Depuis quelques jours, des vedettes et des anonymes ont entrepris une opération de sensibilisation pour l’aide aux sans abris.
Des tentes comme seul logis
Cette opération consiste à dormir sous une tente en compagnie des sans abris pour alerter le pouvoir de l'urgence à trouver des solutions définitives.
Alors que l’hiver commence, comme chaque année, des milliers de SDF vont dormir dehors sans autre protection que quelques cartons et des abris de fortune dans des édifices publics lorsque cela leur est possible. En 1986, Coluche mettait en place la première campagne des restos du cœur avec l’aval de François Mitterrand qui lui promettait que cette structure associative ne serait que provisoire et que l’état veillerait à reloger tous ces sans abris. 20 ans plus tard, les restos existent toujours et sont de plus en plus fréquentés. L’écart de revenu entre les riches et les pauvres ne cesse de se creuser. La classe moyenne est en passe de disparaître et un récent sondage indiquait qu’un français sur deux redoutait d’avoir un jour à vivre dans la rue. Ne serait-il pas temps que les pouvoirs publics s’emparent réellement de la question ? Alors que la ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité, Catherine Vautrin, dénonce une opération médiatique destinée à jeter de la poudre aux yeux à l’électorat dans le but de faire regagner des électeurs des couches populaires à la gauche, son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo fait voter une loi à l’assemblée dans le but d’améliorer l’accession à la propriété et d’enrayer l’inflation des loyers qui amenait beaucoup de travailleurs précaires à ne pas trouver de logement. Mais une autre question devrait se poser : qu’advient-il des bénéficiaires d’un logement HLM lorsque leurs revenus s’améliorent suffisamment pour avoir un autre type de logement ?
La réponse à cette question est simple
Les contrôles concernant les revenus des locataires et des propriétaires sont rarement exécutés. Les propriétaires devraient mettre à disposition tout logement vacant lorsque ceux-ci ne sont pas des propriétés de vacances avec échange locatif. Quant aux locataires, ils devraient avoir un comportement citoyen en cherchant un logement correspondant à un loyer en rapport avec leurs nouveaux revenus en tenant compte d’une période de préavis de 6 mois. Par ces deux simples mesures, le nombre de sans logis pourrait mécaniquement diminuer et rendre le citoyen responsable de son prochain, et nous feraient rompre avec nos traditions liées au profit et à l’individualisme. On ne peut pas redouter d’être mis au ban de la société sans réfléchir et mettre en place par soi-même des solutions efficaces pour y remédier. Tout ne peut pas venir du pouvoir politique. Par définition, le législateur a toujours du retard sur la société et ne fait souvent qu’enregistrer juridiquement ses changements. Ce processus a bien été compris par la candidate socialiste, Ségolène Royal, qui appuiera sans doute sa politique sur une démocratie participative et sa théorie du citoyen expert (nul n’est mieux placé que celui qui rencontre un problème pour avoir des idées à même de le résoudre).
Stéphane De Bona
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