Nicolas Sarkozy a effectué une visite au Vatican cette semaine. Une fois encore, il a su se mettre en scène. Il fut d'abord consacré chanoine d'honneur par le pape, titre qui revient de droit au président français. Cette distinction lui permet maintenant de rentrer à cheval dans toutes les cathédrales de France. Ce qui augmente encore son charisme vis-à-vis des chrétiens pratiquants. Il a réaffirmé auprès du pape l'attachement profond des Français pour l'église catholique et il a ajouté que la religion était une valeur structurante et non un ennemi qui engendre la peur depuis le 11 septembre 2001. Sur ce type de déclarations, je n'ai rien à redire, mais a-t-il oublié sa situation matrimoniale ? Il est deux fois divorcé et envisage un troisième mariage avec Carla Bruni. En sachant que le Saint-Siège ne tolère qu'un mariage religieux, c'est un catholique exemplaire ! De plus, il n'a pas peur du ridicule puisque les bonnes relations entre le président français et le Vatican sont essentiellement du vestige qu'il a hérité de l'empire napoléonien. En effet, le concordat encore en vigueur en Alsace Moselle fait de lui, en quelque sorte, "un chef de l'église". Pourtant il envisage d'y mettre fin pendant l'année 2008. Pourquoi cette réforme ? Une fois de plus, c'est sans doute le matériel qui prime sur le spirituel. Outre le fait que les prêtres soient payés par l'État, ce régime concordataire nous permet d'avoir des avantages sociaux supplémentaires en Alsace Moselle. Nous bénéficions de deux journées fériées de plus : le vendredi Saint et le lendemain de Noël. Mais le plus dérangeant pour lui est sans doute qu'il ne pourra pas démanteler le régime de sécurité sociale en France sans mettre fin à l'exception de l'Alsace Moselle. Nous sommes effectivement le seul régime régional d'assurance-maladie à être excédentaire. Nous donnons chaque année nos excédents à l'état pour combler le déficit de la sécurité sociale. Pourquoi sommes-nous exemplaires ? Pour deux raisons : grâce au concordat nous cotiseront plus chaque année et chaque cotisant est remboursé à hauteur de 65 % pour tous les frais médicaux. De plus, nous sommes sujets à de plus important contrôle effectué par nos caisses pour évaluer l'effectivité de notre maladie. Dans mon cas, invalides à 100 % pour la sécurité sociale, des contrôleurs passent tous les quatre ans pour voir si ma situation ne s'est pas améliorée et mon allocation tierce personne est remise en question tous les ans. Voilà pourquoi ils devraient plutôt étendre une partie du concordat plutôt que de le supprimer. Qu'en pensez-vous ? En touchant notre régime, il va enfin pouvoir privatiser la sécurité sociale et faire la part belle aux assurances privées. Encore un peu plus d'inégalités entre riches et pauvres !
Le concordat
En Alsace et en Moselle le régime concordataire est toujours en vigueur : un avis du Conseil d'État du 24 janvier1925 déclare que la loi du 18 germinal an X est toujours en vigueur. Cela est dû à la date d'abolition du Concordat en France, qui coïncidait avec celle de non inclusion dans le territoire français de cette région et ce département, alors rattachés à l'Allemagne (suite à la défaite de 1870).
Concrètement, la loi de Séparation de 1905 n'est pas applicable en Alsace-Moselle et les quatre cultes : catholique, luthérien, réformé et juif y bénéficient d'un véritable statut. Prêtres et laïcs en mission, pasteurs et rabbins y sont rémunérés par l'État. Les évêques de Strasbourg et Metz sont nommés par le chef de l'État (cas aujourd'hui unique au monde). De fait, l'Elysée suit désormais le souhait du Saint-Siège. Le président de l'Église protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (EPCAAL), dont le nom est proposé par un vote du consistoire supérieur de cette Église, est lui aussi nommé par l'État. Les membres laïcs élus des consistoires israélites des trois départements doivent avoir l'agrément du Premier ministre.
Ce statut particulier a été contesté à plusieurs reprises, notamment en 1924 par le Cartel des Gauches, mais les Alsaciens et Mosellans, qui se sont alors mobilisés pour le conserver, s'y montrent encore très attachés. Les partis de gauche en avaient inscrit l'abolition dans leur programme jusque dans les années 1970, mais y ont renoncé ensuite.
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".