| samedi 27 janvier 2007, a 20:22 |
| Qu’est-ce que le progrès aujourd’hui ? |
Le progrès chez les grecs
Le progrès, dans la Grèce antique, pouvait se caractériser par des apprentissages de savoirs et de techniques pour participer activement à la vie de la cité. En effet, ce sont les grecs qui ont, pour la première fois introduit la notion de vie en communauté. L’homme a fait de la vie en société sa force contre les éléments naturels qui lui sont hostiles, mais paradoxalement ce qui constitue le vivre ensemble (la démocratie) peut se transformer en une extrême fragilité. Dans la mythologie grec, Zeus le plus puissant des dieux aurait distribué à chaque être les forces nécessaires à chacun pour survivre à son prédateur. Arrivé aux hommes, il ne lui en restait plus à distribuer. Pour compenser, il décida de donner à chaque homme un savoir faire ou une technique personnelle qui aiderait la cité à survivre. Mais, comme chaque homme vaquait à ses occupations et ne partageait pas, comme il aurait du, son savoir faire avec autrui (absence de transmission), son idée première ne put aboutir. Pour remédier à cette situation, il fit appel à Hermès qui donna aux hommes le sens de l’honneur et de la justice. Dotés de ces deux valeurs, l’humanité fut sauvée et tout rentra dans l’ordre. En partant de cette mythologie, on peut s’apercevoir que l’humanité qui devait se servir de ses savoirs et de ses techniques pour garantir sa survie, les a fourvoyer et les utilise aujourd’hui pour son bien-être personnel et contre la nature, en ne pensant nullement à ceux qui viendront après elle. Elle a à nouveau perdu les valeurs qui ont fait son unité, c'est-à-dire l’honneur et la justice. La notion de progrès doit être repensée comme une transmission et non comme l’acquisition d’une toute puissance de l’homme sur la nature.
Le progrès aujourd’hui peut paraître comme une régression
Nos sociétés occidentales, qui ont basé l’idée de progrès sur la facilité générée par l’innovation et la croissance économique, ont oublié que nous faisons partie intégrante de la nature. En bouleversant les équilibres fragiles de l’écosystème, nous mettons en danger la vie sur notre planète. Devons-nous encore penser le progrès comme découlant de l’innovation à n’importe quel prix écologique ou prendre conscience que le véritable progrès de l’humanité se situe dans le partage et la reconstruction de la biosphère que nous avons gravement endommagée durant plusieurs siècles ? Une chose est certaine : nous devrons vivre une nouvelle révolution industrielle à caractère écologique. Celle-ci demandera à tous de changer son mode de vie tant que notre développement n’aura pas trouvé de solution écologiquement responsable. Nous devrons peut-être vivre ce que nous considèrerons comme une forme de régression pour garantir notre survie en attendant des solutions nouvelles qui proviendront à nouveau de la science et de la raison. L’homme ne sera jamais supérieur à la nature.
Stéphane De Bona |
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