X
Identifiant Mot de passe
  Admin Blog Accueil Blog Créér un blog Mail Actualités ToutApprendre Soutien Scolaire Shopping Mag des Voyages Recherche Web
OK
Electron Livre
mercredi 30 avril 2008, a 19:40
Du non-intérêt d’un trop long texte philosophique

 

 

Lycéens en cycle général, étudiants en philosophie ; tous sont déjà passés et passeront par la rédaction d'une dissertation ou d'un mémoire au cours de leur scolarité. Les auteurs ayant écrit de nombreux et célèbres ouvrages de morale, de métaphysique ou autres sont eux aussi passés par là. Tous respectent une certaine nomenclature dans la rédaction de leurs travaux : Une introduction, un développement avec exemples et contre-exemples, enfin une conclusion. Il y a cependant une vieille tradition française selon laquelle il faut de la matière, du blabla. Un texte philosophique doit être compris dans son intégralité et pour cela il doit être d'une longueur consistante, son étude doit être poussée, les termes développés à l'extrême afin de presser le citron jusqu'à en extraire le maximum de jus. La masturbation de l'esprit dit-on ! Le novice à la discipline philosophique –qui peut donc l'en blâmer ?- dirait que pour qu'un texte soit compris, il doit être clair, concis et que l'essentiel de sa verve peut très bien reposer en quelques paragraphes. Et bien non, nous les philosophes on aime le compliqué : on veut savoir quel est le pourquoi du comment, mais aussi le lien entre le « pourquoi » et le « comment », leurs origines étymologiques, leurs conditions linguistiques, mais ce n'est pas tout : le philosophe voudra savoir jusqu'à la question « qu'est-ce-que le pourquoi et le comment ? Peuvent-ils exister l'un sans l'autre ? Une question peut-elle rester sans réponse et à l'inverse une réponse doit-elle toujours être rattachée à une question ? Ya-il plusieurs questions pour une seule réponse ou plusieurs réponses à une seule question ? L'homme serait-il encore cet être savant s'il ne se posait plus de questions sur le monde qui l'entoure »… Les possibilités sont multiples.

 

Vous voyez, on constate qu'à partir de simples mots tels que « pourquoi » et « comment » le philosophe se voit obligé d'en rajouter, d'aller toujours plus loin. Il pourrait s'arrêter à un moment donné eh bien non, il continue dans sa fougue. A croire qu'il n'est fait que pour çà : se masturber l'esprit, torturer les mots, chercher des significations les plus extrêmes à des choses futiles voire inutiles. En même temps c'est ce que tout le monde attend du philosophe, qu'il en fasse ainsi, sinon à quoi il servirait ? C'est son job ! Il est payé (ou plutôt pas payé justement !) pour çà, auquel cas il serait journaliste, écrivain ou il s'appellerait Paul-Loup Sulitzer.

 

Ecrire un texte philosophique, un exercice difficile

 

Je suis parti d'un simple constat : On écrit beaucoup lorsqu'on n'a pas grand chose à dire !

Cette analyse tend à démontrer par deux visions des choses ; d'une part lorsqu'un élève compose en vue d'un examen, d'autre part les œuvres d'auteurs défunts.

L'élève a tout à apprendre, on lui enseigne la méthode, comment écrire et surtout les erreurs à ne pas commettre. Composer un texte philosophique reste un exercice très difficile et sa correction non moins délicate. On peut mettre en doute parfois la capacité du professeur à noter avec la plus grande transparence. En histoire, en maths, en français… la réponse est juste ou fausse selon qu'une réponse erronée provienne d'un événement, d'un calcul ou d'une règle grammaticale ; en philosophie il en est tout autre nous le savons bien. Le professeur sera tenté par ce jeu pervers qui consiste à dire que « de toute façon ma notation est subjective, il n'y a aucuns réels critères sur lesquels l'autre pourrait s'appuyer s'il voulait contester ses résultats ». Dans un article du magazine Sciences Humaines n°192 / avril 2008, Vincent Troger (maître de conf' à l'université de Nantes) révèle que si le prof connaît l'élève, sa notation peut inconsciemment être influencé selon l'apparence physique ou le mode d'élocution de ce dernier (effet de halo) certains mêmes se figent dans leur premier jugement et notent par la suite l'élève tout le temps de la même manière quelque soit la qualité du rendu (effet de stéréotypie).

 

Donc, dans un souci de «ne pas rendre copie blanche » l'élève va broder. Qu'il ne connaisse pas sa leçon, qu'il maîtrise mal le vocabulaire, peu importe : il brode.

 

Si l'on brode de manière intelligente et posée, çà peut passer et personne ne s'en souciera, mais cette pratique est risqué d'autant plus qu'il faut avoir une maîtrise parfaite de la chose pour que personne ne s'en aperçoive, là réside toute la difficulté et les plus grands auteurs y sont déjà parvenus avec grand succès. « Moins on en a et plus on l'étale » me direz-vous ? C'est peut-être vrai et pourtant les plus grands ne s'en sont jamais privés. Je ne remets certainement pas en doute l'intelligence des Kant, Hegel et autres Heidegger mais je reste profondément convaincu que leurs œuvres sont inutilement longues, foncièrement indigestes et terriblement compliqués. Les plus grands spécialistes kantiens aujourd'hui vont diront qu'après de nombreuses années à avoir étudié l'auteur, ils n'en ont pas encore fait le tour… C'est dire ! Emmanuel Kant est quand même l'un des seuls parmi les idéalistes allemands à se compliquer la vie à ce point, au lieu d'expliquer les choses de façon claire et simple, il va utiliser un ton didactique que lui seul est capable d'en comprendre tout les ressorts, avec cette manie systématique de tout décortiquer. Un certain Benedikt Stattler disait de lui « celui qui concasse tout » dans son Anti-Kant écrit en 1788 : Par exemple, de toutes les traductions qui existent concernant sa première « Critique » aucunes n'est réellement correcte ou fiable. C'est d'autant de complexités de lectures supplémentaires, déjà que l'œuvre originelle est insupportable en soi…

 

Les pages inutiles

 

Mon but est tout simplement l'idée que de prendre une œuvre de philosophie dans les mains de la lire et d'en garder –juste et uniquement- l'essentiel en supprimant tout le reste ; aucun risque que le sens et la compréhension du texte en soit affecté, il ne s'agira là que de tout ce qui est superflu et indifférent à la problématique du texte proprement dit ; dans l'édition 2001 de La Critique de la Raison Pure traduite par Alain Renaud, je tourne les pages et je constate dans CETTE édition-là, que les 93 premières pages sont totalement inutiles (présentation, notes, préfaces), sinon juste faites pour situer dans le temps et l'espace le contexte philosophique et la vie de l'auteur. Ensuite si l'on prend l'architectonique même du cœur du texte, on frise l'organigramme d'une S.A.R.L. avec par exemple, dans le « II - Logique Transcendale » on voit que le Livre I est composé des chapitres I et II qui eux-mêmes sont composés chacun de 3 sections distinctes. A la vue d'une telle mathématique, on se demande Kant -quand- cela s'arrêtera-il enfin ? Ce n'est pas un mystère, cette édition-là fait 688 pages (et encore, sans compter les notes, l'index, la table des matières…)

688 pages traitant de la théorie de la connaissance !! Je reste persuadé qu'en 200 pages maximum Kant aurait pu dire ce qu'il avait à dire. Et c'est là où je voulais en venir quant à mon titre « du non-intérêt d'un trop long texte » 200 pages maximum c'est largement suffisant car tout le reste (avant et après) n'est que remplissage ; ne conserver que le cœur de l'ouvrage, sa sève, voilà l'indispensable. La tradition ancestrale veut qu'un auteur se réfère toujours aux penseurs d'antan afin d'avancer sa propre théorie et la développer. A quoi cela sert-il sinon à remplir des pages blanches , Si l'on veut écrire sur la politique, pas besoin d'en faire des tonnes sur Aristote et sa vision de la polis, autant ouvrir l'œuvre aristotélicienne « La Politique » et voilà déjà une cinquantaine de pages d'économisé…

 

Concernant Kant, je pourrai plus longuement évoquer son goût du détail, de celui du travail bien carré sans rien jamais qui dépasse, un peu à l'allemande, qui vire souvent à l'obsessionnel, mais je le ferai dans une autre diatribe.

 

En conclusion, je vais appliquer mes conseils à moi-même, -après tout ne faut-il pas toujours montrer l'exemple ?- et stopper net ici mon analyse déjà trop longue ; comme çà, sans conclusion, sans rien… N'en déplaise aux philosophes…

 

Franck SCHWEITZER

< Retour
Commentaires
Signature pour votre commentaire

Adresse e-mail (facultatif):

M'avertir d'un nouveau commentaire de cet article
code de vérification (ci-dessous)


Présentation
De Bona Stéphane

Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".

Et cela peut rapporter GROS !

Bon surf !

Envoyer un mail à l'auteur
[ debonastephane ]
[ debonastephane ]
publicité
commentaire(s)
La taxe Tobin JEAN85 (29/10/2009 22:11)

On voit bien que l&#...

Ma Résilience moobil (29/10/2009 21:00)

Je tenais à te prése...

Rencontre avec Corinne LEPAGE et Nathalie GRIESBECK JP (22/10/2009 17:27)

bonjour ton blog es...

Evolution de la famille en France pierre54 (13/10/2009 09:11)

Merci , ton article ...

Histoire de famille : Lettre d’une fille à ses parents Coralie (11/10/2009 22:51)

J'adore ! Tout ...

Newsletter

Pour vous inscrire à la newsletter de ce blog renseignez votre adresse mail :


mes catégories
Politique (143)
Philosophie (90)
Ethnologie (74)
Economie (53)
Finance (28)
Metz (27)
Livres (24)
Bourse (21)
Handicap (19)
Banque (18)
Solidarité (13)
Religion (13)
Liberté (12)
Presse (11)
Histoire (8)
Europe (8)
Démocratie (7)
Film (6)
Art (6)
Sport (6)
Articles précédents
Liste des articles
calendrier
«avril 2008»
LunMarMerJeuVenSamDim
01 02 03 04 05 06
07 08 09 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30
archives
2009-11 (1)
2009-10 (8)
2009-09 (5)
2009-06 (2)
2009-05 (6)
2009-04 (14)
2009-03 (7)
2009-02 (14)
2009-01 (19)
2008-12 (13)
2008-11 (4)
2008-10 (2)
2008-09 (3)
2008-08 (13)
2008-07 (8)
2008-06 (5)
2008-05 (3)
2008-04 (7)
2008-03 (10)
2008-02 (13)
2008-01 (20)
2007-12 (8)
2007-11 (5)
2007-10 (3)
2007-09 (13)
2007-08 (9)
2007-07 (10)
2007-06 (15)
2007-05 (13)
2007-04 (20)
2007-03 (8)
2007-02 (13)
2007-01 (26)
2006-12 (16)
2006-11 (21)
2006-10 (22)
2006-09 (27)
2006-08 (9)
2006-07 (12)
2006-06 (22)
thèmes
Philosophie
Mes blogs Mongenie préférés
ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE !
Chat Siamois de Lorraine
VIETNAM : MON PAYS NATAL
Liberté Egalité Fraternité
Le blog de Blaise
FLO, le BLOG sans filtre - Mémos, mes maux et mes mots
Collectif de Patients en Colère
partylite en lorraine
... et dans quelle étagère ?
A livre ouvert
Le BIEN ETRE et le BIO pour tous
MYLENE FARMER
Mes autres blogs préférés
Mémorial de la shoah
Site du Saint Siège Vatican
Musée du quai Branly
Mannequin sexy handicapé
Amnesty International
Tina Modotti Photographe
Mon éditeur
Cabinet de Psychologie
Mon Site Officiel
Robert Doisneau photographe
Pacte écologique
Annie Colpin Salon littéraire
Miss Handi-culture
Franc-Maçonnerie Droit Humain
Challenge Handicap et Technologie de Metz
Boutique Electron Livre
Trans-genre
Vie freinée Erwan de Secret Story
Mission bleu ciel
Comité ATTALI de libération de la croissance (objectif 5% par an)
Les livres et documents politiques
Télévision en ligne
Parti Radical Valoisien
Parti Radical de Gauche
Mouvement Démocrate (MoDem)
Blog de Jean-Marc MORANDINI
Parlement Européen
Présidence de la République
Premier Ministre et le Gouvernement
Parlement Français
Conseil Régional de la Lorraine
Conseil Général de la Moselle
Mairie de Metz
Jeunes Démocrates de Moselle
Le blog de Danao
Un rêve pour Metz, suite
Mouvement Démocrate de Metz (MoDem)
Mouvement Démocrate de Moselle (MoDem)
Le Blog de Nathalie Griesbeck Députée Européenne MoDem
Mairie d'Amanvillers
Communauté d'Agglomération de Metz
Association vivre avec le SED (Syndrome d'Ehlers Danlos)
Association internationale pour les Droits de la Femme
Media Social Les Démocrates
D'autres blogs sur monGenie
FLO, le BLOG sans filtre -
Manger c'est fou !
QUESTIONS POSEES
Liberté Egalité Fraternité
Electron Livre
Best Of
Huit jours avec le MoDem en Lorraine

Lettre des têtes de listes MoDem Grand Est
Mesures anti-crise
Le chiffre et la phrase du jour !
Visites depuis

Le début du mois : 1882

Le mois dernier : 7972

L'ouverture du blog : 279457



** ** © Learnorama 2006 - conditions générales - développé par Learnorama et Kernix - Contact - Nouveautés blog