| vendredi 10 novembre 2006, a 12:39 |
| Evolution de la famille en France |
La politique familiale
En France, depuis le front populaire en 1936, la politique de protection sociale a mis en avant le bien-être des familles. En effet, la difficulté à battre l’ennemi allemand lors de la première guerre mondiale a été perçue comme un manque de vitalité de la nation française du au vieillissement de sa population. De plus, les pertes en vie humaine durant la grande guerre furent importantes. C’est à cette occasion que le taux de natalité du pays est devenu l’affaire de l’état. Nous sommes, aujourd’hui, le deuxième pays d’Europe à avoir le taux de natalité le plus important. L’Irlande nous devance de peu avec un taux de natalité de 1,99 enfant par femme. Celui de la France est de 1,94. Malheureusement, ces bons chiffres ne permettent pas le renouvellement de la population. Il nous faudrait 2,1 enfants par femme pour que nous n’ayons aucun souci pour les recouvrements des frais de notre protection sociale, et que notre population soit en mesure de se renouveler sans faire appel à l’immigration pour revivifier notre population active. Ne soyons pas pessimistes !
Qu’est-ce qui a fait que nous soyons parmi les mieux classés en Europe ? Contrairement aux autres pays européens, l’envie d’être parents est plus forte que les problèmes de pouvoir d’achat qu’implique l’arrivée d’un nouvel enfant. L’état met également en œuvre des programmes d’accueil des très jeunes enfants (moins de 6 mois, alors qu’en Suède où la protection sociale est la plus forte d’Europe, la garde des jeunes enfants n’est possible qu’à partir d’un an révolu). De plus, les mœurs des familles françaises permettent de vivre la maternité comme un bonheur et non comme un calvaire : dans certains pays d’Europe, comme l’Allemagne et l’Italie, la mise en garde d’un enfant de moins d’un an est considérée comme un abandon et les naissances hors mariage ne sont pas tolérées, ce qui explique peut-être notre taux de natalité plus élevé. Ces principes moraux ne freinent pas le désir d’enfant des femmes, puisqu’elles pourront reprendre une activité professionnelle à l’issu de leur congé de maternité. Malgré tout, le manque de structures d’accueil (crèches et gardes à domicile par des assistantes maternelles) se fait sentir, et de nouvelles mesures sont en train de se mettre en place. Les congés parentaux tendent également à se développer : ils permettent aux pères comme aux mères de s’occuper, pendant un maximum de trois ans, de leurs enfants en bas âges. Une nouvelle mesure du gouvernement Villepin va donner la possibilité, aux femmes enceintes de repousser leur arrêt d’activité de trois semaines avant l’accouchement, avec l’accord de leur médecin, qu’elles pourront reporter après la naissance. Enfin, les allocations familiales et de frais de garde incitent grandement les personnes de bas et moyens salaires à procréer.
Les vacances en famille
Depuis l’époque du Front Populaire, les congés payés ont permis de se retrouver chaque année en famille et de changer de quotidien. Avant les années 1970, la population française est restée sédentaire et ne pas partir en vacances n’était pas considéré comme une lacune. Aujourd’hui, voyager lors des périodes estivales est devenu la norme, grâce aux nombreux voyages proposés à prix discount ou au recours aux crédits. Pourtant, une famille sur 4, par manque de moyen ou d’autres choix économiques, ne peut pas partir en vacances. La rentrée des classes, en Septembre, est parfois bien cruelles pour nos chérubins, car la première question à laquelle ils ont à faire face est souvent celle-ci : où es-tu parti en vacances ? Les vacances ne sont importantes que par leur aspect de rupture de la routine quotidienne. Ce changement de vie n’est pourtant pas forcément lié au dépaysement. Bon nombre de sites historiques et culturels sont à notre porte alors que nous ne les connaissons pas. Il suffit souvent de se rendre à l’office du tourisme le plus proche pour être capable de passer de bonnes vacances en famille pour un moindre coût. Cette période peut être aussi l’occasion d’ouvrir ses portes à des amis que l’on ne peut pas fréquenter durant l’année pris par le temps ou en raison d’un top grand éloignement géographique. Ils nous apportent leur joie de vivre et leurs habitudes ainsi que leur réflexion différente susceptible de provoquer la rupture du quotidien attendue. Les vacances devraient être, avant tout, un moment de partage et de rassemblement. L’influence publicitaire et du marketing a dénaturé ce temps de pose destiné à l’abstraction du stress et de l’angoisse du lendemain.
Stéphane De Bona
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