Il y a un peu
plus de 10 ans (en 1997), on ne savait pas quel impact aurait le développement
des réseaux de communication.
Biographie de Marshall Mc Luhan
Marshall Mc
Luhan (1911-1980), c'est une double formation, en ingénierie et en littérature
moderne, qui oriente les recherches de cet universitaire canadien. Il est en
effet à l'origine d'une nouvelle théorie de la communication qu'il développe
dans des essais brillants et au large retentissement : La Galaxie Gutenberg (1962), Message et massage (1964), ou D'œil à oreille (1977). L'auteur
réfléchit sur la notion de medium, conçu comme extension de l'homme et
prolongement de ses sens ; medium dont il fait le déterminant exclusif de
l'évolution socioculturelle de l'humanité. Ainsi, au règne primitif de l'ouïe
succède la « galaxie Gutenberg » qui promeut l'information visuelle
et parcellisée, elle-même remplacée par la « galaxie Marconi », ère
de l'électronique, du message simplifié mais global, qui réunit et réconcilie
les hommes au sein d'une même « tribu mondiale ».
Le privilège de l'information
En se
développant, corrélativement à l'extension et à la connexion des réseaux de
toutes natures, la formation est devenue de plus en plus affaire de
communication ; et les luttes concurrentielles que se livrent les grands
groupes mondiaux portent moins désormais sur le contrôle des contenus que sur
celui des contenants : les savoirs s'effacent derrière des contacts, d'une
espèce nouvelle auxquelles on aurait en effet ôté la dimension tactile,
charnelle, humaine par la dissolution des corps de ces êtres communicants qui,
bien loin encore de constituer la communauté planétaire envisagée (rêvée ?)
par Mc Luhan, ne forment tout au plus, pour l'heure est schématiquement une
confrérie très réduite d'hommes, blancs, noirs, jaunes, habitants des pays très
développés qui jusque-là, était doté d'un haut niveau d'éducation et de revenu.
La démocratisation des technologies de l'information, s'est souvent faite au
détriment des plus pauvres. Pour faire jeu égal avec les pays développés, le
tiers-monde ou le quart-monde a souvent recours à des privations alimentaires
pour faire pénétrer ces nouvelles technologies dans leur espace économique.
Les
populations ont manifestement compris que l'information ne peut plus être
pervertie par les gouvernements, grâce au développement des technologies de
l'information. Tout à chacun peut s'improviser reporters d'un jour. Le pouvoir
n'a donc plus la maîtrise de l'information, s'il le désire, il doit donc
s'ériger en nouveau dictateur et être censeur. Les politiques doivent être des
experts en communication, pour espérer l'emporter. Nous vivons aujourd'hui, un
tournant démocratique. Les vieux appareils politiques n'ont encore pas compris
qu'ils font leur campagne sur de vieux schémas dépassés. La bipolarisation de
la vie politique ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir. On pourrait
reprendre, un article d'août 1997, paru dans le Monde diplomatique : « Qu'on ne s'y trompe pas : les critiques
globales de la société informationnelle et d'Internet en particulier ne sont
pas seulement les manifestations de défense d'une élite attachée à ses pouvoirs
de contrôle. Il s'agit d'une critique de fond sur la relation entre l'individu
et l'espace temps cybernétique. Les termes employés dans ses critiques sont
révélateurs d'une prise de conscience liée à l'émergence de nouvelles
contraintes géographiques et temporelles. Sociologues et philosophes ont raison
de dénoncer les risques de catastrophes liées à un temps réel mal maîtrisé (Paul
Virilio) ; et de mettre en avant la nécessaire motivation par l'éducation d'un
public supposé capable de réagir massivement à l'offre alléchante des nouvelles
technologies de la communication (Philippe Breton). De telles critiques
constructives traduisent la nécessité de restituer l'homme dans un contexte
souvent occulté par les avancées technologiques. Mais elles peuvent aussi
masquer le débat en renforçant l'opposition stérile entre les prosélytes et les
pourfendeurs de la société informationnelle ».
Joël de Rosnay
Les démocrates comme pionnier
En 2009, ce
débat n'est pas entièrement dépassé ! Les technologies de l'information ont
fait massivement leur entrée dans les foyers français, tout comme la télévision
en son temps. La fracture numérique tend à se résorber. Si tous les foyers
français ne possèdent pas un ordinateur, ils ont au moins un téléphone
portable. Un support peut donc les informer en temps réel de ce qui se passe
dans le monde. Le privilège de l'information n'appartient plus pouvoir.
L'épisode du fichier Edwige a sonné cet été, comme une réappropriation de ce
privilège par un pouvoir qui a déjà mis au pas une presse issue de l'ancien
temps. Il n'a toujours pas, pris en considération, et c'est heureux ou
malheureux, qu'on soit dans la majorité ou l'opposition les changements
géopolitiques et d'espace temps. Là encore, on peut le remarquer avec la
gestion de la crise financière et économique qui risquerait de dégénérer en
conflit social, si l'État joue la montre et également le pourrissement de la
situation aux Antilles françaises.
Une fois
encore, les démocrates ont bien compris que les nouvelles technologies ne sont
pas, l'ennemi du pouvoir, mais qu'elles peuvent contribuer à une meilleure
information du public et participer à l'éducation des générations futures. Elle
contribue aussi, à ce que nos vieilles nations ne sombrent pas dans le
protectionnisme souvent synonyme de nationalisme qui a mené à la guerre au
siècle dernier. Grâce à ces outils de communication, nous pouvons créer une
saine émulation des idées entre pays européens, pour sortir de cette phase
difficile. Si notre pouvoir n'était pas si sectaire et orgueilleux, la
présidence française de l'union européenne qui a déjà été une réussite aurait
pu négocier un plan de relance concertée. Les erreurs en matière économique que
nous accumulons vont sans doute bientôt nous valoir un rappel à l'ordre de nos
partenaires européens. Il nous sera présenté, comme un effet de l'union venant
de Bruxelles, alors que celle-ci, nous évitera sans doute la banqueroute en
2025. Plutôt que de réformer utilement nos régimes sociaux, Nicolas Sarkozy,
nous expliquera qu'il doit les démanteler pour éviter les sanctions. Pourtant,
nos amis allemands et danois ont réussi à les préserver en partant d'une
situation équivalente à la nôtre en 1997.
Pour en
terminer et démonter à nouveau notre modernité, on peut signaler que c'est
aujourd'hui, que le Mouvement Démocrate (MoDem) lance son réseau Média Social qui sera une émulation humaniste : http://www.lesdemocrates.fr
En conclusion,
on peut dire que les nouvelles technologies de l'information augmentent nos
libertés, elles exigent du citoyen un esprit critique et demandent une
éducation de la jeunesse sur ses dangers.
Stéphane De
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