Des rêves plein la tête
« On n'est pas sérieux quand on a 17 ans », cette phrase a été prononcée par un auteur bien plus connu que moi, mais j'ajouterais pour la compléter « oui mais tout l'espoir et l'espérance reste devant nous ».Tant que nous pouvons garder nos rêves à portée de main tout est possible. À cet âge, comme beaucoup d'adolescents j'ai connu mon premier chagrin d'amour. À cette époque, j’ai même envisagé le suicide. Heureusement, cette douleur m'a permis de rebondir. Je me suis mis dans la tête de connaître la réussite et le bonheur grâce à mes études. J'ai alors voulu démontrer que tout était possible grâce au courage et à la persévérance. Aujourd'hui 15 ans après, mes espoirs ont presque pratiquement tous disparu. Je vis aujourd'hui dans « un entre-deux ». Je n'appartiens plus totalement au monde du handicap, mais je ne suis pas non plus totalement intégré au monde des valides. Mes connaissances qui devaient être l'occasion de me faire reconnaître pour obtenir un emploi et me permettrait de fonder une famille afin de me fondre dans la masse deviennent un nouvel obstacle.
Elles dressent de nouvelles barrières sur mon chemin. Je sais maintenant que je n'ai aucune chance d'améliorer le sort de l'humanité, ce qui était pour moi mon but ultime. À 32 ans, je pourrais presque tirer un constat d'échec concernant mes rêves et mes espoirs.
Insertion et autonomie
Pourtant il y a quelques jours, j'ai reçu un e-mail d'une famille me demandant conseil pour la continuité de la scolarité de leur enfant handicapé. Je me permettrai simplement de leur dire qu'ils doivent suivre le désir et la volonté la plus profonde de leur enfant. Un placement en centre de rééducation où la continuité d'une scolarité en milieu ordinaire peut déterminer en grande partie la suite de la vie de ce jeune garçon. Certes, les capacités intellectuelles et les connaissances sont importantes, mais il ne faut pas prendre à la légère les besoins corporels de chaque individu qui détermineront dans sa vie future. L'autonomie est peut-être pour nous, un des axes essentiels à ne pas négliger durant notre plus jeune âge. Être autonome lui permettra de créer plus de lien social que d'avoir un niveau de connaissances élevées qui ne pourra exploiter que si il est un entrepreneur reconnu avec une endurance physique suffisante pour tenir un poste à responsabilités. Je pense qu'aujourd'hui les conditions du marché de l'emploi ne permettent pas aux personnes handicapées d'envisager une carrière pleine et entière. La question de la scolarité pour les personnes en situation de handicap ne doit être envisagée que comme une vision à plus long terme. Aujourd'hui, le gouvernement préfère sans doute nous donner une allocation adulte handicapé à vie plutôt que d'aménager des postes intéressants que nous pourrions tenir. Aujourd'hui, les personnes handicapées et leurs familles devraient sans doute se battre pour que des postes à temps partielles leur soient réservées afin que ce type d'emplois ne soit plus subis par la majorité des salariés, mais choisi. En conclusion, je dirais que la scolarité des personnes handicapées qui est déjà un parcours du combattant deviendra peu à peu un sujet d'arrière gardent. Nous devons aujourd'hui nous battre pour faire reconnaître un droit à l'emploi de ces personnes en situation de handicap qui peu à peu connaisse une nouvelle forme d'exclusion. La souffrance, après avoir été physique redevient morale. C'est peut-être le pire qu'un être humain peut connaître dans sa vie. Nous devons pour cela éviter le plus possible l'isolement.
Stéphane De Bona
david HOFF écrit le mardi 19 février 2008, A 12:29
Le probléme que tu évoques je le connais pour avoir travaillé avec des personnes handicapées, j'ai de nombreux amis qui le sont. Tu parles du monde du handicap et en ça je te rejoins ( c'est l'objet de ma thèse) . Le handicap est instrumentalisé par le politique de la même manière que la reltgion ou l'ethnie. Dans une société morcellée et divisée il existe une " communauté du handicap". Je ne t'apprendrai rien à ce sujet je pense. Ce n'est pas à toi de t'intégrer au monde des valides, mais au monde des valides ( qui réunit des personnes ayant d'autres handicaps quand on y réflechit bien et qu'on conçoit le handicap comme social ) de t'accepter , mieux de ne pas avoir à le faire mais de te considérer comme naturellement comme " normal " . Tu avoues ton pessisisme, mais si des gens comme moi totalement étrangers il y a encore cinq ans au monde du handicap ont compris les enjeux et les valeurs que porte ce monde du handicap, alors tout nous reste possible. Ton erreur a peut être été de vouloir changer seul les choses, mais peu le peuvent, et ceux ci ne sont pas toujours les mieux intentionnés.
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".