 Aujourd’hui s’ouvre la période de carême chez les chrétiens. Il débute, après le Mardi Gras, par le Mercredi des Cendres. Au cours d’une célébration, les catholiques se font signer d’une croix par des cendres sur le front. Ce symbole rappelle que l’homme n’est que poussière et qu’à la fin de sa vie, il retournera à la terre, en poussière. Le Mercredi des Cendres est l’un des deux jours de jeûne, avec le Vendredi Saint, du calendrier actuel de l’Eglise catholique. C’est un jour de pénitence qui doit aider l’homme à se repentir de ses fautes afin d’obtenir le pardon de Dieu. C’est le début d’une période de 40 jours destinée à faire preuve de repentance, de plus de charité dans le but de fortifier sa foi. Elle se termine le jour de Pâques, avec la résurrection du Christ. Le chiffre 40 exprime une attente qui se conclue par un changement. En effet, on le retrouve souvent dans la bible évoquant des périodes difficiles pour l’homme (40 jours de Déluge, 40 ans de l’Exode des Hébreux, 40 jours de tentation de Jésus dans le désert de Judée, …).
Le Christ, et l'Eglise à sa suite, nous propose trois moyens concrets pour vivre le Carême : la prière, le jeûne et le partage.
La prière : Découvrir et approfondir la présence vivante et vivifiante du Christ dans notre coeur. La prière et les sacrements constituent la clef de voûte de toute la vie chrétienne.
Le jeûne : Ce n'est pas tellement à la mode. Nous sommes invités à nous passer du superflu et même du nécessaire pour signifier concrètement que, ce qui seul nous est nécessaire, ce qui seul peut combler notre coeur, c'est le Christ. "Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné en plus". Ce jeûne creuse en nous le désir de Dieu. Il ne s'agit donc ni d'accomplir des prouesses ascétiques, ni de suivre des régimes amaigrissants, mais de nous préparer à recevoir Celui qui en se donnant, nous donne tout. Ces efforts peuvent porter sur la nourriture - c'est le premier sens du jeûne - mais aussi sur bien d'autres points qui tiennent une certaine place dans nos vies : TV, loisirs...
Le partage : Ce que nous avons et ce que nous sommes sont des dons que Dieu nous fait pour que nous puissions en faire participer ceux qui nous entourent. En parlant des premiers chrétiens, saint Luc écrivait, qu'ils n'avaient qu'un coeur et qu'une âme, qu'ils étaient fidèles à la prière et qu'ils mettaient tout en commun. Ce temps du Carême nous invite ainsi à mettre en commun, à partager, ce que nous avons et ce que nous sommes; c'est-à-dire nos biens matériels, ainsi que notre temps, nos compétences... On peut noter que la période du Ramadan, tant décriée par les autres confessions, fait appel aux mêmes principes que le Carême. Les trois religions du Livre, le Judaïsme, le christianisme et l’Islam sont des religions de tolérance et de partage. Elles ont un pilier commun : la charité qui donne aux croyants l’espérance d’accéder au monde futur, aux côtés de Dieu.
Stéphane De Bona
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