L'habitat est un sujet ethnologique
La maison et le premier lieu qui caractérise une personne. De ce fait, l'habitat donne un grand nombre de renseignements sur le mode de vie d'une communauté humaine. Le choix d'une maison peut être l'engagement de toute une vie. Lorsqu'un acquéreur devient propriétaire de son habitat, il peut alors le modifier à son goût, si les contraintes architecturales le lui permettent. La maison est avant tout une signature régionale. On ne vit pas pareil dans le sud de la France ou dans le nord. L'une donnera une grande place au foyer commun avec généralement une pièce à vivre et l'autre possédera habituellement un grand jardin, pourquoi pas avec piscine et sera ouverte vers l'extérieur. La maison est aussi confectionnée en fonction des matériaux que l'on trouve au niveau local. Elle devra résister aux intempéries et au changement climatologique par rapport au continent où elle est construite. En Afrique, elle pourra être confectionnée de terre et de chaux avec un toit de feuilles ou de paille pour protéger plus efficacement ses habitants contre la chaleur. Dans les pays nordiques au contraire on privilégiera la brique ou la pierre pour leur caractère robuste qui permettra d'intégrer une cheminée ou d'autre mode de chauffage protégeant ainsi la maison des risques d'incendie. Quoi qu'il en soit, la maison est le reflet de ses habitants et elle les engage généralement pour toute une vie.
La maison reflet de ses habitants
Souvent, lorsque nous passons le pas de la porte d'une maison nous ressentons le climat qu'il y règne. Si votre logement est seulement votre lieu de couchage, on n'y trouvera guère d'objets personnels. Si au contraire, vous aimez y vivre, les bibelots, symbole religieux, et autres souvenirs d'enfance où vous rappelant des moments heureux de votre existence siégeront clairement dans tout votre logement. De même une maison où l'on vit agréablement gardera toujours une place pour un ami inattendu. Autrefois même, un couvert supplémentaire été placé à table à fin d'accueillir de la meilleure des façons une personne déshéritée ou cherchant un toit. Aujourd'hui, notre société individualiste a fait de nos chaumières des cités dortoirs. Nous ouvrons seulement nos portes, à des êtres connus que nous avons invités de longue date. Chacun d'entre nous, a fait de son logement à lieu de protection et de repli. Le summum de l'individualité apparaît souvent en situation de crise. Un couple en situation de divorce laisse apparaître les enjeux de leur vie commune par l'habitat. Lequel d'entre eux gardera-t-il au foyer ? Peu de temps, avant une procédure de divorce les amis se feront plus rares, comme s'il se sentait que quelque chose ne tourne plus rond dans cette maison. Ou peut-être est-ce le moyen de faire savoir à ses occupants qu'il faut qu'ils se remettent en question ? Enfin le lieu et l'environnement de la maison, nous montre le style de vie de ses occupants et leur aspiration pour l'avenir.
Le style de vie et l'environnement
Une maison urbaine ou rurale telle est la question ? La maison urbaine sera certainement choisie par les esprits matérialistes et redoutant l'absence d'autres êtres humains. Les ruraux, eux se feront très bien aux grands espaces et à l'absence de magasins à moins de 20 km à la ronde. Pour eux, l'essentiel se trouvera dans la pureté et les bienfaits que la nature leur apporte. Certes ils n'ont pas choisi de vivre en ermite comme certains urbains le leur reprochent quelquefois, mais plutôt la tranquillité, le partage et l'éloignement du stress provoqué par les grands ensembles ainsi que par la circulation. Ils préféreront grandement être entourés d'un ami, d'animaux ou d’un passant qui égayera leur journée par une anecdote ou un fait de société qu'il a connue dans sa grande jungle urbaine. Pour Rousseau, l'habitant rural serait moins perverti que l'urbain. La citation « l'homme est bon c'est la société qui le pervertit » trouve plus facilement un écho dans notre jungle urbaine du XXIe siècle qu'au XVIIIe siècle où il a vécu. En bref, la maison peut décrire un lieu de vie, un style ou une époque. Elle est l'image inconsciente de la citoyenneté de ses habitants. Espérons que le contenu des difficultés climatiques qui nous attendent, les citoyens réhabilitent leur maison comme lieu de vie et pas seulement comme lieu d'existence. Le choix de sa maison est aussi un choix de société.
Stéphane De Bona
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".