La richesse du patrimoine roumain
La Roumanie, d’une superficie de 237000 Km², soit environ la moitié de la France, compte un peu plus de 23 millions d’habitants. Ce pays, qui va rentrer dans l’union européenne en Janvier 2007, est encore mal connu de la population française. Pourtant, jusqu’en Décembre 1989 à la chute du dictateur Nicolae Ceausescu, le peuple roumain considérait la France comme son pays frère. Contrairement aux idées reçues, les roumains ne sont pas slaves mais latin. Parler russe ou allemand à un roumain est considéré comme un affront. La langue roumaine est très proche du français (qui est leur seconde langue) et de l’italien. Le pays détient un impressionnant patrimoine culturel confisqué par le régime communiste à ses propriétaires. Le régime de Ceausescu a créé un contraste important dans l’architecture des villes roumaines. En effet, le dictateur a fait construire des immeubles à la va vite, qui n’ont aucune particularité architecturale et qui se sont dégradés très rapidement faute d’entretien, pour que chaque famille ait un toit. A côté de cela siège des monuments de style grec ou roman. D’autre part, une influence des palais de la monarchie française règne. Mais l’un des plus grands monuments, à la mesure de la mégalomanie du dictateur sous influence des idées staliniennes, reste son palais. La Roumanie détient également, au bord de la mer noire, des centres touristiques et thermales reconnus du monde entier pour leurs bienfaits médicaux. Ces thermes pourraient faire partie des richesses économiques du pays, car les bienfaits de sa boue (maladies osseuses, maladies de peau, etc.) n’ont aucune équivalence dans le monde. Le pays possède aussi une chaîne de montagnes : les Carpates, dont la station de ski de Poiana-Brasov est appelée La Plagne de Roumanie qui demande également à être rénovée et développée. Un autre trésor du pays est le delta du Danube qui possède une faune et une flore luxuriante (on y voit, en particulier, un très grand nombre de flamands roses). Les autres sources de revenu économique sont l’agriculture, l’industrie automobile (récemment rachetée par Renault), les ressources minières et enfin l’artisanat (broderie, macramé, sculptures, peintures, vannerie).
On peut regretter qu’avec un tel patrimoine culturel, les roumains n’arrivent pas à le mettre en valeur, surtout par manque de moyen. De plus, ils sont très attachés à leur patrimoine folklorique traditionnel mais, malheureusement, l’influence de l’Amérique tend à faire disparaître cette richesse.
Auteur Roumain : Lucian Blaga (portrait ci-contre)
Né en 1895 à Lancram, Transylvanie.
IL est l’un des poètes roumains les plus connus. Poète, mais pas seulement : philosophe de formation, il a mené une carrière diplomatique jusqu’en 1939, et son œuvre est aussi celle d’un dramaturge et d’un essayiste.
Lucian Blaga est mort en 1961 à Cluj, Roumanie.
LA GRANDE TRAVERSÉE
Le soleil tient au zénith la balance du jour. Le ciel se donne aux eaux de la terre. Des bêtes qui passent, les yeux sages, regardent sans effroi leurs ombres dans l'onde. Des feuillages lèvent des voûtes profondes sur l'éternelle légende.
Rien ne veut être autre qu'il n'est. Il n'y a que mon sang qui crie à travers bois après son enfance lointaine comme un vieux cerf appelant sa biche perdue dans la mort.
Peut-être a-t-elle péri sous les roches. Peut-être s'est-elle enfoncée dans la terre. J'attends en vain de ses nouvelles seules les cavernes retentissent, les ruisseaux quémandent les abîmes.
Sang dépourvu de réponse Ô, s'il y avait du silence, ce qu'on entendrait bien la biche faire des pas dans la mort.
Toujours plus loin, j'hésite sur la route - et pareil au meurtrier qui étouffe de l'écharpe une bouche vaincue, je ferme de mon poing toutes les sources afin qu'elles se taisent pour toujours qu'elles se taisent.
PARADIS EN RUINES
Le gardien ailé tient encore tendu
un manche d'épée sans flammes. Il ne lutte contre personne mais se sent déjà vaincu. Partout, dans les plaines et les champs des séraphins aux cheveux argentés sont assoiffés de vérité mais l'eau des fontaines se refuse à leurs seaux.
En labourant sans trop de foi avec des charrues en bois les archanges se lamentent du poids de leurs ailes. Passe parmi les soleils voisins la colombe du Saint Esprit ; De son bec elle éteint les ultimes lumières. La nuit, les anges nus, se couchent, grelottant, dans les foins : malheur à moi, malheur à toi des cohortes d'araignées ont envahi l'eau vive les anges pourriront, un beau jour, sous la glaise la terre fera tarir les légendes du triste corps.
2 poèmes de Lucian Blaga traduits du roumain par Stephana Pop.
La population roumaine
Le peuple roumain est très chaleureux. Il partage volontiers ses maigres denrées. Il garde les stigmates du régime communiste : les femmes travaillent beaucoup alors que les hommes se conduisent en maître de maison absolu et la plus part boivent beaucoup pour oublier leurs mauvaises conditions de vie. Aujourd’hui, le peuple tsigane est banni de la société. Pourtant, ils ont pour la majorité, la nationalité roumaine du fait de la politique menée par Ceausescu (pour augmenter la démographie du pays, il a donné un toit et la nationalité roumaine à chaque famille tsigane qui faisait halte dans le pays).
Malgré les souffrances infligées par la dictature, les roumains regrettent presque l’ancien régime politique. Ils ne connaissaient pas le chômage et avaient tous le minimum vital. Finalement, ils sont heureux d’avoir une liberté de parole, mais ne savent pas gérer leur économie.
Stéphane De Bona
Film : le partimoine roumain
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