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Electron Livre
lundi 02 juin 2008, a 23:35
60 ans de l'état d'Israel



vendredi 02 mai 2008, a 20:06
Cindy Sander : le buzz lorrain

 

Biographie de Cindy Sander

Petite dernière d'une fratrie de 12 enfants, Cindy Braun, alias Cindy Sander, naît le 31 mars 1978 à Creutzwald en Moselle.

Cindy n'a que 4 ans lorsqu'elle monte sur scène pour la première fois. C'est pour l'émission "L'école des fans" avec Patricia Kaas. Mais à l'époque, la fillette ne rêve pas de musique mais de patinage artistique.

La disparition de son père, quelques années plus tard va susciter un véritable choc chez la petite fille, un déclic aussi. En hommage à son papa, Cindy va interpréter une chanson écrite par sa mère Ernestine, elle-même chanteuse de bal.

Sa vocation est née : plus grande Cindy sera "star de la chanson". Elle embauche alors son mari comme producteur, pour atteindre un rêve auquel elle croit dur comme fer. Pour y parvenir, elle se donnera tous les moyens : conservatoire, galas, premières parties, castings... dont celui de la Nouvelle Star fin 2007. Si la chanteuse de 29 ans est évincée par le jury, un véritable buzz se crée sur le web.

Résultat ? Cindy touche son rêve du bout des doigts, puisqu'elle était à Baltard le 23 avril dernier. Et grosse surprise, elle vient de signer avec M6 Interactions pour sortir le single Papillon de lumière. Un conte de fée qui commence.

 

Plus c'est gros, plus ça passe !

 

Merci Sarkozy merci  les Ch'its ! Il y a quelques jours, je reçois un coup de téléphone d'un ami très proche. Il enclenche la conversation en me demandant si je connais « sa copine Cindy Sander » qui a produit un buzz énorme sur Internet. Je lui réponds que je n'ai pas cet honneur. Mon ami rajoute : « il m'a flingué mon nouvel an 2004 ! » Pour ne pas mourir idiot, je cherche à l'aide de mon moteur de recherche favori, le nom de cette « nouvelle star » et je tombe comme la majorité des Français sur la vidéo d'une chanson un peu kitsch « papillon de lumière ». La mise en scène et la chorégraphie ne peuvent être classée ni dans les années 70 ni dans celle des années 80. Je ne peux rien dire de plus, tellement je trouve cela nul, mais les Français ont tellement besoin de se détendre après avoir élu un président bling-bling qui leur en fait voir de toutes les couleurs, que cette chanson risquerait bien d'être le tube de l'été. Pour ma part, j'ai été mort de rire pendant toute une après-midi, en pensant que le ridicule ne tue pas ! Grâce à Cindy Sandy, j'ai eu un geste de santé qui ne m'a pas coûté une franchise médicale. Le rire est le meilleur antidépresseur que l'on connaisse : merci Cindy.

 

À ce niveau la Lorraine demande une étude ethnologique.

Pour en terminer avec les paradoxes, j'ai reçu mes droits d'auteur pour l'année 2007, je totalise pour un travail qui m'a demandé beaucoup d'efforts et de recherche 36,50 €.

Je le crois donc que j'ai compris la leçon, il faut faire dans le bas de gamme, car le niveau intellectuel des Français est foncièrement bas. Il ne faut plus espérer faire un tabac en essayant d'augmenter le niveau de connaissance. Il faut tout simplement être léger et être populiste sur les bords. Bon je voulais vous faire une opinion sur ce papillon de lumière. Je trouve cette chanteuse lamentable pour l'image de la Lorraine, pourquoi allons-nous passer ?

Et si c'était elle la Nouvelle Star 2008 ? Oh non, quelle horreur !

Stéphane De Bona



vendredi 25 avril 2008, a 19:47
Kermesse des Pères Blancs

 

Les Pères Blancs forment une société de vie apostolique de missionnaires fondée à Maison-Carrée (Algérie) en 1868 par le cardinalCharles Martial Lavigerie (1825-1892), archevêque d'Alger. Elle porte le nom moins connu de Société des missionnaires d'Afrique.

Les Pères blancs se sont distingués par leurs travaux en ethnographie et en géographie, dans l'intérieur du continent africain qui était alors presque inconnu des occidentaux.

Augustin Hacquard a joué un grand rôle dans les missions en Afrique occidentale et plus particulièrement dans l'actuel Mali. Il s'est joint en 1896 à la mission Hourst, qui était une mission hydrographique sur le fleuve Niger.

Les Pères blancs étaient 2098 en janvier 1998.

 

 

CENTRE ST DENIS DE LA REUNION

2, route de Lorry à METZ

 

Samedi 26 AVRIL 2008 de 14h00 à 18h00

Dimanche 27 AVRIL 2008 de 10h00 à 18h00

ENTREE LIBRE

 

 

Venez découvrir l'Artisanat d'Afrique et d'Asie

De l'œuvre d'art aux petits bibelots, vous trouverez votre bonheur tout en aidant les Missions de nos Amis : Les Pères Blancs.

 

Stéphane De Bona

 

 

lundi 21 avril 2008, a 16:33
Hommage à Germaine Tillion

Germaine Tillion, ethnologue et résistante, est morte samedi 19 avril, à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne), dix jours avant de fêter ses 101 ans.

Germaine Tillion suit une formation d'ethnologue auprès de Marcel Mauss et Louis Massignon. Licenciée en lettres, elle est diplômée de l'École pratique des hautes études, de l'École du Louvre, et de l'INALCO.

 

La Jeune Ethnologue

 

Ethnologue en Algérie dans les années 30, spécialiste des Berbères chaouias de l'Aurès algérien, Germaine Tillon voit "sa vie basculer", en 1940. 

Entre 1934 et 1940, elle réalise quatre séjours en Algérie pour étudier l'ethnie berbère des Chaouis dans le cadre de sa thèse. De retour en France au moment de l'armistice de 1940, elle devient, après les arrestations et les exécutions de Boris Vildé, Anatole Lewitsky et de Paul Hauet (dont elle est l'adjointe dès 1940) chef du réseau de Résistance du Musée de l'homme, avec le grade de commandant de 1941 à 1942. Le réseau travaille à l'évasion des prisonniers et au renseignement.

Le 17 juin 1940, elle afirme en entendant le discours du maréchal Pétain "capitulant devant Hitler": "J'ai vomi - ce n'est pas une image - dans les dix minutes qui ont suivi". "A l'époque, confirme-t-elle, je n'étais pas communiste. Ni anticommuniste. J'étais antihitlérienne, d'emblée."

Elle entre en Résistance et fonde le réseau du Musée de l'homme. En 1942, elle est incarcérée puis envoyée, avec sa mère, en déportation. De son séjour dans les camps nazis, elle a rapporté un ouvrage magistral, Ravensbrück (édité en 1946, réédité en 1973 et en 1988), mais aussi une opérette,  présenté en 2007 au Théâtre du Châtelet. Pendant son internement au camp, elle écrira sur un cahier soigneusement caché, Le Verfügbar aux Enfers, son opérette, où elle mêlera à des textes relatant avec humour les dures conditions de détention, des airs populaires tirés du répertoire lyrique ou populaire.

Dénoncée par l'abbé Alesch, Germaine Tillion est arrêtée le 13 août 1942, et déportée le 21 octobre 1943 à Ravensbrück. Elle y perd sa mère, l'écrivain Émilie, grande résistante, déportée en 1944 et gazée en mars 1945.

 

L'ethnologue d'après guerre

 

Elle se consacrera après la guerre à des travaux sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale (enquête sur les crimes de guerre allemands, sur les camps de concentrations soviétiques entre 1945 et 1954) puis sur l'Algérie. L'ethnologue a également joué le rôle d'intermédiaire entre le régime gaulliste et les combattants FLN, sauvant des vies quand elle l'a pu, et dénonçant les tortures et les "singes sanglants" de l'OAS. Germaine Tillion restera cette femme engagée. Elle se décrira comme une "vieille gaulliste" ( Le Monde du 6 juin 1992) n'en travaillera pas moins avec le trostkiste David Rousset, contribuant à la création, en 1951, de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire, qui dénonce l'existence des goulags en URSS.

 Elle a soutenue en France l'enseignement dans les prisons. Directrice d'études à l'École pratique des hautes études, elle a réalisé vingt missions scientifiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Elle retourne en Algérie en 1954 pour une mission d'observation et participe à la création de centres sociaux : ses nombreux travaux de recherches au cours de sa carrière au CNRS et à l'EHESS portent sur les sociétés méditerranéennes.

À Alger, le 4 juillet 1957, elle rencontre clandestinement Yacef Saadi, à l'instigation de ce dernier, pour tenter de mettre fin à la spirale des exécutions capitales et des attentats aveugles.

Après la guerre d'Algérie, elle s'engage dans divers combats politiques :

·        contre la clochardisation du peuple algérien,

·        contre la torture en Algérie,

·        pour l'émancipation des femmes de Méditerranée.

Son séminaire d'« ethnologie du Maghreb » à l'École pratique des hautes études est resté légendaire.

Germaine Tillion était l'une des Françaises les plus décorées et partageait avec cinq autres femmes le privilège d'être grand'Croix de la Légion d'honneur.

En 1999 elle est élevée à la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur, une parmi six femmes, avec Geneviève de Gaulle, Valérie André, Jacqueline Worms de Romilly, Simone Rozès et Christiane Desroches Noblecourt.

En 2004, elle lance avec d'autres intellectuels français un appel contre la torture en Irak.

 

Stéphane De Bona



dimanche 10 février 2008, a 20:52
Messins : Qu'est-ce que le BusWay?

 

C'est un nouveau moyen de transport hybride qui est apparu à Nantes, il conjugue les avantages du bus et du tramway et circule sur une voie qui lui est propre. Le BusWay est un véhicule fabriqué par Mercedes, constructeur allemand qui nous est frontalier. Ce mode de transport montrera bien que la ville Metz est ancrée dans l'Europe.

 

 

Le BusWay, un transport en voie propre entre bus et tram

 

Le "BusWay", un engin à mi-chemin entre le bus et le tram, fonctionnant au gaz naturel et d'une capacité de 140 passagers. De plus, c'est un mode de transport, écologiquement responsable puisqu'il ne pollue pas. Il rend également la ville accessible à tous, puisqu'il est étudié pour que des poussettes ou des fauteuils roulants puissent y accéder. Il a l'avantage de circuler sur une voie qui lui est réservée, lui permettant d'avoir une rapidité comparable au tramway. Les BusWays et les tramways roulent jusqu'à 70 km/h en pointe de vitesse, avec de fortes accélérations/décélération sans à coup, mais la vitesse moyenne est en générale de 20 km/h.
Le BusWay est un mode de transport en commun qui "conjugue les avantages du bus (mobilité, moindre coût) et du tramway (fréquence de quatre minutes en heures de pointe, accessibilité, confort)".

 

Les "BusWay" nantais

 

Les "BusWay" nantais, des engins longs de 18 m pour 2,55 m de large, sont comme un tramway dotés de planchers bas et de quatre portes coulissantes pour une plus grande facilité d'accès. Le BusWay  intégré dans le réseau de transports en commun de la communauté urbaine 

Un coût "trois fois moins élevé que pour un tram", en raison de l'absence d'aménagements spécifiques tels que la pose de voies ferrées ou de lignes électriques, et avec un délai de travaux plus court pour ces mêmes raisons.

 

Stéphane De Bona

vendredi 01 février 2008, a 20:08
Religion, privations et charité

Le carême

 

Le carême vient du latin quadragesima (dies) : quarantième (jour). En ancien français, on écrivait quaresme. On devrait même plutôt dire : la carême, comme l'italien quaresima et l'espagnol cuaresma. Autrefois, on employait aussi le terme de (sainte) quarantaine pour désigner le carême. C'est un temps de pénitence et d'approfondissement de la Foi. Durant cette période, les chrétiens sont appelés à faire œuvre de charité. À l'origine, le Carême commençait un dimanche, le 40e jour avant le Jeudi saint. Cette fête est l'occasion de préparer la résurrection du Christ venu libérer les hommes du mal, le jour de Pâques. Le pape Grégoire le Grand a avancé le début du carême au mercredi précédent : Le carême commence désormais le mercredi des Cendres et s'achève le Samedi saint. Les 7 derniers jours correspondent à la Passion du Christ, c'est la semaine Sainte. Le carême correspond à une période de 40 jours de jeûne mais les dimanches ne sont pas jeûnés.

Pourquoi 40 jours ? On retrouve ce chiffre plusieurs fois dans la Bible : les 40 jours du déluge, les 40 ans de l'exode des hébreux (peuple juif), et le retrait de Jésus de Nazareth dans le désert de Judée, au milieu des bêtes sauvages, servi par les anges et tenté par le diable... Ce chiffre exprime une attente qui se conclut par un changement.

De nos jours, le carême a perdu beaucoup de ses rituels. Pour la majorité des personnes, ce temps se résume à l'optique d'une privation alimentaire qui ne se traduit pas réellement dans les faits. Toutefois, certains catholiques se rencontrent toujours une fois par semaine pour partager un moment de réflexion autour de textes à thème défini chaque année par les évêchés (création du Diocèse de Metz qui a été reprisee dans toute la France) et réunis dans un fascicule de « Carême à domicile ». 

Le Mercredi des Cendres

 

Ce jour suit celui du Mardi Gras (fin du Carnaval) et ouvre le temps du carême. C'est l'un des 2 jours de jeûne avec le Vendredi Saint, encore pratiqué de nos jours. Les catholiques se rendent à l'église pour l'imposition des Cendres, symbole de repentance. Le prêtre fait un signe de croix sur le front en prononçant ces paroles de la Genèse : « Homme souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. ».

Les cendres proviennent du buis bénit de l'année précédente qui a été brûlé pour la cérémonie, suivant une tradition qui remonte au XIIe siècle. Malgré le sérieux de la cérémonie, ce rituel fait souvent l'objet de moments humoristiques, surtout chez les enfants qui voient là, une sorte de maquillage.

 

La pénitence dans les trois grandes religions monotéïstes

 

On peut noter, que dans les trois grandes religions du Livre (la Thora pour Juifs, la Bible pour les Chrétiens et le Coran pour les Musulmans) qui ont vu leur naissance sur une même terre : la Judée, il existe un temps de pénitence. Pour les juifs, c'est la période du Shabbat qui précède la Pâque juive. Pour les catholiques, c'est le temps du carême et enfin, pour les musulmans c'est celui du ramadan qui précède l'Aïd (fête de la rupture du jeûne). Dans les trois cas, les croyants doivent faire preuve de charité et ouvrir leur esprit pour faire grandir leur Foi. Les musulmans tant décriés sont aujourd'hui pratiquement les seuls à respecter ce précepte. Ces rites sont tous trois des appels à la tolérance et au partage.

 

Stéphane De Bona

 

Ce que dit le Coran à propos de Jésus-Christ

 



jeudi 24 janvier 2008, a 11:22
« handicap et autonomie »

 

 

Circulaire d'information

 

Lu récemment dans le « moselle magazine numero 45 » un dossier sur l'autonomie des handicapées dans la vie quotidienne et les dispositions que cela demande. La Maison Départementale des Personnes Handicapées (MPDH) créée en 2006 située au Technopôle accueille, conseille et accompagne des personnes à mobilitée réduite ou ayant une infirmité. Les 23 membres de la Commission des Droits & Autonomie des personnes handicapées (composée d'Associations, Syndicats, CAF…) lors de leurs assemblées, prennent des décisions en matière d'attribution et d'orientation ; ainsi chaque année 30 000 cas sont traités sur un délai de 4 mois en moyenne. En plus de l'Allocation Adulte Handicapé (AAH) et l'Allocation d'Education de l'Enfant Handicapé (AEEH), la MDPH octroie et ce depuis 2006 la nouvelle Prestation de Compensation du Handicap (PCH) financée et versée par le Conseil Général de la Moselle.

 

            Il s'agira d'aider humainement et techniquement. les travailleurs sociaux du Conseil Général et le service de maintien des handicapées à domicile de la Fondation Bompard, se chargent d'apporter une évaluation. Ces dernières sont effectuées à domicile pour pouvoir faire un diagnostic et apporter une solution adaptée.

 

            Un poste de médiateur existe depuis ; son rôle est de faire valoir les droits des personnes handicapées auprès des autres administrations et personnes morales de droit privé.

 

Maison Départementale des personnes Handicapées

Europlaza, Bâtiment D

1 rue Claude Chappe, BP 95213

57076 METZ cedex 03

 

du LU au VE  9h-11h30  et  13h30-16h15

03 87 21 83 00 standard    03 87 21 83 10 renseignements sur les dossiers

www.solidarite57.com

 

Franck SCHWEITZER

 

Le 2e Challenge « Handicap et technologie » s'est déroulé les 4 et 5 mai 2007



lundi 07 janvier 2008, a 11:33
L’HISTOIRE DES LOISIRS

 

 

Reconstitution d'un cours magistral de Roland Huesca

-maître de conférence en études chorégraphiques

à l'Université Paul Verlaine de METZ-

 

 

En introduction il est important de souligner comment les temps sociaux étaient représentés et utilisés à la fin du XVIIIe siècle jusqu'aux années 1960.

Tout d'abord le temps de l'ouvrier comme celui du paysan est poreux, dur et chargé d'imprévu. Dans la société industrielle, le temps est devenu celui de la mesure et du chronomètre. Après le 2e guerre mondiale, l'expression de la réalisation de soi va impliquer une disponibilité qui va constituer l'individu. On entre dans un profil d'individualité où l'homme dit se construire lui-même. Paradoxalement, une autre temporalité de distraction va être calculée : les vacances. Nous avons tous la même heure grâce à l'avênement des chemins de fer et nous passons donc du temps vide au temps calculé.

 

Temps industriel et moral du plaisir

 

La révolution industrielle réaménage le rythme du travail parallèlement aux USA et en Angleterre où s'élaborent une industrie et une culture populaire du divertissement citadin, et va se mettre en place à cette époque un loisir de foule (les grandes expos universitaires en 1851 par exemple). Le sport nait dans les public school –le sportif amateur idéal y est décrit comme beau et sain- ce sport-distingué va perdurer jusqu'au XXe siècle. Très vite le Royaume-Uni se caractérise par la diversité des usages sociaux d'une part et d'organisations populaires (le règlement) d'autre part.

 

Temps industriel et temps social

 

Au début du XIXe siècle peu à peu aura lieu le travail à la tâche qui va céder le pas à celui défini par le temps qu'il occupe (par exemple, on est pénalisé si l'on arrive en retard à l'usine mais par contre si on fainéante sur le plan de travail, on va considérer ceci comme temps de travail occupé). Le découpage du temps en séquences spécifiques brisent les rythmes d'antan et l'horloge brise les usages. La discipline des horaires va s'installer dans les usines avec un accroissement sur l'exactitude des choses. Si jadis le temps de non-travail était un temps pour soi, les nouvelles modalitées du temps modèlent à leur mesure le temps devenu libre. On compose un aménagement du temps libre par peur du vide. Au lieu du « rien-faire » on va conjuger avec du « plein » partout.

 

Le temps des vacances

 

L'oisiveté au XIXe cristalise les lois paradoxales critiquées par l'Eglise dont la paresse (un des sept péchés capitaux) qui favorise les tentations du mal ; quand aux moralistes, ils soulignent l'ennui.

La société aristocrate du XIXe est en plein essor à partir de 1827. Les hauts fonctionnaires publics, professions libérales confèrent aux individus les avantages des loisirs. L'aristo envisage de parfaire sa culture et participer à la conversation. Le bourgeois va apparaître comme homme du temps libre (non de l'oisiveté). C'est la femme qui va gérer sa maison en cadrillant le temps du personnel et se créer un emploi du temps. Elle possède également un journal intime, des écrits et participe enfin à des opérations d'ordre humanitaires.

 

Histoire d'eau : du bain à la baignade

 

Jusqu'à la première guerre mondiale c'est la noblesse britannique qui donne le modèle de la villégiature. En France, c'est Boulogne et Dieppe qui vont se développer ainsi que Biarritz. Toutes les grandes familles de renom s'y rendent.

Dès 1840 les stations thermales climatiques et balnéaires se développent le long des voies de communication. Avec ces moyens de transport il n'y a plus d'expéditions mais des voyages et le confort des premières classes.

Sur les plages maintenant dès 1860 on pourra trouver des abris pour se dévêtir. Dans un premier temps, les baigneuses portent une chemise et un pantalon de laine jusqu'au dessous de genou. Cependant la cure se passe aux abris des regards indiscrets. Peu à peu les chairs se dénudent, les pantalons se racourcissent, les bonnets de bains disparaissent. Le corps n'est plus seulement soigné mais mis en spectacle. Le rapport au loisir va lui-même changer alors que les galets font peu à peu place au sable fin et chaud. Jusqu'à la guerre 14-18 la promenade sur la digue occupe une partie de l'après-midi. Pour les enfants des spectacles de guignol, des goûters et pour les parents un bal, un concert ou du théatre.

Bref la villégiature balnéaire va abandonner la tradition médicale et aristocratique ; après 1918 l'aisance bourgeoise est de ce fait très marquée.

 

Les vertus de l'ailleurs

 

L'Orient domine la littérature du XIXe siècle. Les guides proposent des itinéraires comme la Grèce, la Turquie, la Palestine ou l'Egypte. On recherche à découvrir des paysages fantastiques, à renouer avec la mythologie des gestes fondateurs qui seraient la clé de l'histoire du monde. Le voyageur veut se découvrir lui-même en découvrant les vertus d'un ailleurs mythique.

 

Les congés scolaires

 

Les grandes vacances n'existaient pas avant la troisième république. La tendance est à l'allongement des grandes vacances. Noël et Pâques font référence au calendrier religieux. Les enfants de la noblesse/bourgeoisie partent en vacances dans un contexte d'une appropriation culturelle. Pour les enfants de paysans, d'ouvriers, de petits commerçants, l'avênement des vacances entrent en contradiction avec les conceptions et usages familiaux liés au travail. La première colonie de vacances sera ouverte dans la Marne en août 1883.

Les vertus de l'espace, l'air doivent conjurer la misère d'une enfance malheureuse.

 

Les congés payés

 

Lorsque le gouvernement Blum se constitue dans les années 1930, Leo Lagrange va être chargé de l'organisation des loisirs et du sport. La loi sur les congés payés est votée en 1936. cependant dans le milieu ouvrier, personne ne croit qu'on va être payé à rien faire. Beaucoup de travailleurs redoutent de ne plus retrouver leur emploi à leur retour. Syndicats et associations se mobilisent pour organiser les congés des ouvriers. La CGT va privilégier le voyage selon le principe qu'il n'y a pas de véritables vacances sans que l'on quitte son lieu de travail.

 

La jeunesse en plein air

 

C'est le moment des rites initiatiques où l'on doit vivre dans la nature sans le secours des interverventions de la civilisation industrielle. Trois grands organismes vont se dessiner :

 

         *les éclaireurs de France

         *les scouts de France Catholique

         *les éclaireurs d'obédience protestante

 

la devise sera « comptez sur soi pour toutes besognes, être prêts à venir au secours de ses camarades ». Les colonies de vacances vont se multiplier, les formes caricatives d'avant-guerre vont se heurter à une pénurie de bénévoles et c'est le moment où l'état va intervenir sous forme de subvention et en formant le personnel (directeur, intendant, moniteur, infirmière).

 

Les vacances de masse –1950-

 

Durant les trente glorieuses, les français vont découvrir les loisirs de consommation et les transumences saisonnières (8 millions de saisonniers en 1951 contre 20 millions en 1966). A l'aube des années 60, la durée des vacances s'élèvent à 21 jours pour les Français contre 16 en Allemagne.

Lorsqu'on programme ses vacances vient le temps de la réservation. L'hébergement va évoquer le confort de l'hôtel pour tous vont créer dès 61 des gîtes familiaux (le premier dans les Hautes-Alpes). Inspirés des gîtes ruraux et l'objectif va être de favoriser l'autonomie des familles tout en préservant l'esprit de communauté comme les villages-vacances. Des organismes de tourisme vont fusionner, se rapprocher et c'est dans un contexte de l'industrie du loisir/hôtellerie que vont s'organiser les clubs de vacances en le soumettant aux lois du marché.

 

Franck SCHWEITZER



mercredi 12 décembre 2007, a 14:54
Histoire de l'ethnologie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La préparation d'une formation d'ethnologie que je dispenserai sans doute en mars ou avril 2008, m'a amené à me replonger dans l'histoire de l'ethnologie et dans le carnet de voyage d'Albert Schweitzer. En voici donc un bref compte-rendu.

 

 

 

A l'orée de la forêt vierge

 

Par Albert Schweitzer

 

 

Albert Schweitzer, (1875-1965) était médecin, philosophe, théologien protestant, musicologue, et en 1953 prix Nobel de la paix (...et grand oncle de Jean-Paul Sartre).

En 1913, il part à Lambaréné, en Afrique-Équatoriale française (aujourd'hui au Gabon), comme médecin missionnaire et fonde un hôpital où dès la première année, il soigne 2000 patients.

 

Le livre " A l'orée de la forêt vierge " concerne la période 1913 à 1923 et présente de nombreux pôles d'intérêts. Il ne sera question ici que de la façon dont ce médecin traitait la pathologie tropicale avant l'avènement des moyens modernes dont nous disposons aujourd'hui. Le livre d'Albert Schweitzer est très intéressant de ce point de vue car il est précis, donne les compositions des médicaments qu'il utilise, les dosages, les techniques d'administration et les résultats. Voici ce qu'on peut trouver (mais répétons le, parmi une foule d'autres thèmes par ailleurs très intéressants) dans ce recueil de notes de travail.

 

Les pathologies

 

Les maladies les plus fréquentes sont : les ulcères de différentes espèces, le paludisme, la maladie du sommeil, la lèpre, l'éléphantiasis, des affections cardiaques, des ostéomyélites et la dysenterie amibienne. (55)

 

Les médicaments utilisés : quinine, antipyrine, bromure de potassium, salol, dermatol (sous-gallate de bismuth), digitaline, émétine, arsénic, solution de Milian...

 

La gale

 

Le traitement de la gale est fort simple : le malade se baigne dans le fleuve, puis il est enduit sur tout le corps avec une pommade que je prépare au moyen de fleur de soufre, d'huile de palme brute, de restes d'huile provenant de boîtes de sardines et de savon vert. En outre je lui mets une provision dans une boîte de fer-blanc qui a contenu du lait stérilisé. Le malade s'en enduira lui-même deux fois, quand il sera rentré chez lui. Le résultat est excellent. (55)

 

La pathologie cardiaque

 

Avec quels gestes éloquents, une vieille femme, malade du cœur décrit comment la digitale lui a permis de retrouver le souffle et le sommeil. (57) Je suis toujours surpris du grand nombre d'affections cardiaques… je me dis que la digitale est quelque chose de vraiment merveilleux. Je l'administre en doses d'un dixième de milligramme de digitaline Nativelle. Je suis très satisfait des résultats obtenus avec cette méthode. (66)

 

Le tabac

 

Je ne me serais pas attendu à devoir traiter ici des intoxications chroniques dues à la nicotine. Au début je ne savais pas à quelle cause attribuer des cas de constipation grave accompagnée de troubles nerveux et que tous les purgatifs ne faisaient qu'empirer…En quelques semaines j'appris à connaître les maladies causées par la nicotine. Le tabac arrive ici en feuilles. Tous les petits services se paient en feuilles de tabac…ce tabac est beaucoup plus violent que celui dont les blancs font usage….Les indigènes souffrent beaucoup d'insomnie et fument toute la nuit pour s'étourdir. (75)

 

Les insolations :

 

Notre grand ennemi en Afrique, c'est le soleil…Il est démontré que l'insolation est surtout dangereuse pour les personnes infectées de paludisme… Je leur administre par injection hypodermique 300 cc de chlorure de sodium à 7 p.1000 stérilisée. (81)

 

La trypanosomiase

 

Le mal commence par des accès de fièvre irréguliers, tantôt plus forts, tantôt plus faibles pendant plusieurs mois sans que le sujet se sente vraiment malade… Mais on éprouve ordinairement de violents maux de tête pendant la période fébrile. Une insomnie torturante précède souvent la phase du sommeil. (105)

L'Atoxyl seul remède connu jusqu'ici contre la maladie du sommeil, ne déploie que dans le sang des effets à peu près sûrs ; dans le LCR, les trypanosomes sont plus ou moins à l'abri de son action. L'Atoxyl contient 29% d'arsenic.

 

Les ulcères

 

Un quart des enfants de l‘école ont constamment des ulcères. (113)

Certains proviennent de la puce chique des sables,

d'autres sont causés par le pian (qu'il traite par Novarsénobenzol en IV en remplacement du traitement antérieur : 4g. d'iodure de K dissous dans de l'eau et tamponnement des ulcères avec une solution aqueuse de CuSO4),

mais les pires sont les ulcères phagédéniques qui dégagent une puanteur repoussante et provoquent des douleurs atroces. (traitement par curetage jusqu'aux tissus sains, puis KMnO4 puis soins d'ulcères pendant des mois.)

 

Pour le traitement des plaies suppurantes, j'utilise avec grand profit le violet de méthyle (appelé aussi violet de gentiane) pur. C'est au Dr Stilling Professeur d'ophtalmologie à Strasbourg que revient le mérite d'avoir fait des expériences décisives sur le pouvoir désinfectant de cette matière colorante à l'état concentré.

 

La lèpre

 

Le seul médicament dont on dispose est l'huile de Chaulmoogra qui s'extrait des semences d'un arbre des indes. Je mélange ce médicament dont le goût est très désagréable, avec de l'huile de sésame qui le rend plus aisé à supporter. On préconise aussi depuis quelques temps d'administrer l'huile de Chaulmoogra en injections IM. (lire aussi)

Il faudra attendre1941 pour voir apparaître la première sulfone puis les années 1962/63 pour voir apparaître les nouveaux agents Clofazimine et Rifampicine.

 

Le paludisme

 

Un produit à base d'arsénic, l'Arrhénal, utilisé en même temps que la quinine, a la propriété d'en renforcer considérablement les effets. Je l'utilise beaucoup en injections sous cutanées, chez les malades blancs comme chez les noirs. (116)

 

La dysenterie amibienne

 

Depuis quelques années, on se sert du principe actif tiré de l'Ipéca, c'est-à-dire du chlorhydrate d'émétine. Injecté sous la peau plusieurs jours de suite en solution à 1% à la dose de 6 à 8 cc par jour, il produit aussitôt une amélioration et habituellement une guérison durable. Les effets de ce traitement tiennent du miracle (116)

 

L'alcool

 

Presque tout l'argent qui arrive dans le pays par le commerce des bois se transforme en eau de vie. (42) L'importation d'alcool est un sérieux danger social. Les sommes que rapportent annuellement les droits d'entrée sont l'une des plus fortes recettes de la colonie. Si ce revenu était supprimé, le budget se solderait par un déficit. (153)

 

Toutes ces thérapeutiques paraissent aujourd'hui obsolètes voire dangereuses. Pourtant l'iodure de potassium refait son apparition dans les pharmacies jouxtant les centrales nucléaires et l'arsenic sous sa forme tri oxydée revient en force dans le traitement des leucémies aiguës promyélocytaires. Autres temps, autres indications. 

 

Rappelons nous l'histoire de l'eflornithine ce produit hautement efficace dans la trypanosomiase dont la fabrication a failli être définitivement arrêtée en raison d'un manque de rentabilité. Fort heureusement les propriétés dépilatoires de cette molécule ont permis de commercialiser une crème permettant aux américaines de se débarrasser des poils disgracieux de leur visage et de subventionner sans le savoir la thérapeutique de la maladie du sommeil dans le tiers monde. Il en est de même pour l'ivermectine, commercialisée dans nos pays comme scabicide et qui permet de d'amortir la thérapeutique de l'onchocercose. 

 

Et toujours sans grand moyens, des médecins font des prouesses à l'autre bout du monde, au service de populations démunies.

 

Un seul médecin, même avec de très modestes ressources, a une grande valeur pour une quantité de malheureux… La quinine et l'arsénic contre le paludisme, le novarsénobenzol contre les maladies qui provoquent les ulcères, l'émétine contre la dysenterie, les moyens et les connaissances dont le médecin dispose pour opérer d'urgence, voilà qui lui donne le pouvoir de délivrer de la souffrance et de la mort, en une année, des centaines d'êtres humains qui sans lui seraient abandonnés à leur triste sort. (215)

 

On aurait pourtant peine à imaginer que ce personnage attachant n'ait pas eu comme chacun d'entre nous, quelques côtés moins sympathiques et ce, quand bien même ses biographes les eussent habilement gommés. Un excellent film a été réalisé en 1994 par le camerounais Bassek Ba Kobhio: "Le grand blanc de Lambaréné".

 

Le Grand Blanc, est évidemment Albert Schweitzer qui dans les années 50 était un homme adulé. Ce film retrace les 30 dernières années de sa vie mais observées cette fois du côté noir. On y voit fonctionner tout le monde colonial et ses conséquences, incarné ici par cette forte personnalité. On suit Koumba, un jeune camerounais doué, on découvre un Albert Schweitzer par moments colérique, qui ne conçoit pas un seul instant que ce jeune ait l'audace d'imaginer entreprendre des études de médecine puis de rivaliser un jour peut être avec le grand docteur blanc. C'est pourtant Koumba qu'Albert Schweitzer chargera d'organiser ses funérailles. Le film se termine sur cette phrase

Tout ce que nous pouvons, c'est laisser les autres nous deviner comme nous les devinons. (Albert Schweitzer)

Ici aussi, autres temps autres mœurs. Mais qui aurions nous été à cette même époque ?

 

Terminons en méditant cette suggestion d'Albert Schweitzer:

Que chacun s'efforce dans le milieu où il se trouve de témoigner à d'autres une véritable humanité. C'est de cela que dépend l'avenir de ce monde. 
(Ma vie et ma pensée Albin Michel ed. p104)

 

Stéphane De Bona