| dimanche 04 novembre 2007, a 17:23 |
| AUTOCRITIQUE d’une dissertation mal notée |
J’ai décidé aujourd’hui de reprendre une des dissertations que j’avais composé en licence de philosophie pour tenté d’y apporter une autocritique ; il n’est pas question de réécrire le devoir mais de revoir certaines choses, d’expliquer pourquoi je ne suis pas d’accord avec les observations du correcteur. Loin de moi l’idée de remettre en doute le professionnalisme de (ici) la correctrice, mais simplement parce que la notation d’un devoir de philo relève de l’appréciation subjective, parce qu’être noté 5, 10 ou 15 n’a aucune importance : Que le sujet soit compris et traité correctement c’est cela l’essentiel, le reste importe peu.
« qu’est-ce-qu’un homme seul ? » ; pour débuter le devoir fallait-il se demander « qu’est-ce-que l’homme » en allant chercher dans la 4e des questions fondamentales de Kant ou alors compléter ses recherches avec « qu’est-ce-que la solitude ? » ; « l’homme est-il seul face a lui-même ? seul parmi les autres ? ». J’ai introduit mon devoir de la façon suivante, à savoir concevoir l’homme comme un étant qui se découvre et se réalise dans la relation avec autrui et qu’en est-il de sa relation avec lui-même ? Y a-t-il des interactions entre l’âme et la conscience ?
Je parle ensuite de ses caractéristiques les plus significatives (sociabilité, intelligence, langage). Faisant référence à Aristote, j’évoque les règles établis dans la Polis. L’homme se réalise comme sujet lorsqu’il devient conscience de soi, il est faible face à la mort… J’utilise ensuite de belles formules qui font mouche tels que « se penser soi-même, c’est penser le monde »ou encore en reprenant Sartre « qui me dit que je suis, sinon l’autre » etc
La correctrice note que mon devoir est raté, décousu et que j’écris sur un ton quasi-prophétique ! Il est vrai que j’ai abusé de formules détournées, de facilitées poétiques qui n’avaient pas leur place ici.
Terminant mon devoir je note que dans la solitude il peut y avoir l’idée de Néant.
Je ne tiens pas à en faire mon cheval de bataille mais ce texte méritait un peu plus d’attention à la lecture quant à la compréhension des choses. J’ai été mal noté !
Franck SCHWEITZER
Une réponse pour dédouaner la correctrice
Cette autocritique peut être également la base d'une explication de la notation en philosophie. Ce que je reprocherais pour ma part à mon camarade philosophe, c'est de ne pas se rappeler que la dissertation ne doit pas faire appel à un empilement de concept cherchant à prouver que la position du rédacteur est la meilleure. Un devoir en philosophie doit être construit à base d'arguments enchaînés dans un ordre logique. Le correcteur doit d'abord noter cette aptitude. Les idées et les concepts ne sont pris en compte que dans un second temps. Pour aller vite, on peut résumer schématiquement la notation en philosophie par cette formule : mathématiques+idées= philosophie. Voilà qui pourra rassurer les élèves de terminale qui se font un monde de leurs notes en philosophie. Ils trouvent souvent cette matière inutile et subjective.
Stéphane De Bona
|
|