Un bac compta et une licence de philo en poche je ne suis
pourtant ni aide-comptable ni professeur du secondaire mais serveur et
réceptionniste en hôtellerie/restauration ; alors pourquoi tout ce parcours
pour « rien » au final ? je ne souhaite pas ici parler que de
mon cas mais de la situation dans laquelle se retrouve malheureusement bon
nombres de jeunes diplômés. Faire des études de nos jours avec tout ce que cela
implique comme effort de travail, d'argent, de concessions et d'implication
personnelle. Ajouter à cela les éloges des professeurs sur les formidables
débouchés qu'offrent les sciences humaines, nombreux et enrichissants dans tout
les secteurs d'activités… je suis vite redescendu sur Terre.
A chaque fois que vous vous présentez à un entretien
d'embauche, on vous fait ressentir (au mieux) que votre parcours est soit
bancal, soit surprenant, ou encore incohérent. A votre décharge, vous pouvez
toujours expliquer la parfaite équation qui existe entre la rigueur
administrative dont vous êtes capable et l'ouverture d'esprit face à complexité
de l'homme dans la société : c'est suffisant pour convaincre non ?
Pourquoi le « plan comptable général » ne côtoierait pas « la
transcendance de l'ego » ?
A la vérité, la réalité des choses est tout à fait
différente et de ressort politique. Il est du fait du désengagement de l'Etat
dans le domaine des sciences humaines notamment. D'ores et déjà on encence plus
facilement -avec davantage de moyens- les filières mécaniques, techniques,
scientifiques des grandes écoles ; alors que la
Socio-Philo-Ethno-Psycho-Théologie ; les Arts Plastiques,
l'Histoire/Géographie et les Lettres se voient lésés aux profit de ces
disciplines « plus en amont avec les besoins économiques actuels »
diront certains, parce qu'elles débouchent sur un métier réel ! tout çà
pourquoi ? Le profit immédiat.
Au travers de l'ultra-libéralisme, le Nouvel Ordre Mondial
(NOM) pointe son nez et il y a de quoi s'inquiéter car notre avenir dans cette
société divisée n'a jamais autant été sur le devant de la scène.
Malheureusement tout cela cache quelque chose de bien plus
sournois ; la haine et le mépris de l'intellectuel. Nicolas 1er
entend étouffer dans l'œuf ce qui lui fait le plus peur : le Savoir. Parce
qu'un peuple qui sait est un peuple qui peut ! parce que réfléchir c'est
désobéir, il est grand temps de tous se rassembler pour lutter contre cette
nouvelle forme de dictature : et dans la monarchie française de ce XXIe
siècle une révolution culturelle et sociale est en marche…
Loin de tout idéal politique, j'en reviens à mon parcours
en dents de scie. Je suis fier de celui-ci, de la philosophie je n'ai jamais
souhaité en faire un métier mais uniquement élargir mes lectures et accroître
un plus grande connaissance des choses et des hommes. J'en ai pris goût c'est
vrai, et si ce blog existe aujourd'hui c'est peut-être aussi pour des raisons
personnelles bien précises.
J'aime beaucoup le contact avec la clientèle, répondre à
leur besoin, préparer une table, faire que tout soit niquel dans un temps
imparti… ce sont des détails mais qui ont leur importance.
J'ai longtemps cru qu'il fallait s'expliquer sur les
raisons de mes choix ; en fait c'est inutile, à quoi bon contenter les
idiots qui ne veulent rien comprendre, pour ces gens-là un diplôme = un métier.
Eh bien non désolé, je vis passionnément et librement : çà vous
dérange ?
Franck SCHWEITZER |