Synthèse
La HALDE a confié à l'institut CSA/ Oxalis la réalisation
d'une enquête sur la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire,
3 ans après la loi du 11 février 2005. Elle s'est déroulée du 12 au 21 novembre
2008. 501 directeurs d'école maternelle et primaire ont été interrogés ainsi
que 250 élus de communes de plus de 5000 habitants et 214 parents d'élèves dont
les enfants handicapés sont inscrits en école maternelle ou primaire ou en
demande de scolarisation.
Les résultats
96% des parents interrogés, 97% des élus et 88% des directeurs
sont favorables à la scolarisation des
enfants handicapés en milieu ordinaire.
59% des directeurs d'école interrogés accueillent
aujourd'hui un enfant handicapé dans leur
établissement. 93% d'entre eux les scolarisent en milieu ordinaire
contre 13% qui disposent d'une CLIS (classe d'intégration scolaire).
Les troubles cognitifs sont le 1er handicap cité pour 47%, avant les déficiences motrices (22%),
mentales (18%), les troubles auditifs (8%) et visuels (8%), et les autres
troubles de santé invalidants (13%).
7% des directeurs disent constater une nette augmentation de la scolarisation des enfants handicapés depuis la mise en
place de la loi et 22% une petite augmentation.
86% des directeurs qui accueillent déjà des élèves handicapés ont le sentiment que la
scolarisation fonctionne bien.
Par contre 58% des directeurs qui n'accueillent pas d'enfant
handicapé ont lesentiment qu'il
leur serait difficile de les accueillir et appréhendent la première expérience.
La connaissance de la loi et son application :
La majorité des directeurs d'établissement (85%) et des élus (63%) estiment
bien connaître les dispositions de la loi du 11 février 2005.
Cependant, les directeurs s'interrogent sur la nature de
leur responsabilité exacte en cas d'accident touchant un enfant handicapé,
lorsqu‘ils ne peuvent pas accueillir ou maintenir un enfant handicapé
dans l'établissement, ou encoreconcernant les responsabilités
pédagogiques des enseignants.
Les élus s'interrogent également
sur les types de handicap qui créent une obligation d'accueil.
Pour 43% d'entre eux, la
scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire est une priorité contre
54% qui estiment que c'est important mais pas prioritaire, et 3% secondaire.
Alors que 58% des élus affirment avoir mis en place
une commission communale d'accessibilité, 38% disent ne pas l'avoir encore
fait et 12% ne l'envisagent pas.
Ils n'envisagent majoritairement pas de prendre en charge
pour le moment le transport de l'élève ou l'accompagnement pédagogique ou l'aide
médicale.
Les Parents :
Ils disent accéder à l'information par
l'intermédiaire des associations (73%) ou en rencontrant d'autres parents
(84%), des enseignants ou des directeurs (89%) par des démarches individuelles
par exemple sur internet (88%). 54% se sont tournés vers la MDPH (maison
départementale des personnes handicapées).
Si les parents sont majoritairement satisfaits pour leur
propre situation, ils jugent que la scolarisation des enfants handicapés dans
leur commune ne fonctionne pas bien (55%). Le bon fonctionnement demeure lié à
la bonne volonté individuelle.
Les parents expriment un sentiment de solitude, regrettent
une coordination lourde des différents acteurs, et ne se sentent pas assez
proches de la MDPH. Ils sont 43% à être satisfaits des contacts avec la MDPH
contre 46% qui expriment une insatisfaction.
Une préférence est accordée à la qualité de la relation
personnelle. 82% des parents disent
connaître par exemple l'enseignant référent. 70% des parents se disent
bien accueillis par l'équipe de suivi de la scolarisation et 67% par les
enseignants référents.
92% des directeurs connaissent également l'enseignant
référent de leur secteur et sont satisfaits du partenariat mais la
collaboration avec la MDPH est jugée insuffisante. 70% des directeurs demandent
un renforcement du partenariat.
Les directeurs comme les élus et les parents interrogés constatent majoritairement un
bon accueil de la part des parents valides. Cependant, près d'un tiers
exprime des réserves.
Les directeurs :
72% des directeurs disposent d'un ou plusieurs AVS (auxiliaires de vie scolaire) et 47% de dispositifs
permettant de faciliter l'accessibilité, 37% d'outils pédagogiques adaptés et
23% de dispositifs de formation.
Les directeurs d'école expriment un manque de formation. Seuls 29% d'entre eux ont suivi une formation (formation
continue) ou initiale pour 16%. Ils disent s'informer grâce à leurs démarches
individuelles en discutant avec d'autres enseignants (88%) en lisant des
brochures et des livres (80%) en rencontrant des personnels des établissements
scolaires et sociaux (73%) ou sur internet (50%).
45% des directeurs doutent des capacités des élèves
handicapés à acquérir dans les mêmes conditions les fondements du socle commun
de connaissances, un doute plus élevé chez
ceux qui accueillent déjà des élèveshandicapés. Une opinion partagée
par 58% de ceux qui accueillent des élèves ayantdes déficiences
mentales.
Conclusion
Le sondage révèle un phénomène positif : la scolarisation
des enfants handicapés en milieu ordinaire progresse, notamment depuis la loi
du 11 février 2005. En outre, la scolarisation d'élèves handicapés est bien
acceptée là où elle est effective.
Par ailleurs, les responsables interrogés sont conscients
que le handicap ne se limite pas aux situations de handicap moteur. C'est ce
qu'ils expriment à travers leur souhait de bénéficier de formations leur
permettant de mieux appréhender toutes les formes de handicap et de moyens humains
approprié (accompagnement par les AVS).
Il y a toutefois des difficultés pour lesquelles des
solutions doivent être trouvées : La situation des élèves handicapés, loin
d'être homogène, nécessite des réponses et des moyens différents selon la
nature du handicap. L'absence de moyens adaptés pour accompagner certains
handicaps peut se traduire par une réticence globale visà- vis de tous les
élèves handicapés, et augmenter les risques de discrimination.
Une absence d'information et de formation est relevée pour
les directeurs, comme pour les élus et les parents, qui doivent majoritairement
aller eux-mêmes à la recherche des informations. Les structures chargées de
coordonner les interventions des différents acteurs sont insuffisamment connues
et proches des personnes.
La bonne intégration des élèves handicapés en milieu
scolaire ordinaire nécessite de maintenir une action volontariste.
C'est pourquoi, la HALDE va proposer au Ministère de
l'éducation nationale et aux collectivités un plan d'action pour répondre aux
difficultés exprimées.
Sondage halde 14 02 09
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