Le 5 septembre 2008, Jean-François Kahn déclarait rejoindre le mouvement démocrate et vouloir être candidat aux élections européennes de 2009. Tous les militants du mouvement démocrate auraient du se réjouir de l'arrivée de ce journaliste de talent à nos côtés, si ses exigences n'étaient pas démesurées. Le 26 octobre 2008, il affirme vouloir être tête de liste dans la région Grand Est. Cependant, nous comptons déjà une députée admirable en la personne de Nathalie Griesbeck et beaucoup de militants pensent que cette ambition pourrait être vécue comme un parachutage contre-productif.
Le travail contre la rhétorique
Personnellement, je devrais me réjouir que cet homme de lettres veuille conduire la liste de notre région. Oui mais voilà, que connaît-il de cet espace frontalier très particuliers qu'est notre région (Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Lorraine et Franche-Comté) ? Il est tout d'abord issu du sérail parisien. Il serait donc plus logique qu'il soit candidat dans la région Île-de-France. Durant son mandat Nathalie Griesbeck n'a eu de cesse d'arpenter sa circonscription et d'être au plus proche de ses concitoyens européens. Elle a su marier admirablement bien, son mandat de conseiller général et de député européen. Sa ténacité et sa connaissance du terrain lui ont permis de faire barrage à plusieurs reprises à la politique de Nicolas Sarkozy (fichier EDWIGE ou restructuration de la carte militaire…). Elle sait parfaitement incarner les institutions européennes et les expliquer, de par sa formation de juriste, dans une région qui est profondément légaliste. Elle démontre que l'union européenne est un atout dans ce carrefour transfrontalier. Bref c'est pour moi, la personne qu'il faut, là où il faut ! L'Europe n'est plus une figure de rhétorique comme Jean-François Kahn pourra nous la présenter, mais elle est bien devenue une réalité par le travail et la constance d'Européens convaincus comme Nathalie Griesbeck (née en Lorraine, patrie de Robert Schuman, père fondateur de l'Union Européenne).
Une démission avant d'être élu
De plus Jean-François Kahn a annoncé qu'il démissionnerait si trois députés de sa liste n'étaient pas élus au Parlement européen. Quelle image se fait-t-il de ce mandat ? Se présenter à une élection, ne doit pas revenir à un sondage de popularité, pour un homme en fin de carrière. Il ne suffit pas d'avoir les mêmes initiales qu'un des plus grands présidents des États-Unis pour penser avoir « élections gagnées » et se prendre pour le général De Gaulle ! De plus, je pense que le mandat de député européen est bien mal taillé pour J. F. K., puisqu'il ne disposera que de deux minutes de temps de parole au Parlement européen. Je pense donc, connaissant sa verve, qu'il sera frustré la plupart du temps et cessera sans doute de siéger très vite. C'est pour cela, que je soutiens Nathalie Griesbeck, afin qu'elle obtienne la tête de liste dans le Grand Est. J'aimerai que Jean-François Kahn ait l'humilité de se placer en deuxième position sur la liste, afin qu'il fasse ses preuves en tant que politiques. Passer de la sémantique à l'action ne se fait pas en un jour ! Il aura donc tout le temps d'apprendre aux côtés de notre valeureuse députée.
Stéphane De Bona
Membre du Conseil Départemental de la Moselle du MoDem
Membre de la Conférence Nationale du MoDem
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