La méthode de la philosophie analytique est une approche générale de la philosophie, un style d'analyse qui répond à certaines exigences rationnelles. Elle fut tout d'abord liée essentiellement aux projets d'analyse logique des problèmes philosophiques ; cette méthode est conçue aujourd'hui non plus comme un programme, mais comme un souci de clarté et de précision, exigeant de donner une place importante à l'argumentation, aux discussions et aux preuves, d'éviter toute ambiguïté, et de prêter une attention particulière à toutes les nuances de détails qui peuvent entrer dans un problème. Le but de l'approche analytique est de clarifier les problèmes philosophiques en examinant et clarifiant le langage dont on se sert pour les formuler. Cette méthode compte parmi ses apports majeurs la logique moderne, la mise au jour du problème du sens et de la dénotation dans la construction du signification, la théorie de la falsification de Karl Popper. Les deux branches principales sont, d'une part, la recherche pour comprendre le langage en utilisant la logique formelle ; d'autre part, la recherche pour comprendre les idées philosophiques en examinant le langage naturel utilisé pour les formuler et les clarifier.
La Logique moderne & contemporaine :
Frege jette les bases de la logique moderne. La définition axiomatique d'un concept et la base axiomatique d'une mathématique sont deux notions relativement différentes. La logique qui reflétait essentiellement une évidence intuitive, s'ouvre à des paradoxes comme celui du menteur ou de l'ensemble de tous les ensembles. Husserl montre que la logique ne peut pas être cette base intuitive que tout le monde accepte. Les mathématiques sont en chaos. La logique gagne en relativité, les propositions ne sont plus vrais ou fausses mais aussi indécidables. On peut ajouter autant d'axiomes que l'on veut et monter des logiques différentes avec des axiomes contradictoires. La logique devient une des bases d'une nouvelle science, l'informatique. Elle contient probablement la base d'un des grands problèmes de notre temps, on est toujours loin de pouvoir résoudre le problème du « voyageur de commerce ». Une base axiomatique, l'analyse non standard, remet au goût du jour et de façon rigoureuse les vielles méthodes de calcul différentiel. On n'aurait pas encore démontré de théorème majeur avec ces méthodes. La logique intuitionniste prend une place importante comme première logique constructive et le lambda calcul qui lui est intimement lié permet de fonder la théorie du calcul.
La Linguistique :
Au sens large, la linguistique est l'étude des langues humaines. Un linguiste est donc une personne qui étudie les langues. Dans un sens plus restreint, la linguistique s'oppose à la grammaire dite traditionnelle, en ce sens que celle-ci est normative (ou prescriptive) tandis que celle-là est descriptive. Alors que la grammaire juge les énoncés en termes d'adéquation à une norme donnée, la linguistique se contente de décrire. La linguistique théorique est souvent divisée en domaines séparés et plus ou moins indépendants :
- phonétique : étude des différents phones ou sons produits par l'appareil phonatoire humain ;
- phonologie : étude des sons pertinents, ou phonèmes, d'une langue donnée ;
- morphologie : étude de la structure interne des mots ;
- syntaxe : étude de la combinatoire des mots entre eux pour former des phrases ;
- sémantique : étude du sens des mots et des énoncés ;
- stylistique : étude du style d'un énoncé littéraire ou non ;
- pragmatique : étude de l'utilisation des énoncés dans les actes d'énonciation.
La Phénoménologie :
Elle essaie de répondre à la crise des mathématiques par un « retour aux choses mêmes » (selon le mot de Husserl), c'est-à-dire aux phénomènes ou vécus de conscience : il s'agit de mettre le monde « entre parenthèses » autrement dit ne pas se prononcer sur lui, sur son existence, suspendre toutes nos croyances, pour se concentrer sur l'apparaître, sur ce qui se présente à la conscience. Ce n'est pas un point de vue purement naïf : il faut au contraire dépouiller les phénomènes de leurs croyances naïves. Il y aura au cours du XXe siècle toutes sortes de phénoménologies : religieuse, existentielle (Heidegger, Sartre), de la perception (Merleau-Ponty) etc.
L'Herméneutique :
Du grec hermeneutikè, art d'interpréter et du nom du dieu grec Hermès, nom du messager des dieux et interprète de leurs ordres- est l'interprétation de tout texte nécessitant une explication, notamment dans la critique littéraire ou historique et dans le droit ou même dans le cadre de la psychanalyse. On parle d'herméneutique pour l'interprétation des textes en général, anciens en particulier, dans le cas de l'art contemporain par exemple, est parfois appelée à recouvrir. Celle des écritures saintes qu'il s'agisse de Bible ou de Coran est un sujet qui demeure délicat. On désigne aussi par herméneutique la réflexion philosophique interprétative sur les symboles religieux et les mythes. La méthodologie du dévoilement ou de la restitution d'un texte se pose la question suivante : Dans quelle mesure l'interprétation du lecteur doit-elle être prise en compte et est-elle valide ?
Le Structuralisme :
Elle trouve son origine dans le Cours de linguistique générale de Ferdinand de Saussure (1916), qui propose d'appréhender toute langue comme un système dans lequel chacun des éléments n'est définissable que par les relations d'équivalence ou d'opposition qu'il entretient avec les autres, cet ensemble de relations formant la structure. La structure possède une organisation logique mais implicite, un fondement objectif en deçà de la conscience et de la pensée. En effet, tout structuralisme repose sur un double statut des structures, à la fois "idéel" (comme forme abstraite d'organisation) et "réel" (comme réalisation concrète). Par conséquent, le structuralisme vise à mettre en évidence ces structures inconscientes par la compréhension et l'explication de leurs réalisations sensibles.
L'Anthropologie :
Science Humaine qui étudie l'être humain sous tous ses aspects, sociaux, culturels, et physiques. Cette discipline s'appuie notamment sur l'étude ethnologique des sociétés et peuples ayant préservé une culture spécifique originale. L'anthropologie synthétise ces données dans le cadre d'une étude générale de l'espèce humaine. Le modèle français privilégie les aspects symboliques et sociaux de l'étude de l'être humain et fait de l'ethnologie une sous-discipline de la sociologie, négligeant selon certains les aspects matériels et physiques de l'étude de l'être humain.
La philosophie et la science :
La méthodologie de la philosophie la rapproche des sciences, et son idéal de clarté et de précision permet de rendre testables et donc réfutables les assertions philosophiques qui y sont exprimées. Ce dernier critère, mis en évidence par Popper permet en effet de distinguer les assertions qui présentent un caractère scientifique ou non. Certains philosophes remettent en cause le bien-fondé ou la valeur de la philosophie analytique. Certains autres estiment que la philosophie ne peut se limiter à « l'analyse des concepts » et que la critique de la distinction entre analytique et synthétique a ruiné l'analyse conceptuelle. Selon certains détracteurs de la philosophie analytique, cette approche de la philosophie restreint son spectre d'investigation à l'analyse épistémologique et ontologique. Toute idée est uniquement jugée en fonction de la qualité de l'argumentation rationnelle qui la supporte. Ainsi une partie entière de la pensée se trouve niée, et la philosophie doit modérer ses ambitions en se soumettant à la science.
La Physique :
Du grec φυσικη- est étymologiquement la science de la Nature. Son champ est néanmoins plus restreint : elle décrit de façon à la fois quantitative et conceptuelle les composants fondamentaux de l'univers, les forces qui s'y exercent et leurs effets. Elle développe des théories en utilisant l'outil des mathématiques pour décrire et prévoir l'évolution d'un système. Cette science n'accepte comme résultat que ce qui est mesurable et reproductible par expérience. Une théorie (ou modèle) est un ensemble conceptuel formalisé mathématiquement, dans lequel des paramètres physiques qu'on suppose indépendants (charge, énergie, temps par exemple) sont exprimés sous forme de variables et mesurés avec des unités appropriées (Joule, seconde). La théorie relie ces variables par une ou plusieurs équations (E = mc2 est sans doute la plus connue). Ces relations permettent de prédire de façon quantitative le résultat d'expériences.
Une expérience est un protocole matériel permettant de mesurer certains phénomènes dont la théorie donne une représentation conceptuelle. Bien que la physique s'intéresse à une grande variété de systèmes, certaines théories ne peuvent être rattachées qu'à la physique dans son ensemble et non à l'un de ses domaines. Chacune de ces théories est supposée juste, dans un certain domaine de validité ou d'applicabilité. Par exemple, la théorie de la mécanique classique (ou newtonienne) décrit fidèlement le mouvement d'un objet, pourvu que ses dimensions soit bien plus grandes que celles d'un atome et que sa vitesse soit bien inférieure à la vitesse de la lumière et que l'objet ne soit pas trop proche d'une masse importante et que celui-ci soit dépourvu de charge. Les théories anciennes comme par exemple la mécanique newtonienne sont encore des sujets de recherche notamment dans l'étude des phénomènes complexes (exemple : la théorie du chaos).
La Biologie : bios (βιος) et logos (λογος), c'est la science de la vie. Par définition, la biologie est l'étude des êtres vivants, tels qu'on les connaît sur la planèteTerre. Mais la distinction entre organismes vivants et non vivants est parfois difficile (voir virus, viroïde et prions.), et la détermination de l'objet spécifique de la biologie n'a rien d'évident. Prise en un sens plus large, la biologie ou sciences de la vie est également l'ensemble des disciplines, classiques et modernes, qui étudie les structures, les fonctions et les niveaux d'organisation (molécules, cellules, tissus, organes, systèmes et organismes ainsi que leur milieu de vie) des êtres vivants, ces êtres vivants n'étant scientifiquement que des assemblages complexes de molécules interagissant entre elles selon les lois de la physique et de la chimie s'appliquant à toute matière. Enfin, le terme a été défini à la fin du XVIIIe siècle par le naturaliste français Jean-Baptiste Lamarck.
Le Cercle de Vienne : Club philosophique qui a fonctionné à Vienne officiellement depuis 1929 jusqu'à l'assassinat de son chef de file, Moritz Schlick, le 22 juin 1936, après quoi le club se dispersa. Le Cercle existait de manière informelle déjà avant la guerre de 14-18. La tendance y était au positivisme logique, et était influencée par L. Wittgenstein, B. Russell, George E. Moore, H. Poincaré, A. Einstein, K. Popper. Il s'agissait plus ou moins de tordre le cou à la métaphysique, et l'une des cibles du cercle était Heidegger.
Franck Schweitzer |