Michel SERRES est un philosophe reconnu, le dernier survivant de sa génération, ayant connu des grands noms comme Jacques DERRIDA, Gilles DELEUZE, Jean-Paul SARTRE, etc… Il siège depuis 1990 à l’académie française au fauteuil 18. Il est à la fois philosophe, historien des sciences, marin et rugbyman. Il a vécu toute sa jeunesse dans le Sud-Ouest et se définit comme un citoyen du monde.
Lors d’un grand entretien au journal « l’Humanité » du 21 Avril 2004, il revient sur son parcours de vie et philosophique. Comme de nombreux personnages connus de sa génération, il fait un retour sur ce qui a marqué sa jeunesse, c'est-à-dire la seconde guerre mondiale et plus précisément les explosions des deux bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki. Ces événements successifs l’ont amené à remettre en question le cheminement intellectuel que la science avait du parcourir pour arriver à une telle aberration qui aboutit à une destruction partielle d’une partie de l’humanité. Durant toute sa carrière, il a tenté de mettre en lumière les fondements éthiques de la science à travers sa pensée philosophique en n’oubliant pas de voyager sur les mers et les continents en digne fils de marinier, ce qui lui a permis de connaître les hommes des quatre coins du monde et d’enseigner les fondements de sa discipline.
Le critique de ses contemporains
Pour Michel SERRES, la philosophie ne peut être enseignée sans la connaissance des différentes disciplines scientifiques. En effet, il ne cesse de rappeler que les plus grands philosophes de l’Antiquité, comme ceux des siècles suivants, ont été avant tout de bons scientifiques. Aristote, en son temps, a été un excellent biologiste ; Descartes et Leibniz, des bons mathématiciens et physiciens et enfin ; Marx, un formidable sociologue et économiste. Il regrette que la philosophie et les sciences soient enseignées à l’université comme des disciplines n’ayant aucun lien entre elles, ce qui fait que nos chercheurs en science n’ont tôt ou tard plus aucun sens éthique et moral. Il est pourtant conscient qu’une synthèse de ces deux pôles de connaissance est difficile à réaliser, tant les savoirs ont évolué depuis l’Antiquité. L’appauvrissement culturel de nos sociétés ne peut mener l’humanité qu’à un appauvrissement matériel généré par la mondialisation amenant les peuples à s’affronter pour garder leur indépendance économique et financière face au reste du monde.
Quant à un traité de philosophie morale et politique, Michel SERRES s’estime encore un peu jeune pour cela. Pour lui, les questions politiques exigent une refonte totale de nos sociétés, tant les écarts entre les élites et la population se creusent. La solution serait qu’un grand penseur politique du XXIème siècle voit le jour pour repenser les articulations entre les uns et les autres.
De toutes les rencontres que j’ai pu faire sur le Salon du Livre 2007, celle avec Michel SERRES m’a particulièrement impressionné et, malheureusement je n’ai pas pu débattre avec lui pour confronter nos visions du monde, tant mon émotion était grande. La poignée de main qu’il m’a adressé à la fin de notre entrevue restera sans doute l’un des plus grands moments de ma vie. J’espère un jour, avoir sa sagesse et sa clairvoyance en ce qui concerne le destin de l’humanité. J’en suis encore loin !
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".