Accueil de Jean Peyrelevade
Lundi 9 février 2009, nous avons eu la joie d'accueillir Jean Peyrelevade, vice-président du Mouvement Démocrate à Metz. Il a sévèrement critiqué le plan de relance du gouvernement et la politique budgétaire de la France. Il a expliqué qu'aujourd'hui, les erreurs économiques préconisées par Nicolas Sarkozy sont limitées par l'Euro et que, sans la monnaie unique et le pacte de stabilité, la France serait en grande difficulté, voire en faillite. Plutôt que de développer le marché de l'emploi, Nicolas Sarkozy le comprime en finançant doublement le patronat. Il paye pour la mise en place des 35 heures et finance ensuite des heures supplémentaires qui incitent le patronat à réduire son nombre d'intérimaires et d'embauche. Notre président est donc dans l'erreur et augmente les méfaits de la crise mondiale. Contrairement à François Mitterrand, qui a fini par écouter son équipe économique, Nicolas Sarkozy ne veut recevoir de conseils de personne. En bref, notre pays est donc protégé de quelques dérives dictatoriales par son appartenance à l'Union Européenne. Aujourd'hui, plus que jamais, nous avons besoin d'Europe. Elle garantit nos libertés individuelles et notre développement futur. Après cette excellente conférence, j'ai pu m'entretenir avec Jean Peyrelevade qui pense que l'esquisse d'une reprise économique verra le jour fin 2009. Personnellement, je le trouve très optimiste, mais espérons qu'il ne se trompe pas !
Stéphane De Bona
Le Républicain Lorrain
Les 1 000 chantiers de François Fillon présentés hier à Lyon dans le cadre du plan de relance de 26 milliards du gouvernement dont 11 milliards destinés à soutenir la trésorerie des entreprises n'y ont rien fait. « Je serais satisfait s'il y avait vraiment onze milliards pour l'investissement », affirme Jean Peyrelevade précisant qu'il serait «plus sérieux de parler de quatre ou cinq milliards d'euros ». «Le plan de relance du gouvernement est insuffisant et médiocre à cause de finances publiques dégradées. »
Invité hier soir à l'Hôtel de Ville de Metz par le Forum-IRTS de Lorraine à l'occasion de son livre réquisitoire Sarkozy : l'erreur historique paru en août 2008, l'ancien PDG du Crédit Lyonnais a estimé que «ces onze milliards étaient juste un décalage de paiement aux entreprises ». «Quatre milliards sont inscrits au budget de l'Etat. Quatre milliards sont injectés dans les grandes entreprises publiques, mais qui va contrôler ? Quant aux 2,5 milliards prévus pour les collectivités locales, c'est une somme sur laquelle l'Etat n'a pas de pouvoir et les finances des collectivités sont en difficulté », a-t-il expliqué, affirmant que ce plan de relance générerait au mieux «0,3 ou 0,4 point de croissance en plus» et non 1,3 point comme l'annonce le Premier ministre.
Engagé auprès de François Bayrou et du Modem depuis la présidentielle, l'économiste ne semble pas plus réceptif au contre-plan de relance du PS qu'il juge « un peu démagogique ». «C'est un plan de relance politique de Madame Aubry », assure-t-il. « Dans les circonstances actuelles, il y a certes un effort à faire par rapport à tous ces gens qui perdent leur emploi mais je ne crois pas à une relance par la consommation. Quand on augmente le déficit public, cela profite à l'épargne. » Au moins une idée qu'il partage avec François Fillon… « Ce qui est paradoxal aujourd'hui où le chômage augmente, c'est de dépenser de l'argent public pour subventionner les heures supplémentaires », poursuit le trublion qui persiste et signe : « Si on supprimait ce dispositif, on gagnerait cinq milliards d'euros supplémentaires pour investir.»
Gaël CALVEZ. |