(de fin XVIIe au début XVIIIe siècle)
Le siècle des Lumières correspond fondamentalement au XVIIIe siècle en Europe, même si son début est considéré comme partant de la révolution anglaise de 1688. Le mouvement se développa dans une grande partie de l'Europe, surtout l'Europe du nord et la France, ainsi que les États-Unis. La philosophie des Lumières désigne le mouvement intellectuel autour d'idées telles que le renouvellement de l'éthique, d'esthétique. L'ensemble doit être rapproché des révolutions américaine et française, de la montée du capitalisme. Artistiquement, il correspond à la période néo-classique. On parle aussi des Lumières pour désigner les intellectuels, écrivains, philosophes emblématiques de ce mouvement de pensée.
Dès le XVIe siècle, Montaigne faisait déjà preuve de scepticisme. D'un point de vue épistémologique, le scepticisme prit une forme plus extrême chez Descartes. Le mouvement des Lumières s'est en effet trouvé être, dans une grande part, un prolongement des découvertes de Copernic au XVIe siècle, peu diffusées sur le moment, puis surtout des théories de Galilée (1564-1642). La prise de conscience que la Terre tournait autour du soleil (héliocentrisme) et non l'inverse (géocentrisme) remettait en cause bon nombre d'idées reçues : non seulement, les universités et les écoles, alors sous l'autorité de l'Église, se montraient peu disposées à comprendre les nouveaux développements des sciences, mais encore ces changements remettaient en cause certains passages de la Bible et la théorie de la force motrice qui provenait d'Aristote. Les développements des sciences mathématiques, physiques et de la médecine bousculaient ainsi l'organisation du savoir dans les universités. On appela ce changement la révolution copernicienne. Il se manifesta par une quête continuelle sur la nature du « savoir », qui avait commencé avec des scientifiques et des philosophes antérieurs à Galilée.
Les Lumières se basent sur la croyance en un monde rationnel, ordonné et compréhensible, exigeant de l'homme l'établissement d'une connaissance également rationnelle et organisée. Cela commence par l'idée que les lois gouvernent aussi bien les cieux que les affaires humaines, et que la loi est ce qui donne au Prince son pouvoir, non pas l'inverse. La conception de la loi comme une relation réciproque entre les hommes, plutôt qu'entre les familles ou des groupes, devint de plus en plus remarquable, accompagnée du soucis de la liberté individuelle comme réalité imprescriptible - le seul droit tiré de Dieu. Le mouvement des Lumières créa ou réinventa donc les idées de Liberté, propriété et rationalité, telles qu'on les connaît toujours aujourd'hui dans la première philosophie politique : l'idée et le désir d'être un individu libre, liberté d'autant plus garantie que l'État assure la stabilité des lois.
l'Encyclopédie : Un second changement important dans le mouvement des Lumières par rapport au siècle précédent, trouve son origine en France, avec les Encyclopédistes. Ce mouvement intellectuel prend comme fondement l'idée qu'il existe une architecture scientifique et morale du savoir, une structure prévalente et ordonnée, et que sa réalisation est un moyen de libération de l'homme. Le philosophe Denis Diderot et le mathématicien D'Alembert publient en 1751 l'Encyclopédie, dictionnaire raisonné des arts et des sciences. La diffusion du savoir ne fut pas le seul fait des encyclopédistes : le processus de diffusion des idées nouvelles se trouva amplifié par le "progrès" des techniques de diffusion de l'information : on passa du livre et à la presse.
L'écho des Lumières : Mouvement intellectuel caractéristique du siècle, les Lumières ont évidemment influencé l'art de leur temps. Rousseau notamment, cherche le beau et le bon éternel. Plus le siècle s'avance, plus la littérature et l'art répudient la gratuité des formes, la légèreté, regardées comme aristocratiques et mondaines, pour aller vers le sérieux, l'authentique et le naturel, bien sûr; bref, vers ce qui est conforme à la morale utilitaire du public bourgeois. D'où le goût croissant pour le néoclassicisme, qui met en avant l'antique, non pas l'antique allégorique de l'époque classique mais un antique historique plus sobre, à la façon du peintre David. Malgré leur volonté militante, les Lumières n'ont touché que les élites, même élargies aux fractions montantes des bourgeoisies. Les Lumières ont de façon révolutionnaire des changements radicaux :
Franck Schweitzer
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