Partie II
Le lycée ; devenir lycéen c'est devenir adulte. Le lieu de toutes les rencontres dont les résultats dessineront le profil professionnel des premières années actives mais pas à n'importe quel prix ; en effet je pense encore que de nos jours le corps professoral fait l'impasse sur l'information et l'orientation. Le lycéen qui ne poursuivera pas d'études supérieurs se retrouve sur le marché du travail sans aucune préparation d'aucune sorte, jamais on l'aura informé sur des sujets tabous tels que son inscription sur les listes du pôle emploi, le peu de chances qu'il trouve un travail avec juste son baccalauréat, le fossé grandissant qui existe entre son diplôme et la réalité du marché, les astuces et les techniques à aquérir lors d'un entretien d'embauche. Il conviendrai de le sensibiliser dès la seconde aux problèmes de la vie active (les formations, les concours), l'encourager à faire de longues études et non pas le conforter dans l'idée d'un BTS ou d'un apprentissage, très tendance dans les CIO depuis toujours… le discours des conseillers d'éducations n'a quasiment pas évolué en dix ans, j'ai toujours considéré et considère toujours que ces gens-là ne servent à rien si ce n'est qu'à débiter le même blabla de manière feutré et polissé qui ne résoud pas les problèmes au quotidien, même si ce discours motive (c'est son seul rôle) sur le moment, il ne reste qu'amertume et frustration chez les jeunes une fois les épreuves du bac terminées…
La réforme du lycée est une bonne chose en soi. Le constat et les propositions faites par l'actuel gouvernement me semble raisonnable, même si les solutions proposées sont à double tranchant, il met en lumière le problème du temps d'adaptation et du léger traumatisme même si le mot est trop fort lorsque le collégien devient lycéen, nombres de choses changent, il devient jeune adulte, le professeur s'adresse à lui en disant « vous », il y a plus d'indépendance dans le travail, etc. Dans le projet du gouvernement il est notamment question de faciliter la transition entre la 3e et la seconde ainsi que l'autonomie de l'élève dans ses choix scolaires et pré-professionnels. L'exemple le plus frappant qui créa la polémique en son temps sont les épreuves du Baccalauréat de façon continue comme les partiels à l'Université : sans doute la proposition la plus audacieuse et intéressante depuis fort longtemps !
Concrètement en ce qui me concerne voilà pile 10 ANS que j'ai eu mon Baccalauréat (1999-2009) et j'ai pu observer de loin l'évolution des choses, la nouvelle génération qui ne jurent que par le web. A les entendre, ils savent dejà tout ce qu'il y a à savoir, un cours complet d'une discipline peut être aujourd'hui téléchargé gratuitement ou de façon payante sur internet, on est en droit de se poser des questions : Le professeur a-t-il encore sa place dans l'école du XXIe siècle ? Son savoir sert-il encore une cause ? nous vivons dans un monde où l'homme aime détruire son prochain parce qu'il est trop talentueux, trop riche, trop chanceux… j'ai déjà eu l'occasion de le dire dans un précédent texte, le savoir fait peur et lorsqu'on a peur on devient aggressif et l'on cherche à avoir ce que l'autre possède ou pire à le neutraliser. Il en est de même concernant les réformes que l'on veut instaurer dans le secondaire et qui alimente l'actualité en France depuis quelques temps ;
Le message du ministère de l'éducation nationale est insidueusement teinté de manipulation dont les masses populaires sont principalement visées. En soufflant à demi-mots que les filières S et ES ont davantage de chances d'aboutir que la filière L, il discrédite volontairement et non sans cynisme cette dernière aux yeux des parents d'élèves qui, bien sur vont rapidement être convaincus d'inscrire leur rejeton dans les écoles du mérite ! Si ce noir dessein que le gouvernement se réalise d'ici quelques années, les Littéraires et les Sciences Humaines seront affaiblies à ce point qu'ils disparaîtront d'eux-mêmes.
En 2012 le nouveau Baccalauréat sera en place, attendons d'en voir ce qui l'en résulte, il est toujours temps de faire bouger les choses.
Franck Schweitzer.
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