| mercredi 30 août 2006, a 20:47 |
| La France doit réorienter son éducation et sa recherche ! |
 Depuis 1968, les différents gouvernements de la France n’ont fait qu’augmenter le temps de vie scolaire tout en coupant progressivement les étudiants du monde de l’emploi. Notre recherche fondamentale est peut-être l’une des meilleurs d’Europe, mais faute d’application et de structure dédiée aux investisseurs en capital risque, la plupart de nos innovations sont brevetées à l’étranger. La recherche appliquée est considérée en France comme inutile alors que les pays émergents mettent la majorité de leurs fonds dans les branches nouvelles de l’économie. Ils souhaitent donner naissance aux champions du futur et n’ont pas peur de tester des prototypes encore inconnus du grand public pour imaginer les marchés de demain. Les grands groupes industriels français se sont dotés d’un fond de réserve destiné à la recherche et au développement lors de l’explosion des nouveaux marchés de l’électronique et de la bulle Internet entre 1995 et 2000. Les premiers échecs de ces start-up innovantes ont amené les grands patrons des sociétés Françaises à faire marche arrière alors qu’aux Etats-Unis la Silicon-Valley est aujourd’hui le poumon de la croissance Américaine.
Le redéploiement des fonds de la recherche
La France devrait donc inciter à la recherche appliquée et être plus vigilante sur fonds utilisés par la recherche fondamentale. Bon nombre de programmes de recherches fondamentales sont parfois complémentaires, mais pas misent en communs ou certaines même restent à l’état embryonnaire pendant des années, souvent par manque de motivation et de coopération des laboratoires. La recherche appliquée a comme intérêt de rendre responsable les chercheurs puisqu’ils ont une obligation de résultat liée à l’utilité immédiate de leurs travaux pour la réalisation d’un objet concret. Les grandes découvertes de l’humanité qui ont contribué aux progrès de notre civilisation occidentale ont parfois été réalisées dans des conditions spartiates [exemple : les géants de l’automobile (Renault, Citroën) et de l’informatique (Aples, Microsoft) sont nés dans des garages.
La mise en valeur des métiers manuels et des contrats en alternance
D’un autre côté, la politique de l’éducation Française a complètement oublié de mettre en valeur les métiers artisanaux et manuels. Nous sommes aujourd’hui l’un des pays d’Europe qui a le grand nombre de jeunes chômeurs. Il serait peut-être temps d’organiser des partenariats plus importants entre les entreprises et le système scolaire. On pourrait à partir des études supérieures rendre obligatoire des contrats de formations en alternance, ce qui redonnerait aux jeunes le goût de l’effort. Ces parcours de formations les rendraient autonomes financièrement et contrairement au CPE, il serait ouvert à tous quelque soit l’âge du moment que le candidat reprenne ses études. Il ne faut pas pour autant se voiler face, ceux-ci impliquent un changement des mentalités en profondeur.
La réorientation du système éducatif et de la recherche en France sera longue et difficile, puisqu’il va falloir faire cohabiter de monde du travail et l’éducation nationale, tout en nouant des partenariats avec nos alliés naturels européens. Nous pourrons alors faire face à un monde en perpétuelle mutation. Notre sécurité économique et sociale pour les décennies à venir.
Stéphane De Bona
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| lundi 28 août 2006, a 20:16 |
| La France a enfin son musée ethnologique ! |
Le 24 Juin 2006, le musée du quai Branly a ouvert ses portes, à Paris. La France peut aujourd’hui être fière d’avoir un tel musée sur son territoire. Il retrace l’histoire de l’humanité et montre que son ethnographie est une continuité, qu’il n’y a pas de rupture dans l’évolution entre passé et présent. Le débat entre culture primitive et culture moderne est en passe d’être révolu grâce à ce musée. En effet, son mode de classification élaboré par continents montre que les peuples ne mettent pas la même importance au degré de développement technique puisque d’un continent à l’autre, les besoins prioritaires ne semblent pas être identiques.
Par contre, d’une civilisation à l’autre, on retrouve la même fascination ou la même peur de l’au-delà. Chaque continent a ses rites et coutumes en matière religieuse et donne souvent une grande importance au corps et à l’esthétique.
Il faut également rappeler que l’ethnologie est la discipline qui étudie les différentes cultures d’une peuplade à l’autre et leur caractère exotique. Elle ne se contente pas de connaître les civilisations disparues. Ainsi, notre société occidentale peut être considérée comme exotique par les nations africaines, par exemple. Il ne faudrait donc pas que l’art premier exposé dans ce musée montre des œuvres primitives amenant à penser qu’il existe des peuples inférieurs. Mais, comme tout musée, (lieu où l’on expose des objets aujourd’hui disparus ou en évolution, afin de laisser une trace à ceux qui nous suivent), le musée ethnologique renforce cette impression de déballage d’objets obsolètes ou arriérés, compte tenu de la méconnaissance des différentes cultures par la plupart d’entre nous.
Le musée des arts premiers du quai Branly, par sa modernité architecturale extérieure et sa classification catégorielle des œuvres par continent, donne un panorama de la grandeur et de l’imagination de l’humanité. Il est un lieu qui exacerbe la curiosité humaine et incite au voyage ainsi qu’à la connaissance. Le succès qu’il rencontre depuis son ouverture est la preuve que l’esthétique et l’ethnicité font bon ménage. Faut-il rappeler que le mouvement cubiste, dont faisait parti Pablo Picasso, s’est inspiré des différents arts ethniques ? On voit, encore une fois, que le racisme n’a pas lieu d’être et ses thèses mises en pratique ne feraient qu’appauvrir le monde. A terme, ce serait alors la déchéance de l’humanité qui adviendrait et non pas sa toute puissance.
J’invite le plus grand nombre à visiter ce musée qui interpellera, d’une manière ou d’une autre, la plupart d’entre nous, et qui ne fera que renforcer l’attrait touristique de la France.
Stéphane De Bona
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| samedi 26 août 2006, a 21:19 |
| Eurotunnel, en verra-t-on le bout ? |
Un train, un tunnel et des hommes
Depuis Napoléon 1er, le projet de relier le continent Européen à l’Angleterre faisait rêver la plupart des grands architectes. Mais faute de moyen technologiques appropriés, cette invention n'a vu le jour qu’au 20ème siècle. Ce grand rêve digne de Jules Verne : Creuser un tunnel sous la Manche, n’a pas pu être réalisé avant. Il aura fallu attendre 1987 pour qu’un accord entre les dirigeants de la Grande-Bretagne et de la France puisse être signé. Des prouesses technologiques (création d’outils spécifiques) ont fait le reste pour voir ce grand projet se construire et être mis en service en 1994. Voici un bref rappel historique :
· 20 janvier 1986, François Mitterrand et Margaret Thatcher, réunis à Lille, annoncent le choix du projet de tunnel proposé par France Manche et Channel Tunnel Group, parmi quatre projets concurrents (dont un pont et un ouvrage mixte pont-tunnel).
· 14 mars 1986, signature de l'acte de concession à Cantorbéry.
· 29 juillet 1987, François Mitterrand et Margaret Thatcher signent officiellement le traité franco-britannique autorisant la réalisation du tunnel.
· 6 mai 1994, inauguration officielle du tunnel sous la Manche.
Ce tunnel fut une première technologique qui nécessita la coordination d’ingénieurs et d’ouvriers des travaux publics des deux côtés de la Manche, montrant ainsi que l’Europe reste une grande puissance industrielle capable d’être innovante et d’égaler les Etat-Unis. Mais encore une fois, les Etats Européens n’ont pas su être à la hauteur des besoins financiers pour la réalisation de cet ouvrage.
Un problème financier à résoudre de toute URGENCE
C’est donc les actionnaires individuels qui ont fourni le plus gros du financement. Malheureusement, le coût des travaux mal calculé par les états, a entraîné une dette de 9 milliards d’Euros. Aujourd’hui Eurotunnel est incapable de rembourser cette dette aux échéances fixées. Compte tenu ce mauvais calcul des frais de chantier, j’en appelle à Jacques Chirac et à sa majorité à faire preuve de patriotisme économique en rachetant une partie de la dette du tunnel qui permettra, comme pour Alstom, de rendre l’entreprise viable. Elle contribuera à l’élaboration d’une politique de développement durable en limitant l’émission de gaz à effet de serre par l’augmentation du fret ferroviaire. Il est tout de même impensable que le plan de sauvetage, à l’initiative du PDG Jacques Gounon soit rejeté du fait d’un désaccord avec un petit nombre d’actionnaires minoritaires. Ils projettent sûrement de racheter les infrastructures du tunnel pour une poignée de pain, dans le cas d’un dépôt de bilan en Décembre 2007, à la fin de la procédure de sauvegarde déclenchée par le tribunal de commerce de Paris le 2 Août 2006. Preuve également que la démocratie d’entreprise et la protection des actionnaires n’est pas au point en France. Le prochain gouvernement aura sans doute une réforme d’envergure à faire voter sur ce sujet.
Stéphane De Bona
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| jeudi 24 août 2006, a 22:49 |
| Madonna, provocatrice de pensées |
Critique de Christine Angot
L’écrivain Christine Angot nous gratifie d’un reportage critique pour le Monde 2 du concert de Madonna donné le 3 Août 2006 à Wembley.
On peut tout d’abord se demander si cet article littéraire n’est pas tout simplement une autopromotion pour promouvoir la sortie de son nouveau roman « Rendez-vous » qui paraîtra le 25 Août chez Flammarion.
Mais on connaît tout de même l’attirance de l’écrivain pour les bêtes de scène telle que Johnny Hallyday. Comme l’écrivait Yann Plougastel en introduction à un entretien avec Christine Angot pour la sortie de son livre « Les Désaxés » en Septembre 2004 : « Elle est terrible, cette fille ! Capable de s’extasier sur Johnny. Puis de disserter sur Antigone. Avant de s’interroger sur Jean-Louis Trintignant », on peut se questionner sur la compréhension qu’elle a de son art, l’écriture, et elle ne fait pas qu’exploiter ce qu’elle dénonce chez Madonna : le star système. Pour elle, Madonna n’est qu’une artiste de pacotille qui exploite la schizophrénie du monde. Cette seule phrase résume sa vision du monde artistique et définit ce qui est, pour elle, une star : « Je n'aime que les stars qui souffrent de s'arracher à elles-mêmes pour servir leur art, leur croyance, leur foi. Tout le contraire du credo de Madonna, be yourself ».
Qu'est-qu'une artiste?
Madonna n'est-elle pas une réelle artiste puisqu'à chacune de ses apparitions, elle montre une autre facette de sa personnalité en jouant des personnages qu'elle sort de la réalité tout en expliquant l'absurdité du monde en dévoilant la rigidité de la plupart d'entre nous par ses clichés instantanés. Madonna, par cette attitude veut faire comprendre qu'elle est une femme totalement libre, capable de s'adapter à toutes les situations, et que la société machiste d'avant 1968 est totalement morte.
Elle nous fait rêver avec des personnages du réel par un système de provocation permanente amenant la population planétaire et ses puissants à se remettre en question. Mais n'est-ce pas cela, faire de l'art? Reproduire par mimésisme et ironiquement notre société. A en croire Christine Angot nous n'avons pas la même vision de l'art, ou alors elle ne considère pas son métier comme un art, mais juste comme un moyen de gagner de l'argent. L'auteur nous dit que l'écriture ne doit pas être ironique et distancée. Pour elle, ce mode d'expression doit être pris au premier degré à 100%. Si tous ses romans sont écrits de cette manière, on peut se dire qu'ils ne doivent pas être exceptionnels et qu'ils ne font que raconter l'histoire de sa vie. Son succés ne serait donc du qu'à des campagnes de communication bien orchestrées dans le but de faire un maximum de chiffre d'affaire. Aprés cette dernière révélation, on peut se demander qui de Christine Angot ou de Madonna est une véritable artiste.
Stéphane De Bona
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| mercredi 23 août 2006, a 20:16 |
| Conférences du 19 novembre 2005 |
SUJET : Révolution et Contre Révolution
Résumé de la première partie de la matinée (8h à 10h), Université
Nancy2
1) présentation de Paolo Sarpi
La personne et l’œuvre du frère Paolo Sarpi, de l’Ordre des Servites de Marie (1552-1623), conseiller en matière de théologie canoniste de la Sérénissime République de Venise, sont sans doute bien plus connues dans le domaine de l’historiographie ecclésiastique que dans celui de l’historiographie purement maritime. Certains de ses lecteurs se souviendront de lui comme du protagoniste de la soi-disant “dispute sur l’interdit” (1606-1607) dans laquelle il se fait le chantre de la liberté et de la souveraineté - “puissance absolue et perpétuelle d’une République” selon la célèbre définition de Bodin - de l’Etat vénitien face aux prétentions absolutistes du Saint Siège. D’autres, au contraire, le présentent tout bonnement comme l’auteur de l’Istoria del Concilio Tridentino (publiée pour la première fois à Londres en 1619 sous l’anagramme de Pietro Soave Polano), interprété par Sarpi comme, non seulement “un événement religieux et ecclésiastique, mais bien comme un fait politique d’une importance considérable, autour duquel évolueront les conflits de la politique européenne entre 1561 et 1563”. Au plus profond des études que Sarpi entreprit et des intérêts qui furent les siens au cours de son existence (“ami de Galilée et de Giambattista della Porta... théologien, philosophe et canoniste éminent, il n’en était pas moins versé dans les disciplines naturelles comme la physique, l’astronomie, l’architecture, la géométrie, l’algèbre, la mécanique et l’anatomie”).
2) pratique et politique de la contre révolution
L'histoire d'une révolution se fait parfois par la division d'un pays et ses territoires, due à la scission du peuple en deux camps (révolutionnaire et contre révolutionnaire). La contre-révolution se produit lorsqu'un État vit une mutation de ses institutions, et que les tenants du pouvoir tentent de résister par un régime de terreur ou par une contre-offensive (exemple :des chouans en Vendée). La contre-révolution s'oppose aux idées nouvelles. Ce phénomène n'a été que récemment redécouvert par les chercheurs. Peut-être est-ce parce que ce sont les idées nouvelles qui font l'histoire? La contre-révolution est pourtant un projet politique en soi, puisqu'elle cherche à rétablir un pouvoir en difficulté et à combler les déchirures dans une société qui n'accepte plus le modèle existant. Elle veut restaurer l'esprit de l'ancien régime et rejette la souveraineté populaire.
3) Joseph de Maistre
Biographie en résumé
Le comte Joseph de Maistre, célèbre écrivain, né en 1754 à Chambéry, d’une famille d’origine française, mort en 1821, fut chargé par le gouvernement sarde de plusieurs négociations, accompagna dans l’île de Sardaigne le roi Charles-Emmanuel lors de l’invasion de ses États par les Français, et se rendit à Saint-Pétersbourg en 1803 comme ministre plénipotentiaire de ce prince. Forcé en 1817 de quitter la Russie lors de l’expulsion des Jésuites, parce qu’il avait embrassé la cause de l’ordre proscrit, il fut nommé dans sa patrie régent de la chancellerie, et reçut toutes sortes de distinctions honorifiques. J. de Maistre s’est fait un nom en combattant les philosophes du XVIIIe siècle, en soutenant la suprématie temporelle du pape et la théocratie. Ses principaux écrits sont : Considérations sur la France, Lausanne, 1796, ouvrage qui dénote déjà la portée de son esprit et son talent d’écrivain; Du Pape, Lyon, 1819, son œuvre capitale, où il propose de placer le Souverain Pontife à la tête de la société, comme au moyen âge; De l’Église gallicane, Paris, 1821, où il attaque les libertés de l’église de France; Les Soirées de Saint-Pétersbourg ou Entretiens sur le gouvernement temporel de la Providence, ouvrage posthume, Paris, 1821, où il règne un singulier mysticisme; Examen de la philosophie de Bacon, Paris, 1836, où le philosophe anglais est jugé avec la plus injuste sévérité. De Maistre n’est pas moins remarquable par la vigueur de son style que par la singularité de ses doctrines. On a publié à Paris en 1851 des Mémoires, des Lettres et Opuscules de J. de Maistre, et en 1859, sa Correspondance diplomatique. Il réfute la démocratie populaire souveraine, le pouvoir ne peut pas être donné au peuple. Le pouvoir ne peut pas être exercé collectivement, il doit être la possession d'une seule personne de droit divin.
Stéphane De Bona
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| mardi 22 août 2006, a 19:06 |
| Chirac : en route vers un troisième mandat Présidentiel ! |
Depuis son intervention du 14 Juillet, le président Chirac donne des signes aux électeurs et à sa majorité, pour les préparer à une nouvelle candidature de sa personne pour l’élection présidentielle en 2007. Sa première allusion à cette candidature possible fut donnée aux journalistes qui l’interviewer par cette réflexion : « Je suis pas à l’heure du bilan, je suis à l’heure de l’action ». Qu'est-ce qui motive le président à s'engager pour un troisième mandat? Tout d'abord, comme François Mitterand en 1988 avec Michel Rocard, il ne désire pas laisser sa place au grand rival de son camp. Une victoire de Nicolas Sarkozy, qui s'empresserait de déconstruire les années Chirac, ne permettrait pas à notre président de laisser sa trace dans l'histoire. Je pense que, comme tous les grands hommes, il désire passer à la postérité. D'autre part, Jacques Chirac ne se voit pas comme un homme du passé, et le plaisir qu'il se procure, lors de chaque élection, à rencontrer ses électeurs et à parcourir la France n'a pas changé depuis sa jeunesse. Ses rendez-vous, à intervalles réguliers, lui redonne force et espoir prouvant que sa santé, tant physique qu'intellectuelle est intacte.
Il souhaite certainement travailler une dernière fois avec ses meilleurs compagnons de route: Alain Juppé et Dominique de Villepin. Il ne veut surtout pas partir sur l'échec du referendum européen du 29 Mai 2005 et expliquer aux français qu'ils se sont trompés. Mais aura-t-il encore l'influence nécessaire pour rassembler son camp et entamer une lutte à mort avec Nicolas Sarkozy? C'est pour cela, que Jacques Chirac a repris la main sur la politique intérieure en se déplaçant avant son ministre d'état Nicolas Sarkozy, pour rendre hommage aux trois pompiers volontaires décédés dans l'exercice de leur fonction. Alors que Thiery Breton, ministre de l'économie et des finances, annonce des bons chiffres pour la croissance économique de 2006 (elles pouraient dépasser les 2,5 % prévu par le gouvernement) et que Jean-Louis Borloo commente la baisse du chômage, le président Chirac convoque un conseil des ministres restreint sur l'emploi en période estivale pour donner sa feuille de route de rentrée. Ainsi, il démontre aux français qu'il n'a pas épuisé toutes ses idée, que idées politiques ne représentent pas une fin de cycle et qu'une rupture institutionnelle et idéologique, pronée par Nicolas Sarkozy, ne serait pas bonne pour la France.
Enfin, les affaires de la mairie de Paris, qui planent au dessus de sa tête, seront prescrites à la fin d'un troisième mandat et le président pourra alors prendre sa retraite en toute quiétude. Rien n'aura alors entaché son parcours en politique.
Stéphane De Bona |
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| dimanche 20 août 2006, a 19:36 |
| La fin du Fidélisme |
Depuis 1959, Fidel Castro règne sans partage sur l’île de Cuba. Son aventure qui a débuté en 1956 avec son débarquement en compagnie de Ernesto Che Guevara dans la Sierra Maestra a ouvert tout d’abord une ère d’espérance après la chute du dictateur Batista. Les premières années de pouvoir partagées entre Fidel Castro et le Che ont fait de Cuba une île attirant la curiosité des intellectuels du monde entier qui n’avaient vu aucun programme d’alphabétisation d’une telle ampleur nulle part ailleurs. Le Che désirait alors être le nouveau Lénine d’Amérique du Sud. Jusqu’à la séparation idéologique entre les deux leaders au pouvoir, l’île fut un paradis pour les intellectuels attirés par l’idéologie communiste et le charisme de Ernesto Che Guevara. Ernest Hemingway se maria à une journaliste cubaine et fit de l’île son lieu de repos et d’inspiration. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir eurent même une entrevue avec le commandant Guevara pour disserter sur leur vision du monde et le développement possible de l’Amérique du Sud. En parallèle à cet élan intellectuel, Ernesto Che Guevara, alors ministre de l’industrie et directeur de banque, impulse des réformes en matière de santé et de répartition du travail qui font de l’île l’exemple de la réussite des régimes communistes hors d’URSS. En 1961, l’épisode de la Baie des Cochons (invasion de l’île par des exilés cubains pour renverser le régime de Fidel Castro) montre au monde entier la force du pouvoir et de l’armée qui est alors organisée par le commandant Guevara. En 1962, la crise des missiles risque alors de provoquer la troisième guerre mondiale, mais une fois de plus le régime de fer de Fidel Castro, avec l’aide de l’URSS, tient bon et trouve une solution à l’amiable avec les Etats-Unis.
Fidel Castro et le Che se séparent sur des divergences économiques, politiques et judiciaires. Le Che se trouve alors plus utile dans un rôle de leader pour lancer une guérilla totale qu’il voudrait étendre à toute l’Amérique du Sud. Une fois le divorce prononcé entre les deux dirigeants cubains et le départ du Che pour mener la guérilla en Bolivie, Fidel Castro accentue son emprise sur le pouvoir de l’île. Il débute alors une politique de répression et d’élimination de ses opposants, et la liberté de pensée ainsi que le développement des infrastructures de l’île sont freinés par la mise en place de l’embargo des Etats-Unis sur le commerce cubain. L’URSS prend alors le relais dans une moindre mesure, en intensifiant ses échanges commerciaux avec l’île de Cuba.
En 1989, après la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc de l’Est, Fidel Castro réaffirme son attachement à un socialisme qu’il dit pur. Pour faire survivre l’île, il ouvre, avec son frère Raoul, une politique touristique importante à même de ramener des divises étrangères, mais le régime reste autoritaire. Les récents problèmes de santé de Fidel Castro ne changeront rien au régime dictatorial, puisque c’est son frère Raoul qui prend le relais. Une dislocation rapide du pouvoir parait impossible. De plus, le régime Castriste a réussi à faire naître un sentiment national au peuple cubain, alors qu’avant son avènement l’unité était difficile à créer. Les mouvements au pouvoir et l’influence coloniale des Etats-Unis et de l’Europe ne permettaient pas une stabilisation du peuple cubain.
Aujourd’hui, l’économie cubaine est exsangue et un développement démocratique, sans transition après la fin du Fidélisme, parait dangereux pour l’unité du pays. L’Europe devrait se rapprocher du régime et l’aider à remettre son économie et ses infrastructures en état pour éviter une catastrophe du même ressort qu’en Irak. Il suffit, pour cela, d’y investir des capitaux avec l’accord du régime tout en respectant la richesse culturelle et la solidarité du peuple cubain.
Stéphane De Bona
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| jeudi 17 août 2006, a 21:43 |
| Le grand chantier du handicap ! |
De nombreux lecteurs ont trouvé étonnant que je ne parle pas plus de ma condition de personne handicapée. Certains m’ont reproché mon manque d’engagement pour une cause qui me touche personnellement, se demandant même si j’avais honte de mon handicap. C’est pour cela que j’ai décidé de vous faire part de mon sentiment, bien que ce site n’ait pas pour vocation de traiter de sujets personnels mais au contraire, d’être une tribune de société voulant prendre du recul sur des situations globales intéressant la majorité des populations de la planète. Mais puisqu’on me demande de parler de moi, au risque de développer mon côté narcissique, allons-y.
Créer une autre perception du handicap.
Depuis mon plus jeune âge, comme un certain nombre de mes compagnons, j’ai été confronté à l’intolérance et à la non reconnaissance de mes facultés intellectuelles. Une personne handicapée est considérée comme un poids pour la société, dénuée de capacité de production. Lorsqu’en 2002 Jacques Chirac indique que l’un des trois grands chantiers de son quinquennat sera le handicap, bon nombre d’entre nous pensaient que notre situation allait nettement s’améliorer et que les pouvoirs publics ainsi que les entreprises se rendraient compte que nous pouvions être productifs et que nous avions également une forte aptitude à créer une cohésion sociale autour de nous. La plupart des personnes handicapées qui ne sont pas placées en centre sont amenées à avoir un réseau d’amis ou de connaissances pour les aider à effectuer les tâches physiques du quotidien difficiles à réaliser en toute indépendance. En dehors de cela, nous sommes tout à fait capables de créer des plans d’action ou d’inventer des outils de substitution pour gérer notre vie. En cette période de changement climatique, j’étais persuadé que le gouvernement allait s’appuyer sur nos capacités inventives et d’adaptation en milieu hostile pour les aider à mettre en œuvre une politique de développement durable et de cohésion sociale. Mais, une fois de plus, les politiques ont choisi de faire des personnes invalides, des assistés et non des acteurs. La seule mesure concrète a été de développer une dynamique de services à même de garder les personnes dépendantes dans leur domicile et de créer des emplois d’assistance, mais aucune mesure ne met les individus handicapés en situation d’acteur.
Une autre réforme sortie du chapeau du gouvernement a été d’étendre le cotât de 6% de salariés handicapés dans les entreprises à la fonction publique. Ces cotâts n’étant pas respectés, puisque les entreprises préfèrent payer des amendes plutôt que d’embaucher, l’état aurait du rendre obligatoire l’adaptation de 6% des postes pour les gens à mobilité réduite. Aujourd’hui, la plupart des postes pourvus par des invalides sont des places tenues par des personnes diminuées psychiquement. Ceci renforce les inégalités dans la population en donnant un degré supplémentaire dans la discrimination et, cette fois ci, entre personnes handicapées elles-mêmes. Cette société, au lieu d’intégrer et de rendre le handicap invisible, ou même d’en extraire sa force, préfère garder son caractère de communauté marginale. Et toute communauté non reconnue est à même de faire se développer l’intolérance et l’extrémisme par sa seule méconnaissance du public. Pour la plupart des gens, l’inconnu fait peur et il est source de désagrément.
Pour ma part, j’ai toujours vécu mon handicap comme une chance, étant soutenu par plusieurs membres de ma famille. Il m’a permis d’être curieux et de vouloir comprendre le monde qui m’entoure en voyageant et en intégrant différentes couches de la société, ce qui me fait dire que tout homme, quel qu’il soit, n’est pas supérieur à l’autre, et que le racisme et l’exclusion qui règne en ce moment n’a aucun fondement. Chacun peut apporter sa pierre dans la mesure de ses possibilités. Nous avons tous des dons connus ou inconnus : il faut juste savoir les reconnaître.
De Bona Stéphane
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| dimanche 06 août 2006, a 20:47 |
| Culture et laïcité |

Le 1er Août, dans un article du «Monde», l’annonce du déplacement du tableau du peintre messin Théodore Devilly qui a été faite par le garde des sceaux Pascal Clément vient clore l’épisode lancé par l’avocat et conseiller municipal de Metz, Daniel Delerez. En effet cette peinture représentant «La Crucifixion» siégeait dans le Palais de Justice de Metz, chose inadmissible pour ses détracteurs, car la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’était pas garantie. Mais il faut rappeler que cette séparation n’est pas effective en Alsace-Moselle, étant donné que cette région de l’Est de la France vit encore sous concordat, après rétrocession de ces départements par l’Allemagne en 1918. Pour Daniel Delerez «C’est une victoire sur l’obscurantisme local». Ce tableau n’est pas, pour lui, une œuvre d’art mais, un objet de prosélytisme. Le choix du changement de lieu de cette peinture, fait par le garde des sceaux, à Saint-Avold me parait inopportun. Comment peut-on dire qu’un tel tableau n’est pas une œuvre d’art? Bon nombre de peintures de la Renaissance représentent des scènes bibliques et sont des joyaux du patrimoine mondial. Sans cette période propice au renouvellement de l’art, la chapelle Sixtine, connue dans le monde entier, n’aurait pas vu le jour, et bon nombre de vocations artistiques auraient été perdues. L’exigence d’une République laïque ne doit pas amener à rejeter tous les apports religieux d’une société; mais elle doit, au contraire, veiller à la liberté de culte de chacun tout en respectant les apports culturels entraînés par les différentes croyances des peuples. C’est surtout par le manque de reconnaissance et de connaissance des croyances de l’autre que l’obscurantisme dénoncé par Daniel Delerez, naît.
Encore une autre aberration dans cette affaire! Pourquoi déplacer cette œuvre à Saint-Avold, alors que son créateur était messin? N’aurait-elle pas eu une place au musée de Metz? Ce transfert dans une autre ville ne fait qu’appauvrir le patrimoine local qui mérite d’être conservé compte tenu de l’histoire tumultueuse de cette région. Peut-être aurait-il été utile de connaître l’histoire de ce tableau et dans quelle circonstance il fut déposé au tribunal de Metz. Comment un ministre de la justice peut-il prendre la décision du déplacement du patrimoine culturel d’une région? Cette décision n’aurait-elle pas du être prise en commun avec les élus locaux et le ministère de la culture?
L’art n’est pas plus une affaire de justice que de respect de la laïcité; il revient donc au ministère de la culture, une fois le problème de séparation de l’Eglise et de l’Etat réglée, de savoir que faire d’une telle œuvre.
Stéphane De Bona |
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| Présentation |  De Bona Stéphane
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".
Et cela peut rapporter GROS !
Bon surf !
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