Il y a quelques semaines, le pape Benoît XVI a annoncé la réintégration de la partie négationniste et intégriste de l'église catholique. Depuis, les paroles révisionnistes et négationnistes se multiplient, c'est pour cela que les intellectuels catholiques se sont regroupés pour demander l'annulation de cette décision. Une pétition est ouverte dans l'hebdomadaire « la Vie », elle est précédée d'un appel que vous trouverez ci-dessous. Je tiens à rappeler également que les hommes d'église doivent être irréprochables et surtout qu'ils sont également dotés de raison et d'un libre arbitre. C'est d'ailleurs, l'un des pères de l'église Saint-Thomas d'Aquin qui l'a démontré. On pourrait signer cette pétition en cliquant sur le lien ci-dessous, mais avant cela vous pourrez retrouver un petit rappel théologique.
Biographie de saint Thomas d'Aquin
Thomas d'Aquin (1228-1274) Né dans la région de Naples, il entre chez les Dominicains vers l'âge de 18 ans. En 1257, après des études à Naples et à Cologne, il devient maître de théologie à l'université de Paris. Il enseigne ensuite à Rome puis à Naples. Il meurt en 1274 alors qu'il se rend au concile de Lyon. Élaboré dans un contexte une redécouverte des écrits d'Aristote le thomisme se veut une synthèse des thèses païennes d'Aristote et des doctrines des pères de l'église ainsi qu'une réconciliation de la fois et de la raison (une théologie rationnelle) qui fait l'objet d'un écrit majeur sa « Somme théologique ».
Extrait de la Somme théologique
« Il existe chez l'homme un désir naturel de connaître les causes de ce qu'il voit. L'étonnement suscité par les réalités visibles, dont la cause reste cachée, provoque la spéculation philosophique, qui n'est satisfaite que par la découverte de cette cause. La recherche philosophique ne peut trouver son terme que dans la cause première. Nous n'estimons notre science comme achevée que lorsqu'elle nous procure la connaissance de cette cause. La cause première de tout est Dieu. La fin dernière de l'homme est donc de connaître Dieu.
L'homme désire naturellement connaître la cause de tout effet connu. L'intellect humain connaît l'être universel, il a donc un désir naturel de connaître sa cause, qui n'est autre que Dieu. Or l'homme ne peut atteindre la fin dernière tant que son désir naturel n'est pas satisfait. Donc aucune connaissance intellectuelle ne saurait conduire l'homme au bonheur, c'est-à-dire à la fin dernière, sans la connaissance de Dieu, qui seules comblent le désir naturel de l'homme ».
Saint-Thomas d'Aquin
Sommes contre les gentils III, chapitre 25, éditions du cerf 1968.
« Il est nécessaire que l'homme et le libre arbitre, par le fait même qu'il est doué de raison.»
Somme théologique, question 83, article 1, réponse, éditions du cerf
L'appel des intellectuels catholiques
« Je crois que les chambres à gaz n'ont pas existé ». Cet infâme credo qui n'a rien voir avec le christianisme, nous l'avons entendu jeudi 22 janvier dans la bouche de Mgr Richard Williamson, l'un des quatre évêques intégristes ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre. Ce n'est d'ailleurs pas une surprise : depuis des années, ce prélat multipliait les déclarations provocatrices.
Or, la levée deux jours après des excommunications frappant les Lefebvristes a créé une tragique ambiguïté, laissant à penser que Rome réhabilitait le négationnisme ou du moins le considérait comme une opinion licite voire innocente.
Cette ambiguïté est tout simplement insupportable.
Insupportable, parce que derrière le masque du négationnisme, on découvre le visage du plus hideux antisémitisme.
Insupportable, parce que depuis un demi-siècle, de Jean XXIII à Benoît XVI, l'Eglise a entrepris une longue démarche de repentance à propos de l'antijudaïsme. Elle n'a cessé de chercher la rencontre et la réconciliationavec ceux que Jean Paul II appelait « nos frères aînés ». Ce faisant, elle a retrouvé ses racines : Jésus, Marie, les disciples étaient juifs.
Nous, signataires de cet appel, considérons donc les propos de Mgr Williamson comme une atteinte personnelle à notre foi chrétienne.
Nous estimons que cet évêque ne saurait trouver sa place dans l'Eglise, sans repentir sincère et explicite de sa part.
Nous demandons au pape de condamner clairement les propos de Mgr Williamson. C'est à nos yeux, désormais, le seul moyen de réparer les dommages que cette situation fait connaître à l'Eglise elle-même.
Signez la Pétition
Stéphane De Bona |