jeune. Il a un évanouissement mais il est fusillé dans cet état. Il est abattu à 16h00. Avant d'être fusillé, il avait écrit une lettre à ses parents.
Stéphane De Bona
Document du FigaroLors d'une cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne, Nicolas Sarkozy a annoncé que sa "première décision" de président sera de faire lire chaque année dans tous les lycées la dernière lettre du jeune résistant Guy Môquet, fusillé à 17 ans en 1941. Lefigaro.fr vous en propose le contenu.
"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".