Le tour de France en fauteuil
Ces derniers jours, plusieurs initiatives mettent en avant des personnes handicapées. Ils veulent être les porte-parole d'une partie de la société que l'on ne reconnaît pas à sa juste valeur. Pourtant ces personnes font souvent un maximum pour se dépasser et être considéré comme égal à d'autres citoyens. Aujourd'hui c'est un jeune lorrain qui n'a pas perdu de l'extrême qui tente pour la première fois un tour de France en fauteuil roulant électrique. Il faut dire qu'il était déjà un sportif de l'extrême avant son accident. Par cette initiative, il voudrait que les pouvoirs publics prennent en compte l'idée que les difficultés, des personnes handicapées ne sont pas insurmontables. Pour lui comme pour moi, l'idée d'être mis à l'écart de la société sous prétexte de handicap est intolérable. Je pense que nous pourrions apporter énormément aux jeunes générations. Tous les matins, nous sommes obligés de nous dépasser pour avoir une vie quasi normale. Il nous faut pour cela, apprendre que l'existence n'est pas un long fleuve tranquille et acquérir le goût de l'effort. J'encourage toutes les personnes valides et handicapées à le soutenir dans son périple en le rejoignant lors de son passage dans votre vie. Cette aventure est une magnifique leçon de vie !
Dépêche AFP
Jonathan Mandala, 33 ans, ancien voltigeur paralysé après une chute, a fait étape samedi à Paris, après avoir parcouru près de 2.000 km en fauteuil roulant dans l'espoir de "changer le regard" sur le handicap et de sensibiliser l'opinion et les pouvoirs publics.
Le jeune homme s'est d'abord arrêté à Vincennes (Val-de-Marne), où il a parcouru les derniers mètres sous un ciel chargé et quelques gouttes de pluie, avant d'être chaleureusement accueilli par une vingtaine de personnes.
"Ca va, pas la pêche, mais ça va", a-t-il lancé à l'arrivée en masquant sa fatigue, visiblement ravi par son périple.
En fin d'après-midi, il a symboliquement remonté les Champs-Elysées au côté d'une cinquantaine de personnes, également en fauteuil roulant, a indiqué à l'AFP Roland Brou, l'un des accompagnateurs.
Parti le 20 mai de Creutzwald (Moselle), Jonathan Mandala a effectué son tour de France à une vitesse maximale de 10 km/h, accompagné d'une fourgonnette munie d'un gyrophare et d'un panneau "Convoi exceptionnel".
Un parcours en forme de coeur - 2.800 km au total - jalonné d'une trentaine d'étapes dont Grenoble, Toulouse, Poitiers, Montpellier, Tulle, Limoges, Lisieux ou Rouen.
Quatre bénévoles l'ont suivi dans son aventure.
En novembre 1998, voltigeur spécialisé dans la pose d'antennes et de câbles, le jeune homme avait fait une chute de 26 mètres alors qu'il descendait en rappel d'un pylône de téléphonie mobile.
Cet accident du travail l'a cloué dans un fauteuil roulant, après l'avoir plongé pendant 2 mois et demi dans le coma et l'avoir privé pendant deux ans de l'usage de la parole.
Restaurants, boutiques, guichets: lassé de ne pouvoir accéder à environ 70% des commerces de sa ville, le jeune homme lance il y a un an, d'abord sous forme de boutade, l'idée de ce tour de France. "Pour que la France bouge!" aime-t-il répéter.
Son but: sensibiliser l'opinion et les pouvoirs publics aux conditions de vie des handicapés.
Et d'évoquer cette soirée où il n'a pu accompagner ses amis au restaurant à cause de quelques marches. Ou ses difficultés pour soigner une rage de dents, peu après son accident, parce qu'aucun dentiste n'était accessible en fauteuil. "On se sent vraiment seul dans ces cas-là", lâche-t-il.
Ce tour de France vise aussi à faire évoluer le regard des autres, même s'il y a "déjà une prise de conscience" et améliorer la prise en charge du coût des fauteuils (environ 12.000 euros pour un fauteuil électrique), explique M. Mandala.
Reçu au ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité avant de remonter les Champs-Elysées, il a remis une pétition de quelque 5.000 signatures, a précisé M. Bour.
Egalement disponible sur son site internet (www.mkd.fr/tfj), le texte demande notamment "une meilleure accessibilité des bâtiments publics ou privés aux personnes à mobilité réduite", et "que l'on change de regard sur les gens +différents+".
Dans un communiqué, Xavier Bertrand, ministre du Travail, a précisé qu'il rencontrerait "personnellement Jonathan Mandala ainsi que des représentants de son association le 27 juin".
Prochaines étapes: Bobigny, Soissons, Reims, Châlon-en-Champagne, Verdun, Metz et encore quelques kilomètres avant la fin de l'aventure prévue le 24 juin à Creutzwald.
Stéphane De Bona
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