| samedi 26 août 2006, a 21:19 |
| Eurotunnel, en verra-t-on le bout ? |
Un train, un tunnel et des hommes
Depuis Napoléon 1er, le projet de relier le continent Européen à l’Angleterre faisait rêver la plupart des grands architectes. Mais faute de moyen technologiques appropriés, cette invention n'a vu le jour qu’au 20ème siècle. Ce grand rêve digne de Jules Verne : Creuser un tunnel sous la Manche, n’a pas pu être réalisé avant. Il aura fallu attendre 1987 pour qu’un accord entre les dirigeants de la Grande-Bretagne et de la France puisse être signé. Des prouesses technologiques (création d’outils spécifiques) ont fait le reste pour voir ce grand projet se construire et être mis en service en 1994. Voici un bref rappel historique :
· 20 janvier 1986, François Mitterrand et Margaret Thatcher, réunis à Lille, annoncent le choix du projet de tunnel proposé par France Manche et Channel Tunnel Group, parmi quatre projets concurrents (dont un pont et un ouvrage mixte pont-tunnel).
· 14 mars 1986, signature de l'acte de concession à Cantorbéry.
· 29 juillet 1987, François Mitterrand et Margaret Thatcher signent officiellement le traité franco-britannique autorisant la réalisation du tunnel.
· 6 mai 1994, inauguration officielle du tunnel sous la Manche.
Ce tunnel fut une première technologique qui nécessita la coordination d’ingénieurs et d’ouvriers des travaux publics des deux côtés de la Manche, montrant ainsi que l’Europe reste une grande puissance industrielle capable d’être innovante et d’égaler les Etat-Unis. Mais encore une fois, les Etats Européens n’ont pas su être à la hauteur des besoins financiers pour la réalisation de cet ouvrage.
Un problème financier à résoudre de toute URGENCE
C’est donc les actionnaires individuels qui ont fourni le plus gros du financement. Malheureusement, le coût des travaux mal calculé par les états, a entraîné une dette de 9 milliards d’Euros. Aujourd’hui Eurotunnel est incapable de rembourser cette dette aux échéances fixées. Compte tenu ce mauvais calcul des frais de chantier, j’en appelle à Jacques Chirac et à sa majorité à faire preuve de patriotisme économique en rachetant une partie de la dette du tunnel qui permettra, comme pour Alstom, de rendre l’entreprise viable. Elle contribuera à l’élaboration d’une politique de développement durable en limitant l’émission de gaz à effet de serre par l’augmentation du fret ferroviaire. Il est tout de même impensable que le plan de sauvetage, à l’initiative du PDG Jacques Gounon soit rejeté du fait d’un désaccord avec un petit nombre d’actionnaires minoritaires. Ils projettent sûrement de racheter les infrastructures du tunnel pour une poignée de pain, dans le cas d’un dépôt de bilan en Décembre 2007, à la fin de la procédure de sauvegarde déclenchée par le tribunal de commerce de Paris le 2 Août 2006. Preuve également que la démocratie d’entreprise et la protection des actionnaires n’est pas au point en France. Le prochain gouvernement aura sans doute une réforme d’envergure à faire voter sur ce sujet.
Stéphane De Bona
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