Muscat avait 12 ans il s'est éteint le 1er août 2008, c'est un nouveau traumatisme pour toute la famille et c'est un peu de notre passé familial qui s'en va.
Il n'est plus là….
« Muscat est mort.
Depuis sont arrivée, il était associé à la quotidienne. On l'avait vu grandir, on avait soigné ses bobos, toléré ses incartades, sacrifié parfois notre commodité pour son confort. Il était toujours là pour nous accueillir, jappant et frétillant de joie, ses yeux ambres levés vers nous, emplis d'affection et de reconnaissance. Il avait ses habitudes, qu'il avait calquées sur les nôtres, à moins que ce soit l'inverse... Le matin au réveil, il quêtait les premières caresses et la première sortie. Le soir, à la lampe, couché à nos pieds, il apportait la présence muette de la confiance et de la tranquillité.
Le chien est mort et il laisse un grand vide. La maison n'est plus la même, le jardin est désert.
La solitude se fait plus lourde et on a le cœur gros. Parfois, avec certaines personnes, on n'ose le dire, parce qu'il ne s'agit « que » d'un chien...
En écrivant ces lignes, je pense à toutes celles et tous ceux qui ont eu un jour à assumer la mort de leur animal familier, qu'il soit chien, chat, oiseau, lapin, Furet...
Il l'aimait parce qu'il savait pouvoir compter sur l'exclusivité de son attachement et sur le désintéressement total de son affection. Ils ont pleuré sa mort, parfois en secret, mais quand on devient plus seul et qu'on sent grandir autour de soi la différence, on a besoin d'un confident muet, d'un être qui dépend de notre amour et dont la vie est liée à la nôtre, sans calcul.
Au regard des catastrophes qui émeuvent le monde et soulèvent des élans justifiés de compassion et de solidarité, qu'est-ce donc que la mort d'un chien ? Bien peu de choses et pourtant, avec lui, c'est un peu de notre vie qui s'en est allée.
Cela vaut bien, sans retenue, une larme et une prière pour que le chien repose en paix. »
D'après un poème de Pierre Blanc |