Vous êtes candidat aux élections européennes du 7 juin prochain. Vous
vous lancez en politique?
Oui. Siéger au Parlement européen est tout sauf un exil. Bien au
contraire, c'est avoir la capacité d'être en prise avec le monde et de pouvoir
changer les choses. Je fais partie d'un courant de pensée pour lequel l'Europe
représente une solution d'avenir et un esprit de coopération indispensable pour
surmonter la crise de civilisation majeure que nous traversons. Je pense aussi
qu'il est possible d'avoir prise sur la façon dont l'Europe agit et de faire
évoluer la manière dont elle est perçue. Comme l'euro, par exemple, qui, faute
de vraies perspectives européennes, continue parfois à être considéré de
manière négative.
Pourquoi avez-vous choisi de vous présenter sous les couleurs du
Mouvement Démocrate?
Le Mouvement Démocrate est le seul parti européen, humaniste et
réformiste de l'échiquier politique français. Depuis vingt-cinq ans, je vois
que ni la droite ni la gauche ne parviennent à restaurer la confiance. Nous
sommes dans une société de défiance. Il est temps de quitter le terrain de
l'idéologie. A cet égard, je suis particulièrement en phase avec le discours de
François Bayrou tenu à la Mutualité dimanche dernier.
Quitterez-vous le poste de directeur du Crédoc si vous êtes élu?
Bien entendu. Mais je quitterai mes fonctions avec nostalgie et
l'impression d'avoir, en vingt-deux ans, fait un travail pas si mauvais que
cela. Après avoir observé notre monde comme sociologue et économiste, je
ressens aujourd'hui une profonde envie d'agir. Ce sera une nouvelle vie.
Le Figaro
PROPOS RECUEILLIS PAR CYRIL HOFSTEIN
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