Lors du Salon du Livre 2007, j’ai pu rencontrer la philosophe et philologue Barbara CASSIN. Elle est directrice de recherche au CNRS et codirectrice de la collection « l’Ordre philosophique » au Seuil. Spécialiste de la pensée grecque et de la sophistique, elle a notamment dirigé le dictionnaire « Vocabulaire européen des philosophies » et vient de publier « Google-moi. La deuxième mission de l’Amérique » chez Albin Michel. On peut dire qu’elle est également une philosophe de la modernité, critique de son temps. Pour moi, c’est une grande figure de la philosophie contemporaine qui pourra être, plus tard, comparée à Hannah ARENDT. Elle devait être opposée, au cours d’un débat, à Daniel DARDAILLER (président de W3C : encyclopédie gratuite sur internet) sur le thème géopolitique d’internet : la question de la traduction. Malheureusement, la critique de son ouvrage a du se faire hors de sa présence. Barbara CASSIN ayant manqué son avion en provenance de Rome, l’animateur du débat, Léon WISZNIA, m’a proposé de participer à la conférence, persuadé de me connaître à travers un article de mon blog. J’ai alors refusé, considérant que je ne connaissait pas suffisamment le dernier ouvrage de Barbara CASSIN. J’ai tout de même fait deux interventions dans le public pour défendre la cause de l’auteur. L’un des plus forts reproches qui lui a été fait était qu’elle assimilait Georges Bush et l’entreprise Google à l’image de la puissance de l’Amérique dans le monde. Pour ses détracteurs, elle ne connaissait que partiellement ou nullement les Etats-Unis. J’ai alors répliqué en disant que ce qui préoccupait surtout Barbara CASSIN était un problème de rhétorique. En effet, le PDG de Google France a dit : « Notre mission est d’organisertoute l’information du monde », rappelant ainsi les propos de Georges Bush : « La mission universelle de l’Amérique est de lutter contre le mal, c’est le combat monumental du bien contre le mal ». Peu de temps après cette intervention, le président américain a défini ce qu’il appelle les pays de l’axe du mal, comprenant l’Irak et également l’Iran. La crise iranienne que nous vivons aujourd’hui n’est donc, pour moi, que la conséquence de ces propos. Je pense que Barbara CASSIN pourrait certainement me rejoindre sur ce terrain. J’ai également insisté sur l’avenir de l’Amérique et de l’Europe sans Georges Bush. Nous ne devons pas réduire le peuple américain à son président. Comme Barbara CASSIN, je suis pour le développement d’un moteur de recherche européen, mais en attendant : pourquoi ne pas développer et améliorer le modèle de celui des américains ? Alors que l’initiative d’un moteur européen était entrain de prendre corps, Quaero (comme Galileo face au GPS) a aujourd’hui du plomb dans l’aile en raison de l’absence de pouvoir politique organisé en Europe. Nous restons encore au stade du bricolage et de l’artisanat, qui n’est pas à même de faire face au développement continu des Etats-Unis. Après des programmes communs de développement industriel entre pays et régions, nous aurions du passer au stade supérieur, c'est-à-dire à une fédération d’états-nation pour imposer notre voix dans le monde face à celle de l’Amérique. Le chemin à parcourir reste encore long.
Une rencontre inoubliable
Le surlendemain, j’ai pu tout de même rencontrer Barbara CASSIN. Je lui ai dédicacé mon premier livre qui l’a fortement intéressé. Nos visions du monde sont, en effet, très proches. Elle m’a promis de me faire parvenir son prochain livre et m’a proposé de garder des contacts. C’est avec plaisir que j’entamerais certainement un dialogue philosophique avec cette femme de grande qualité. Cet épisode restera un des meilleurs moments vécu au Salon du Livre 2007. Il en existe encore bien d’autres que je vous narrerai prochainement. Merci également à vous, mes fidèles lecteurs, de continuer à soutenir mes écrits qui vont se multiplier dans l’avenir proche.
Stéphane De Bona
David Monniaux écrit le lundi 09 avril 2007, A 16:56
"président de W3C : encyclopédie gratuite sur internet"
Non. Le W3C (World Wide Web consortium) est un organisme de normalisation, qui notamment maintient la norme HTML. Cet organisme joue donc un rôle prééminent dans tout ce qui touche au Web.
Pour dire que je trouve Barbara CASSIN belle et intelligente.
Elle parle bien, se pose en sujet observateur de la société et ne met pas son ego en avant.
j kiss u too écrit le samedi 08 août 2009, A 10:41
le charisme de barbara cassin me fascine également, surtout en face d'une bordée de "journalistes" qui n'ont visiblement lu que 3 ou 4 pages du livre et dont ils se foutent éperdument. le principal pour eux est qu'ils soient bien cadrés par la caméra et qu'ils essaient de paraitre intelligents par des propos contradictoires au sujet du livre et de son auteur;
lamentable
pivot revient !!!
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".