Stéphane De Bona est un fervent défenseur du développement des institutions européennes et de l'union européenne. Il a participé à la création d'un partenariat entre les universités de Metz, Nancy, Luxembourg. Il est aujourd'hui, Membre du conseil départemental de la Moselle et de la conférence nationale du Mouvement Démocrate.
Franck Schweitzer : Vous défendez la candidature de Nathalie Griesbeck, comme tête de liste Grand Est du Mouvement Démocrate pour les Elections Européennes, pourquoi ?
Stéphane De Bona : Aujourd'hui, elle est la seule candidate comme tête de liste qu'on nous propose qui connaisse parfaitement sa circonscription. Elle a d'ailleurs donné une conférence sur le thème «L'Europe entre réalité et idéal économique ?», démontrant sa parfaite maîtrise des dossiers. Elle nous a notamment expliqué que l'État français ne s'appuie pas assez sur les institutions européennes pour faciliter son développement économique, par l'intermédiaire des fonds structurels. Elle montre par un vocabulaire simple, que l'Europe n'est pas un machin, par lequel nous viendraient tous les maux, mais qu'elle pourrait souvent être notre planche de salut. Parce qu'elle aime autant sa grande région que l'Europe, elle est la garantie que nous serons bien représentés au Parlement européen pour les cinq ans à venir.
FS : Pourquoi devrais-je me sentir européen ?
SDB : Je pense que notre situation géographique ne peut conduire qu'à ce sentiment. Nous sommes un carrefour de l'union. Nous sommes frontaliers avec plusieurs pays de l'union, l'Allemagne et le Benelux (Luxembourg, Belgique et les Pays-Bas). De plus, l'Europe est le seul espace de taille suffisante qui puisse protéger nos valeurs telles que la liberté et les Droits de l'Homme... De plus nous sommes le seul continent qui dispose d'une politique climatique. Le programme européen sur les changements climatiques (PECC) va plus loin que les engagements pris lors du protocole de Kyoto, cette politique est fondamentale pour répondre aux enjeux du XXIe siècle. Nous avons raté une belle occasion de devenir une force continentale qui compte après le refus du traité constitutionnel en 2005. L'Union Européenne facilite les échanges entre citoyens, du point de vue du travail, des diplômes et du tourisme. Elle nous protège aussi par des coopérations judiciaires renforcées dans les états membres. L'union européenne est un espace de liberté de sécurité et de justice. Aujourd'hui, elle n'est plus seulement un espace économique, mais devient peu à peu politique. Elle sera incarnée et identitaire après l'adoption du traité de Lisbonne par tous les états membres. Elle pourra afin devenir une Europe que les citoyens sentiront humaine.
FS : Avec le traité de Lisbonne, la France disparaîtra-t-elle au profit de l'union comme semblent le dire le président du Front National, Jean-Marie Le Pen ?
SDB : Non au contraire ! L'union européenne est une structure originale qui n'a pas d'équivalent juridique. Elle est le fruit de la signature de différents traités entre plusieurs états membres. Nous ne serons pas les États-Unis d'Europe, mais plutôt une fédération d'États-nations qui à tout moment pourront décider de quitter l'union, grâce à une clause du traité. De plus, les États-Unis auront enfin un interlocuteur qu'ils pourront identifier, puisque le président de l'union sera élu. L'Europe est déjà une réalité pour chacun d'entre nous, nous vivons dans une structure semi-fédérale qui ne dit pas son nom car nous en avons peur. Nos dirigeants politiques utilisent ces structures pour se dédouaner de leurs erreurs, alors que dans beaucoup d'états membres ses bienfaits sont mis en avant, pas seulement dans l'Europe de l'Est, mais aussi dans l'Europe de l'Ouest. L'Europe est un moteur qui aide les états membres à se dépasser et à innover pour ne pas être le dernier de la classe. Dans quel état se serait nos finances publiques si nous n'avions pas les critères de convergence à respecter ? Nous sommes loin, des 3 % du PIB du déficit budgétaire annuel et d'une dette publique n'excédant pas 60 % du PIB. L'Europe est donc une chance pour la France, si nous ne voulons pas devenir un pays du tiers-monde à la fin de ce siècle.
Propos recueillis par Franck Schweitzer |