Avec l’apparition de la psychanalyse au XIXème siècle, la parole est devenue un symbole thérapeutique. Aujourd’hui, Pierre Lévy-Soussan qui est psychiatre, psychanalyste, enseignant attaché à l’université de Paris-VII et membre de la société psychanalytique de Paris, remet en question le bien-fondé du dévoilement d’un secret dans son livre : « Eloge du secret ». Ce débat ne doit-il pas être posé selon le développement psychique de chaque individu ?
Le poids du secret de famille
Le psychisme humain peut se découper, selon Freud, en deux topiques : la première distingue inconscient, préconscient et conscient ; la seconde le ça, le moi et le surmoi. C’est en m’appuyant sur la première topique freudienne que je vais montrer l’ambivalence ou le paradoxe du secret familial. Je commencerais cet article par une citation que beaucoup ont entendu dans leur enfance : « Je te connais comme si je t’avais fait ». Ce fragment de pensée pourrait être décliné indifféremment par les parents ou les enfants dans le cas d’un secret de famille. Comme l’a expliqué Freud, nous avons différents stades de conscience. Lorsqu’un secret de famille est refoulé ou inconnu par le principal intéressé, il peut avoir des conséquences positives ou négatives sur le développement psychique de la descendance de l’individu concerné. Contrairement à Pierre Lévy-Soussan qui ne croit pas à la transmission possible d’un secret à sa descendance sans l’avoir verbalisé (de manière inconsciente), je pense que quoi qu’il en soit, cette situation transpire. En effet, un individu qui souffre d’un mal-être inconnu peut tout à fait le communiquer à son entourage immédiat. Si l’entourage n’arrive pas à le rendre conscient de son état de mal-être pour qu’il se fasse aider, il devra s’en emparer et se le réapproprier pour le transformer en un aspect créatif positif. Le secret est, dans ces conditions, à même de donner naissance à des capacités artistiques que chacun d’entre nous doit avoir en soi comme un caractère inné. Ces capacités artistiques, faute d’être stimulées par un imaginaire dont la société a peur, sont souvent irrémédiablement perdues. C’est en ce sens que le secret familial peut être une bonne chose. Tout dépend de l’optimisme de la descendance. Dans le cas où celle-ci développe un psychisme pessimiste, le secret demande alors à être dévoilé. La mise en lumière du secret permettra, dans cette situation, de le dédramatiser en l’expliquant. Le secret n’est ni bon ni mauvais en soi ; tout dépend de ce que l’on en fait.
Le secret maçonnique
La franc-maçonnerie est une société dite secrète. C’est certainement cette appellation qui constitue à en faire un mythe propice à toutes les peurs ou attirances. Personnellement, je préfèrerai nommer la franc-maçonnerie comme une « société discrète ». Le secret maçonnique est avant tout un secret personnel. En effet, être maçon demande tout d’abord un travail sur soi. Le maçon doit acquérir les outils pour découvrir le chemin qui aidera l’ensemble de l’humanité à la perfection. Le travail maçonnique consiste surtout à développer des idées novatrices qui serviront souvent à la dictée de nouvelle loi pour la république. Les francs-maçons sont avant tout pour les définir par un oxymore : des traditionalistes progressistes. Cette société secrète qui fait si peur à beaucoup d’entre nous ne fait que recréer la cellule familiale qui est le premier cadre dans lequel nous devenons citoyens et qui nous éveille à la vie politique. C’est par cette intimité que les francs-maçons ont eu par période trente ans d’avance sur la société civile. Ils prônent la tolérance et sont très attachés à la devise de la république « Liberté, Egalité, Fraternité ». La franc-maçonnerie est à l’origine des lois sur la contraception et sur la parité. Ils ont également contribués aux lois sur légalité Hommes - Femmes et aidés à l’acceptation de la loi sur le Pacs. Là encore ont peut dire que le secret contribue au développement de la pensée humaine et permet de garantir la liberté et légalité entre tous. La peur du secret et de l’intimité est sans doute le début de la mise en place d’une société totalitaire. Chaque femme et chaque homme à besoin de connaître des espaces publics et privés pour se structurer. La peur du secret caractérise probablement un début de paranoïa. Ceci pourrait faire l’objet d’un débat entre psychanalyste, psychiatre et philosophe.
Stéphane De Bona
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".