Le 26 Mars 2009, les jeunes Démocrates du Grand Est ont eu la chance de visiter l'enceinte législative de l'Union Européenne, grâce au concours de leur député européen : Nathalie Griesbeck. Un badge d'accréditation nous a été remis au début de la journée, que nous devions porter en évidence tout au long de notre présence au Parlement Européen. Nous étions également tenus de rester grouper. Après une courte présentation des jeunes transfrontaliers (Suisse, Belge, Luxembourgeois, Allemand), des présidents départementaux (Meurthe et Moselle, Moselle, Vosges) et du président national : Frank Faveur, Nathalie nous a souhaité la bienvenue dans la maison européenne.
Intervention de Gérard Deprez
Puis, elle a passé la parole à Gérard Deprez, député européen belge et président de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures de l'union. Il nous a expliqué que le droit européen, en matière de justice, agit par diffusionnisme. Le Parlement n'a pas toute autorité sur la politique intérieure des nations, mais celles-ci doivent respecter les droits de l'homme et les droits fondamentaux de chaque individu (ne pas faire preuve de discrimination, respecter la dignité humaine et reconnaître les lois des autres états membres). Par un jeu de questions-réponses, il a abordé le sujet des droits de la famille, de la liberté d'information et celle du recoupement des données personnelles. Il nous a ensuite expliqué que la loi HADOPI allait poser un problème d'ampleur européenne. La riposte graduée serait contraire à la loi permettant à chacun de disposer de la même information et de son courrier. On ne peut pas punir un délinquant pour d'autres faits que ceux qu'il a commis. Le téléchargement illégal ne doit pas entrainer la fermeture d'une ligne internet. Nous nous sommes également interrogés sur l'application des lois maritales en cas de mariages mixtes. Nous avons remarqué qu'il est plus facile de trouver des accords entre 2 ressortissants de l'union que dans des situations extracommunautaires. L'Europe qui est responsable de tous les maux dans la bouche des politiques français nous protège bien souvent des nationalismes et des dérives autoritaires.
Après un changement de salle, nous avons débattu sur différentes prérogatives de l'union en présence de plusieurs députés européens
Intervention de Marielle De Sarnez, d'Anne Laperrouze et Bernard Lehideux
Nathalie Griesbeck nous a présenté ses collègues parlementaires européens et a répondu à une question en nous précisant qu'elle comptait produire un document relatant le bilan de son mandat européen ainsi que la présentation des nouveaux projets, avec l'impact de son action sur le plan local. Elle nous incite à réaliser des actions sur le plan local pour montrer notre détermination européenne. 80% des lois nationales sont influencées par des directives européennes. Nous vivons actuellement dans une semi-fédération qui ne dit pas son nom. La France ne profite pas des atouts que lui donne l'Europe en matière d'aménagement des infrastructures, de financement, de projets solidaires, etc…
Bernard Lehideux s'est ensuite félicité que le parlement européen ait adopté le principe d'un emprunt européen cher à François Bayrou. Il a également rappelé la nécessité de réduire notre dette en période de croissance. Actuellement, l'Euro nous protège et ce sont les allemands qui tiennent tout l'édifice financier à eux seuls.
Marielle De Sarnez nous a tracé les grandes lignes de notre mouvement en matière européenne, nous indiquant que nous sommes le seul parti pro européen depuis sa naissance : nous avons, comme priorité, la construction d'une Europe solidaire qui mette en avant les pays et les peuples. Pour nous, le progrès social est un but et l'économie doit demeurer un moyen, et non l'inverse. Comme le disait Bronislaw Geremek, nous avons construit l'Europe économique ; il nous reste à réaliser celle des citoyens. C'est en ce sens que nous sommes partisans de réintroduire au plus vite l'homme au cœur du projet et d'utiliser l'argent européen au service des citoyens de la communauté. Il nous faudra pour cela avoir une politique de convergence économique et fiscale pour créer une unité sociale solidaire. Après cela, Anne Laperrouze est revenue sur la nécessité d'inventer une politique industrielle commune pour tous les pays de l'Europe, ce qui nous permettrait de définir des règles que les autres pays extérieurs devraient admettre pour échanger avec nous. Nous pourrions ainsi redéfinir une politique énergétique, de recherche, de développement durable et soutenir les universités européennes. En Mars 2007, à l'initiative des parlementaires allemands, l'Europe a voulu réduire la pollution produite par l'homme sur la planète. Le projet voté au Parlement Européen vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20%, de réaliser une économie d'énergie de 20% et que les énergies renouvelables représentent 20% de notre consommation en 2020 : c'est la loi dite des 3 fois 20 pour 2020.
Suivi des votes dans l'hémicycle
Nous n'avons pas eu officiellement d'autorisation d'accès du groupe aux tribunes en raison du nombre très important de demandes de visite. Notre groupe a été accrédité en tant que séminaire et non comme un groupe de visiteurs, ce qui nous a permis d'assister aux votes. Les textes sont débattus en amont par groupes parlementaires et le vote est donc très rapide. Nous avons été impressionnés par le nombre important de présents dans l'hémicycle, contrairement à notre assemblée nationale. Même les eurosceptiques, comme la Grande Bretagne, ont compris que l'avenir de notre continent se joue à Strasbourg et à Bruxelles, idée que les français ont beaucoup de malà réaliser. C'est pourquoi le Mouvement Démocrate envoie les meilleurs d'entre nous dans cette instance, contrairement à l'UMP ou au PS qui ressentent cette investiture comme une sanction. Evidemment, la vie d'un parlementaire européen n'est pas de tout repos : il doit connaître ses dossiers sur le bout des doigts pour trouver des positions de consensus avec les autres nations, car il ne siège pas par nationalité, il doit effectuer de nombreux déplacements à l'étranger et enfin défendre les intérêts de sa circonscription. Etre parlementaire européen, c'est faire preuve de ténacité, mais aussi d'humilité et de tolérance, qualités qui ne sont pas les premières vertus d'une majorité de français.
Après cette longue matinée, le déjeuner au restaurant des députés, offert par Nathalie Griesbeck et le groupe ADLE (alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, groupe qui représente la troisième force en effectif du Parlement Européen : 130 députés derrière le PSE, parti socialiste européen et le PPE, parti populaire européen où siège l'UMP), nous a permis de faire plus ample connaissance et d'échanger sur les premières impressions relatives aux débats avec nos députés et sur le fonctionnement de nos fédérations démocrates respectives.
Rencontre et débat avec Philippe Morin, lobbyiste : représentant permanent du groupe Air France KLM auprès de l'Union Européenne
Contrairement au Parlement français, les lobbys sont présents au Parlement Européen en toute transparence. Il existe des lobbyistes industriels et humanitaires. Leur rôle est d'atténuer les tensions lors de la création d'un texte législatif, après avoir informé et suggéré des solutions appropriées dans leur domaine d'activité, aux Parlementaires Européens Ils doivent répondre aux règles édictées par le Parlement Européen et faire l'objet d'une accréditation qui peut leur être retirée à la moindre dérive ou tentative de corruption. Ils sont là pour donner des indications aux députés sur leur domaine d'activité, lorsque ceux-ci sont amenés à légiférer.
Dernièrement, le Parlement Européena adopté une directive créant un ciel unique européen. Ceci permettra de diminuer le prix du billet d'avion pour l'utilisateur, la longueur des trajets (nous ferons l'économie de 11000 tours du monde par an avec un avion à vide) et l'émission de CO2 de 2 à 3 %. D'ailleurs, en 2012, le système prévoit que les avions décollant et atterrissant dans la communauté européenne versent une taxe carbone, et cela même pour les avions extérieurs à la communauté. Les autres pays paieront la taxe dans les pays européens où ils atterrissent le plus fréquemment. Les états où l'argent a été versé ne sont encore pas tenus législativement de le reverser à l'Institution Européenne. Actuellement, les compagnies aériennes européennes sont à la recherche de nouveaux systèmes de carburants propres.
Ce débat fut vif et intense, et Philippe Morin ne s'est pas laisser impressionner par des questions quelques fois très insidieuses. Ces réactions étaient peut-être le fruit d'un reportage sur les lobbys au Parlement français diffusé sur TF1, la veille, décrivant une ambiance houleuse entre les parlementaires et les lobbyistes.
Tout le monde est reparti fatigué et impressionné par l'intensité du travail des parlementaires européens, mais enchanté de la journée.
Stéphane DE BONA
Membre du Conseil Départemental du MoDem de Moselle
librepenseur écrit le samedi 11 avril 2009, A 15:20
Bonjour Stéphane,
Je vois que la campagne européenne est bien lancée ! Mais vous n'avez pas les moyens d'être en campagne permanente aux frais de la princesse comme une certain chef de parti... Ou une ancienne candidate...
Stéphane à librepenseur écrit le samedi 11 avril 2009, A 15:43
Non pour l'instant, nous sommes un mouvement pauvre, mais riche de ses hommes et femmes. Nous sommes bien ensemble ouvert aux autres et au monde. Moi qui avais dit je ne ferais jamais de politique dans un parti mais seulement de l'humanitaire, je suis fier d'être Démocrate.
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".