| lundi 28 août 2006, a 20:16 |
| La France a enfin son musée ethnologique ! |
Le 24 Juin 2006, le musée du quai Branly a ouvert ses portes, à Paris. La France peut aujourd’hui être fière d’avoir un tel musée sur son territoire. Il retrace l’histoire de l’humanité et montre que son ethnographie est une continuité, qu’il n’y a pas de rupture dans l’évolution entre passé et présent. Le débat entre culture primitive et culture moderne est en passe d’être révolu grâce à ce musée. En effet, son mode de classification élaboré par continents montre que les peuples ne mettent pas la même importance au degré de développement technique puisque d’un continent à l’autre, les besoins prioritaires ne semblent pas être identiques.
Par contre, d’une civilisation à l’autre, on retrouve la même fascination ou la même peur de l’au-delà. Chaque continent a ses rites et coutumes en matière religieuse et donne souvent une grande importance au corps et à l’esthétique.
Il faut également rappeler que l’ethnologie est la discipline qui étudie les différentes cultures d’une peuplade à l’autre et leur caractère exotique. Elle ne se contente pas de connaître les civilisations disparues. Ainsi, notre société occidentale peut être considérée comme exotique par les nations africaines, par exemple. Il ne faudrait donc pas que l’art premier exposé dans ce musée montre des œuvres primitives amenant à penser qu’il existe des peuples inférieurs. Mais, comme tout musée, (lieu où l’on expose des objets aujourd’hui disparus ou en évolution, afin de laisser une trace à ceux qui nous suivent), le musée ethnologique renforce cette impression de déballage d’objets obsolètes ou arriérés, compte tenu de la méconnaissance des différentes cultures par la plupart d’entre nous.
Le musée des arts premiers du quai Branly, par sa modernité architecturale extérieure et sa classification catégorielle des œuvres par continent, donne un panorama de la grandeur et de l’imagination de l’humanité. Il est un lieu qui exacerbe la curiosité humaine et incite au voyage ainsi qu’à la connaissance. Le succès qu’il rencontre depuis son ouverture est la preuve que l’esthétique et l’ethnicité font bon ménage. Faut-il rappeler que le mouvement cubiste, dont faisait parti Pablo Picasso, s’est inspiré des différents arts ethniques ? On voit, encore une fois, que le racisme n’a pas lieu d’être et ses thèses mises en pratique ne feraient qu’appauvrir le monde. A terme, ce serait alors la déchéance de l’humanité qui adviendrait et non pas sa toute puissance.
J’invite le plus grand nombre à visiter ce musée qui interpellera, d’une manière ou d’une autre, la plupart d’entre nous, et qui ne fera que renforcer l’attrait touristique de la France.
Stéphane De Bona
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